La campagne électorale pour le second tour des présidentielles françaisesa pris fin hier à minuit. Jeudi soir, les deux candidats ont choisi deux villessymboles pour animer leur dernier meeting. Nicolas Sarkozy s'est rendu àMontpellier, dans le sud du pays, une ville où vit une forte communautépied-noire, traditionnellement proche de la droite dure. C'est dans cette villeque le maire socialiste George Frech - exclu récemment de son parti pour avoirfait des déclarations racistes sur les joueurs noirs de l'équipe de France defootball - a provoqué une vive polémique, en février 2006, après avoir renduhommage à un ancien responsable de l'OAS, en déposant une gerbe de fleurs surune stèle commémorant sa mort. Dans ce contexte, Nicolas Sarkozyqui, tout long de la campagne, a exclu toute repentance de son pays sur lescrimes commis durant la période coloniale en Algérie, était en terrain conquis.Devant 15.000 personnes, essentiellement des membres de la communautépied-noire, le candidat de l'UMP, très applaudi, a prononcé un discours axé surl'identité de la France et le refus de la repentance. Sans citer l'Algérie, ila fait allusion au différend qui oppose les deux pays au sujet de l'Histoire endéclarant notamment que la France n'avait jamais demandé à l'Allemagne de serepentir avant la signature du traité d'amitié entre les deux pays, en 1963.Sans doute une façon diplomatique de répondre indirectement aux propos duPremier ministre algérien Abdelaziz Belkhadem qui venait de l'accuser dans lescolonnes du Monde de vouloir «réhabiliter l'OAS» (voir article de S. Raouf). Les symboles étaient également aurendez-vous au dernier meeting de Ségolène Royal. La candidate socialiste achoisi de se rendre à Lille dans le nord de la France. Cette région pauvre, àforte concentration de populations d'origine immigrée, a été longtemps lesymbole de la France ouvrière. Ancienne ville minière, Lille est aujourd'huitrès touchée par la chômage et l'exclusion. Entourée de principaux leaderssocialistes, en présence d'un public métissé et jeune, Ségolène Royal a tentéde motiver les troupes socialistes en proie au doute. En effet, au lendemain dudébat télévisé qui a opposé mercredi soir les deux candidats, le doute s'estinstallé dans le camp socialiste. Contre toute attente, malgré uneprestation jugée bonne par la presse et de nombreux observateurs, Ségolène n'apas convaincu les Français. Même l'annonce jeudi après-midi par François Bayrouqu'il ne votera pas pour le candidat de l'UMP n'a pas modifié la donne. Bien aucontraire: hier, tous les sondages donnaient Nicolas Sarkozy largement en tête,devançant sa rivale d'au moins six points. Un écart qui semble désormaisimpossible à réduire même si Ségolène Royal, dans un ultime message d'espoir, aappelé les Français à «démentir les sondages» dimanche prochain.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Rabah Yanis
Source : www.lequotidien-oran.com