La publication, par l'Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), d'un communiqué relatant les discussions lors d'une rencontre avec deux diplomates américains, a mis dans la gêne l'ambassade des USA à Alger.
Les diplomates américains regrettent-ils d'avoir été trop causants en rencontrant le porte-parole de l'Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), Djilali Hadjadj ' Ce dernier a-t-il outrepassé la règle du « off », c'est-à-dire, d'une discussion non destination à publication ou en tout en cas non attribuable aux diplomates ' Telles sont les questions qui se posent à la lecture d'un communiqué aussi laconique qu'embarrassé de l'ambassade des Etats-Unis. Le texte de l'ambassade ne dément pas les propos de Djilali Hadjadj mais adresse une sorte d'admonestation aux journaux qui ont repris ses propos. « En réponse aux articles publiés le 12 Mai relatifs à une rencontre entre des responsables de l'ambassade et M. Hadjadj de l'Association de Lutte Contre la Corruption, nous incitons les rédacteurs en chef à vérifier les faits avant la publication du contenu fourni de manière unilatérale ». Le tout assorti d'une sorte de rappel aux règles professionnelles que les journalistes auraient bafouées en évitant de les confirmer auprès de l'ambassade américaine. « La vérification des faits est une caractéristique du journalisme professionnel et l'ambassade Américaine est plus que disposée à répondre à ce genre de demandes » lit-on dans la seconde et dernière phrase du communiqué. La « leçon » aurait été plus sérieuse si l'ambassade s'était expliquée sur ce qui aurait été faux ou erroné dans le « contenu fourni de manière unilatérale » par Djilali Hadjadj. Pour rappel, il a été question dans ce compte-rendu d'éventuelles poursuites contre Chakib Khelil, qui est également citoyen américain, dans le cas où les accusations de corruption sont confirmées. De telles poursuites sont en théorie envisageable au regard de la loi américaine de lutte contre la corruption de 1977 enrichie et amendée notamment par la «Foreign Corrupt Practice Act» (FCPA). Selon Djilali Hadjadj, les diplomates américains rencontrés le 17 avril ont assuré que la loi américaine de lutte contre la corruption sera appliquée de "manière ferme" dans le cas où les soupçons de corruption qui pèse sur l'ancien ministre de l'Energie et des mines, Chakib Khelil étaient confirmés.
Djilali Hadjadj persiste et signe
Contacté au téléphone, M. Djilali Hadjadj confirme le contenu du compte-rendu de la rencontre qu'il a eu avec "deux diplomates" de l'ambassade des Etats-Unis d'Amérique à Alger. Il s'agit de Mmes. Sahar Khoury Kincannon et Linda Wilde, respectivement Chef de la section Politique et Economique et Deuxième secrétaire à l'ambassade des Etats Unis d'Amérique. Le porte-parole de l'AACC, M. Hadjadj, affirme avoir prévenu ses interlocutrices "à trois ou quatre reprises", durant la rencontre qui a duré une heure, "qu'un compte-rendu allait être rendu public". Selon lui, elles "n'ont exprimé aucune objection". Autre précision de M. Hadjadj, l'ambassade des Etats-Unis a également été destinataire du document envoyé à la presse. "Au même titre que les journalistes, j'ai envoyé, samedi, le document à l'ambassade. J'ai reçu dimanche un accusé de réception, sans aucun autre commentaire ni mise au point concernant son contenu". Pour M. Hadjadj, les diplomates de l'ambassade des Etats-Unis à Alger "ne remettent pas en cause le contenu du rapport".
Polémique mise à part, l'ambassade US à Alger ne pourra pas faire l'économie de répondre à la question principale posée par le représentant de l'AACC lors de sa rencontre avec les deux diplomates. A savoir si, au regard des disposition de la loi "Foreign Corrupt Practice Act", de lutte contre la corruption, la justice américaine va s'autosaisir pour enquêter sur l'origine des biens que possède Chakib Khelil, ancien ministre algérien de l'Energie et citoyen américain, aux Etats-Unis.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkader Zahar
Source : www.maghrebemergent.info