Alger

Prise en charge des personnes atteintes de cancer: Des professionnels demandent plus aux services de la CNAS



L'Algérie a investi de grandes ressources financières dans sa lutte contre le cancer. C'est d'ailleurs ce qu'a affirmé le ministre de la Santé Abdelhak Saihi à la présidente de l'Union internationale contre le cancer (UICC), Zainab Shinkafi-Bagudu, avec laquelle il a examiné, avant-hier, les moyens de renforcer la coopération en matière de prévention, de recherche et de formation médicale dans le domaine de lutte contre le cancer. M.Saihi a précisé que »près de la moitié du budget alloué aux médicaments est consacrée actuellement aux anticancéreux, dont les prix restent élevés, d'où la nécessité de renforcer la coopération avec les organisations internationales pour assurer des traitements à des prix abordables, tout en s'employant à appuyer les capacités locales de fabrication de ces médicaments», a-t-il soutenu.

Certes, la mobilisation des ressources pour la prise en charge des personnes atteintes de cancer ou pour prévenir contre tous types de cancers est primordial, mais la mise en œuvre des mesures de lutte contre cette maladie qui connaît depuis des années, que ce soit en Algérie ou ailleurs, une tendance haussière en matière de nouveaux cas, a besoin d'une stratégie globale impliquant toutes les parties prenantes. Des professionnels de la santé, des experts et différents départements ministériels ont participé durant deux jours aux travaux des Assises nationales de prévention et de lutte contre le cancer, tenues au CIC à Alger. Un événement organisé par la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, sous le haut patronage du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune.

Le but étant d'élaborer une stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer pour 2025-2035, en se basant sur les recommandations issues des sept ateliers tenus à cet égard, lesquelles seront soumises au président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune.

Le président de la Commission nationale de la prévention et de lutte contre le cancer (CNPLCC), Pr Adda Bounedjar, dans une déclaration faite à l'APS, a indiqué que «la pierre angulaire de la stratégie nationale élaborée sera le facteur de prévention, qui est à même de réduire de 50% le nombre des cas».

Le Pr Sid Ahmed Ould Arbi, chef de service urologie du CHU de Bilda, a donné quelques détails sur les recommandations du nouveau » plan national de lutte contre le cancer», lors de son passage hier dans l'émission l'invité du jour, à la Radio Chaine 3. Parmi les recommandations phares en matière de prévention, le Pr a avancé l'idée d'améliorer la coordination entre l'ensemble des intervenants dans le cadre de la lutte contre le cancer. Il est question également d'assurer une prise en charge de dépistage par les services de la sécurité sociale, à savoir, dit-il, les vaccins, les explorations telles que l'IRM, les biopsies écho-guidés ou scanno-guidées.

En matière de prise en charge, les professionnels recommandent, selon le Pr Ould Arbi, d'assurer la disponibilité des médicaments qu'ils soient des traitements chirurgicaux ou de radiothérapie.

«Nous avons encore un déficit en matière d'accélérateurs»

L'invité de la Chaine 3 a précisé qu'en dépit de gros efforts consentis jusque-là «nous avons quelques insuffisances» en citant le problème de radiothérapie et des accélérateurs. Et de rappeler «nous avons eu la promesse du ministre de la Santé d'aller vers l'acquisition de 90 accélérateurs, nous sommes aujourd'hui à 45 accélérateurs». Et de poursuivre que les pouvoirs publics ont mis les moyens pour être dans les normes internationales et d'essayer en même temps d'acquérir des médicaments innovants tels que les antiangiogéniques et les thérapies ciblées.

Le Pr est revenu sur les déclarations importantes faites par le directeur général de la sécurité sociale lors des assises, notamment par rapport à la prise en charge des services de la CNAS des enfants atteints du cancer, en matière de radiothérapie notamment dans le secteur privé (avec une couverture de la sécurité sociale). Et ce, dit-il, suite aux instructions du président de la République. Il a précisé qu'effectivement» il y a des mécanismes et décisions qui ont été déjà prises et d'autres font l'objet de débat et discussions». D'ailleurs, dit-il, «nous avons émis le souhait que ces prestations médicales soient généralisées et couvertes par la CNAS pour l'ensemble des catégories d'âge. L'invité de la Chaine 3 a mis l'accent sur la nécessité de faire des diagnostics précoces et précis pour prévoir le traitement adéquat. En ce qui concerne la disponibilité des médicaments, le Pr a affirmé qu'un atelier a été prévu lors de ces assises pour justement mettre l'accent sur la nécessité de coordonner avec différents services pour parer à des moments de tension ou de rupture pour tel ou tel médicament. Il a également affirmé que pour les médicaments innovants «il y aurait parfois certaines ruptures, mais toujours est-il qu'ils existent en Algérie, ce qui nous permet de suivre nos malades avec ce type de traitement». En matière de chiffres, le Pr a affirmé que nous sommes «à près de 64.000 cas par an, tous cancers confondus» en citant les facteurs de risques essentiels, tels que le tabagisme, la malbouffe, l'obésité et la sédentarité.


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