«Le secret d'un bon discours, c'est d'avoir une bonne introduction et une bonne conclusion. Ensuite, il faut s'arranger pour que ces deux parties ne soient pas très éloignées l'une de l'autre.» George Burns
Le travail s'annonce immense, colossal! Qui aura le courage de le commencer' Je dis bien «commencer», car je pense qu'il faut bien plus qu'une vie d'homme qui n'a pas accès aux archives où tout ne sent pas bon pour venir au bout de ces travaux de plusieurs Hercules associés.
Cependant, je demeure perplexe: cette semaine, le pays entier est censé célébrer le cinquantième anniversaire de son accès à l'indépendance, avec des moyens réduits si l'on en croit les timides déclarations reprises ici et là. Cette soudaine économie de moyens contraste outrageusement avec la prodigalité déployée lors des onéreuses manifestations comme «L'année de l'Algérie en France», «Alger, capitale de la culture arabe» ou «Tlemcen, capitale de la culture islamique»... Le patriotisme de certains s'en est trouvé écorché.
Cependant, on peut expliquer la prodigalité comme on peut expliquer la retenue: les arguments sont nombreux et tous sont valables: la conjoncture économique comme la lassitude de ceux qui ne pavoisent pas devant les maigres et tristes bilans d'un demi-siècle de gestions...
Cependant, je trouve que certains se trompent d'anniversaire: je m'explique. En parcourant la presse nationale, j'ai été surpris de lire çà et là des souvenirs de combats contre les forces coloniales ou les trépidantes aventures de ceux qui ont vécu une bonne partie de leur vie dans une inconfortable clandestinité ou dans les geôles de l'occupant. Ces bonnes âmes se trompent, à mon humble avis, d'anniversaire. Je ne conteste pas, en labsence d'une riche littérature sur l'histoire confuse de la lutte de libération, pauvreté due d'un côté à la disparition prématurée des ténors de cette guerre, de la timidité de ceux qui ont survécu, de la frilosité de ceux qui ont peur des censures comme des critiques ou de la pudeur de ceux qui ont eu à se reprocher pas mal de choses..., de leur droit à apporter une contribution à une saga qui n'en finit pas d'être contée à des générations qui n'ont pas connu les années de braise. Et ne parlons pas de la non-disponibilité d'archives fiables. Mais je trouve que ce n'est pas le moment de parler de ces choses qui sont intéressantes, bien sûr, mais qui n'ont guère d'impact sur notre façon de vivre actuellement bien qu'elles aient une indiscutable influence sur tous les évènements qui ont eu lieu une fois que les armes coloniales se sont tues. Les récits de guerre concernent avant tout la célébration du 1er Novembre. A mon très humble avis, tous les écrits, toutes les conférences, toutes les émissions radio ou télé, tous les reportages, tous les articles, toutes les contributions faites de commentaires, de souvenirs, doivent prendre comme point de départ ce fameux 19 mars à 12h00 tapantes, moment où les armes étaient censées être rengainées.
Bien sûr, les narrateurs ou les chercheurs auront à parler de l'état d'esprit des acteurs, des figurants comme des spectateurs à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières, du fourbissement des armes neuves en attendant le jour J où les lions seront lâchés. Belaïd Abdeselam sest confié à ce sujet sur les préparatifs à la prise de pouvoir au lendemain du verdict des urnes.
D'autres acteurs se sont exprimés dans des blogs sur les activités des membres de l'Exécutif provisoire et des liaisons souterraines entre cette institution officielle et certains cercles du Gpra comme avec des représentants de la sinistre OAS. Cette période comprise entre la signature des Accords d'Evian et la proclamation de l'Indépendance, période très riche en évènements, doit être le préambule de tout ce qui se dira sur l'aventure d'une indépendance.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Selim M'SILI
Source : www.lexpressiondz.com