Le Pr Mahmoud Ould Taleb, médecin chef du service de pédopsychiatrie, dit service «C», de l'hôpital Drid-Hocine d'Alger, service inauguré hier par le ministre de la Santé de la Population et de la Réforme hospitalière, M. Djamel Ould Abbès, insiste sur la prévention.
Il a donné deux exemples de maladies génétiques lesquelles si elles sont dépistées systématiquement à la naissance, cela pourrait éviter le retard mental à des dizaines de milliers d'enfants. En l'occurrence, la «phénylcétonurie», maladie d'une incidence de 1 sur 5 000 en Algérie, et l'«hypothyroïdie congénitale primitive», complication qui majore le retard mental, elle est d'une incidence de 1 sur 4 000. Le Pr Ould Taleb précise que le dépistage de ces deux maladies est peu coûteux et ne nécessite pas une grande technicité. «Nous aspirons à ce qu'une circulaire ou une instruction rende obligatoires dans les maternités, ces deux examens de dépistage de la phénylcétonurie et l'hypothyroïdie congénitale primitive», souligne- t-il. Le service «C», que dirige Pr Ould Taleb, qui prend en charge les affections mentales de l'enfant et de l'adolescent, assure en particulier le dépistage des enfants autistes dès l'âge de trois ans. La consultation spécialisée sur l'autisme représente 40% de l'activité du service qui applique le programme «Schopler» en référence à l'Américain Eric Schopler , et ce, jusqu'à l'âge de 6 ans. Le Pr Ould Taleb recommande en ce sens de généraliser ce programme «simple et efficient» qui consiste, selon ses mots, à stimuler l'enfant. «Si l'autisme est dépisté chez l'enfant à moins de deux ans et lui faisons subir ce programme pendant trois ans, il pourra rejoindre l'école à 6 ans, le plus normalement du monde», clame-t-il. Par ailleurs, le Pr Ould Taleb a demandé au ministre de la Santé de «compléter l'équipement du service notamment par l'attribution d'une batterie de cuisine et un équipement mobilier de restauration pour assurer un repas spécifique aux enfants autistes qui présentent des troubles de conduite alimentaire fréquents».Il existe 80 000 enfants autistes en Algérie. Le service «C» de l'hôpital Drid- Hocine a réalisé 11 000 consultations spécialisées en 2011 dont 40% sur l'autisme sous toutes ses formes, 20% sur les toxicomanies et 20% sur le retard mental. Les capacités de ce service (50 lits) ne suffisent pas pour satisfaire la demande sans cesse grandissante. «Nous tournons à 200% de nos capacités», conclut le médecin chef de service.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L H
Source : www.lesoirdalgerie.com