Avant même son annonce officielle, la candidature de Ali Benflis à la prochaine élection présidentielle trouve un grand écho aux quatre coins du pays. Dans plusieurs wilayas, des comités de soutien se constituent et s'annoncent progressivement avant de passer à la phase opérationnelle, à savoir l'entame d'une vraie campagne électorale sur le terrain.Kamel Amarni - Alger (Le Soir)
Le dernier comité en date se déclare à partir de Blida. Via un communiqué rendu public hier dimanche, pas moins de 5 000 signataires disent avoir fixé leur choix quant à la présidentielle d'avril 2014 : «La conjoncture nous impose à tous de faire le meilleur choix pour conduire l'Etat algérien vers une rive de sauvetage, à travers des élections présidentielles honnêtes, qui consacreront la souveraineté populaire et la voie tracée par les martyrs et qui seront de nature à lui ouvrir les portes de l'espoir et endiguer définitivement le désespoir qui ronge la nation. Pour cela, nous le disons à haute voix en invitant Maître Ali Benflis à être notre cavalier lors des prochaines présidentielles.»
Les signataires en question se recrutent de divers horizons. Ils se définissent eux-mêmes comme étant composés de «membres de la famille révolutionnaire, des moudjahidine, d'enfants de chouhada, de parlementaires, d'élus, de cadres, de médecins, des travailleurs de la santé, de paysans, de travailleurs, d'hommes d'affaires, de commerçants, d'artisans, de membres d'associations et de la société civile, etc.».
Un appel similaire est également parvenu, hier, de Biskra. «D'autres comités de soutien sont déjà à pied d'œuvre à Bouira, Jijel, Setif, El-Tarf, Mostaganem, Sidi-Bel-Abbès, Médéa, Aïn Defla, Souk Ahras, et Khenchela.
On nous annonce également d'imminentes constitutions de comités de soutien à Tizi Ouzou, Béjaïa, Constantine, Mila, El Oued, Ouargla, Djelfa et Laghouat. D'autres wilayas suivront encore dans les quelques jours à venir», nous confie une source proche du dossier.
La communauté algérienne à l'étranger s'est également impliquée lourdement avec des comités de soutien constitués déjà en Amérique du Nord, en France, en Allemagne, ou encore d'autres en voie de l'être en Suisse, en Suède, aux Emirats, au Qatar, etc.
L'ancien chef du gouvernement, Ali Benflis, est sans doute le candidat hors système qui bénéficie encore d'une grande popularité et qui dispose d'un réseau politique et social tel, qu'il est celui que redoute le plus le cercle présidentiel. Sa proximité d'avec la base du FLN notamment n'a jamais été interrompue durant les dix années bientèt depuis, qu'alors secrétaire général du FLN, sa candidature à la présidentielle de 2004 avait obligé Abdelaziz Bouteflika à recourir aux «gros moyens» pour l'empêcher de lui succéder au palais d'El-Mouradia.
Il aura fallu en effet mobiliser le gouvernement en entier, l'administration, la justice, et même un «clonage» en règle du FLN pour barrer la route à Benflis. Depuis, Benflis a certes quitté le devant de la scène, mais pas le terrain politique.
Durant ces dix années de traversée du désert, l'homme aura toutefois visité presque toutes les wilayas et n'a jamais cessé de recevoir, chez lui à Alger, d'innombrables cadres politiques, fonctionnaires, chefs de partis, des responsables en exercice, de simples militants, etc. Au point où ses partisans se recrutent aujourd'hui y compris parmi les membres du Comité central du FLN pourtant entièrement confectionné par son ennemi juré, Abdelaziz Belkhadem.
Parmi tous les concurrents potentiels de Abdelaziz Bouteflika pour le prochain scrutin, c'est, incontestablement, sa seule candidature qui retient l'attention de tous les observateurs. Quid alors de sa candidature ' «Eh bien, elle est officielle !» tranche sans détour un très proche de l'ancien SG du FLN.
«Ali Benflis annoncera officiellement sa candidature en décembre, c'est-à -dire dans quelques jours. Cela se fera de manière solennelle, devant la presse. Benflis a choisi d'annoncer sa candidature devant la presse, exclusivement. Il tient à le faire par respect à la liberté de la presse et d'expression, ce qui est en soi un message politique fort.C'est d'ailleurs par une visite à la Maison de la Presse Tahar Djaout à Alger qu'il avait entamé sa campagne électorale en 2004», nous confie encore notre interlocuteur.
«Pour le reste, tout est fin prêt : le programme, le staff de campagne, la logistique, etc.», conclut notre source.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K A
Source : www.lesoirdalgerie.com