«Un problème sans solution est un problème mal posé.» Albert Einstein«Ce n'est pas la première fois que je caresse l'idée de créer ici même une série qui puisse intéresser le lecteur. Je ne veux pas parler de ces histoires à l'eau de rose qui occupent les dernières pages de certaines feuilles de choux et qui font rêver les âmes trop naïves ou trop sensibles. Ce que je souhaite, c'est une suite de récits documentaires sur les multiples problèmes. Savez-vous qui m'a donné l'idée d'une série' C'est un écrivain qui a des idées plein la tête et qui a des difficultés à les concrétiser. C'est toujours d'ailleurs le tort des gens qui ont trop d'idées. Il m'avait, un jour, au cours d'une discussion à bâtons rompus, demandé de m'associer à lui pour l'écriture de sketches pour la télévision. Ce genre de sketches que l'on nous sert chaque année à l'occasion du Ramadhan et que l'on avale en même temps que la chorba tiédie. Il voulait intituler sa série: Taxiphone.
Le principe est simple: il lui suffisait de mettre en scène une discussion au téléphone avec un interlocuteur en «off». Cela lui a été inspiré par l'envahissement de l'environnement par le téléphone portable, gadget indispensable pour tout citoyen qui veut vivre dans son temps. Ce principe était intéressant puisque tout le monde commence à régler ou à amorcer le règlement d'un problème au téléphone. On contacte, on négocie, on drague, on vend, on achète...: tout se fait par téléphone. Bientôt cela se fera par Internet. J'ai refusé le principe du téléphone, car j'avais déjà entendu ce genre de sketch à la radio, quand le «transistor» était l'instrument médiatique par excellence. Ce genre de sketch, à moins de disposer d'un humour corrosif ou d'une pleine liberté d'expression, n'accroche plus...Et puis, pour ce genre de numéro, il faudrait un acteur hors du commun qui pourrait, à lui seul, concentrer l'attention d'un téléspectateur pendant vingt minutes au moins et tout cela dans un décor réduit à un cagibi. Bien sûr, j'avais à l'esprit tous les problèmes que pouvait poser une personne qui hurle à pleine voix dans une salle où tout le monde murmure ou chuchote... Et puis, j'avais peur de la censure.
De l'autocensure exactement! Quand on n'a pas le droit de faire dire à un comédien toutes les banalités et toutes les atrocités que l'on entend tous les jours autour de soi, on n'a pas le droit de servir au téléspectateur abruti par une journée de jeûne un plat aseptisé où manqueraient toutes les épices des réflexions et des expressions populaires... Je ne voulais pas un sketch radiophonique... Moi ce que je voulais, et ce que je souhaite toujours, c'est une série digne de ce nom: des scènes où l'on verrait exposées clairement toutes les difficultés et toutes les préoccupations de nos contemporains. Mon Dieu! Ce n'est pas la mer à boire que de mettre sur pellicule les problèmes bassement matérialistes ou les angoisses métaphysiques des ménages du Grand-Alger. Il suffira de présenter dans chaque épisode un problème courant comme ceux que vous avez l'habitude de présenter dans certaines de vos chroniques, quand vous ne parlez pas de politique évidemment. Les conditions de logement, de transport, de soins, d'emploi, d'éducation, constituent une mine inépuisable de scénarios réalistes.
Des problèmes, il y en a, en veux-tu, en voilà! Car comme l'a dit un célèbre président, un pays qui n'a pas de problèmes n'est pas un pays et Dieu merci....».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Selim M'SILI
Source : www.lexpressiondz.com