Les témoignages des moudjahidine et moudjahidate acteurs de la Révolution, se sont succédé hier au Palais de la culture pour évoquer la santé pendant la période de la Révolution mais aussi après l'indépendance.
F.-Zohra B. - Alger (Le Soir) - Le témoignage du professeur Ysmaïl Dahlouk, médecin dans les maquis lors de la Révolution au niveau de la Wilaya IV a tenu en haleine les présents à la conférence organisée par l'EPSP Bouchenafa. Il précisera dans son intervention que la situation était la même dans les autres Wilayas. «Il ne pouvait s'agir que d'une santé de guerre pour prendre en charge les malades et surtout les blessés. L'organisation n'a été fonctionnelle qu'en 1956. Auparavant, la santé était prise en charge au niveau des villes où étaient acheminés les blessés et traités clandestinement», témoigne le professeur Dahlouk. Il dira aussi que l'année 1956 a constitué une date charnière dans la vie de la Révolution. Il y a eu notamment, selon l'intervenant, l'intensification des actions pour liquider l'ALN et la grève des étudiants du 19 mai 1956 et par conséquent, un afflux massif des jeunes étudiants vers le maquis. «Le congrès de la Soummam a permis de restructurer la Révolution et de la redynamiser. C'est ainsi que le service de santé est né dans le maquis et des bases ont été créées au niveau des frontières en Tunisie et au Maroc. Nous avions ainsi créé une soupape de sécurité pour les blessés venus de l'intérieur», témoignera le professeur Dahlouk. «Pour ce qui est de l'exercice des services de santé, et en tant qu'acteur, je témoigne de cette activité, mais je me réserve pour la Wilaya IV où j'étais un acteur. Et c'est mon expérience personnelle que je relate», a-t-il ajouté. La zone 2 de la Wilaya IV où activait l'ancien moudjahid était stratégique et vaste. Elle couvrait l'équivalent de quatre départements actuels dont notamment Tipasa, Blida et Médéa. «J'étais monté au maquis pour soigner et pas pour organiser. Nous disposions d'infrastructures rudimentaires. Il s'agissait de bâtisses en terre battue au niveau des dechras et on évitait le centre du hameau. Nous nous installions en retrait, près d'une forêt pour être loin de la population et être prêts à réagir en cas d'attaque. Nous avions fonctionné avec une ou deux infirmeries. L'intendance s'occupait des médicaments mais de façon irrégulière. Et ce n'était pas des services spécialisés qui s'en occupaient. Il nous arrivait de laver les compresses et de les mettre à sécher. J'avais ma boîte d'instruments que je gardais dans la poche de mon pantalon pour ne pas la perdre», relate le professeur qui, à l'époque était tout juste étudiant en cinquième année de médecine. Il dira aussi que le reste du personnel présent au maquis «n'était pas qualifié mais dévoué». «J'avais souvent les blessures les plus difficiles, celles de l'abdomen, et aucun hôpital de pointe ne pouvait sauver les victimes de ces blessures par balle. Il fallait aussi traiter la population civile, pour ce faire, on a créé une équipe volante qui sillonnait les régions. Ces activités ont duré jusqu'au premier trimestre 1957, après, le climat s'est détérioré avec les ratissages et le déplacement des populations et avec ça, la région se situait derrière l'Atlas blidéen c'était un volcan, à proximité d'Alger et des villesgarnison de Blida et Boufarik», relatera le professeur Dahlouk. S'ensuivront le témoignage des moudjahidine et moudjahiddate qui ont évoqué la vie dans les maquis et surtout la constitution des services de santé et les interventions en situation de guerre avec des moyens rudimentaires. La rencontre a été organisée dans le cadre des festivités commémorant le Cinquantième anniversaire de l'indépendance.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F Z B
Source : www.lesoirdalgerie.com