Les immeubles s'effondrent l'un après l'autre et les bâtisses qui arrivent encore à tenir debout menacent toujours ruine. Complètement à l'abandon, la Casbah d'Alger se meurt et s'effrite un peu plus chaque jour. Désespérés, les membres de la Fondation Casbah, lancent un énième appel à l'Etat, l'incitant à prendre concrètement en charge le programme de restauration de la médina d'Alger.Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - Affichant sa consternation, le président de l'association, Ali Mebtouche, a pointé d'un doigt accusateur les autorités publiques. Il maintient que la décadence de la vieille citadelle est «voulue».
S'exprimant, hier dimanche, au cours d'une conférence de presse organisée au siège de la même association, Ali Mebtouche n'hésite pas à employer le qualificatif «d'incompétents» en parlant d'une poignée de personnes qui prennent en charge les dossiers du patrimoine, dont celui de La Casbah. Lui, ainsi que les membres de la Fondation veulent savoir : «Pourquoi laisse-t-on mourir cette cité antique '».
Le président de la Fondation se demande dans la foulée, «où sont passés les enveloppes financières qui ont été destinées à restaurer la cité de La Casbah '». Affirmatif, il certifie que depuis le lancement du programme portant sur l'embellissement de la médina, «aucune maison n'a été restaurée à ce jour».
Evoquant une situation «trèsgrave », Ali Mebtouche rappelle que «90 % des bâtisses qui constituent La Casbah risquent de s'effondrer du jour au lendemain».
Notons que la Fondation a déjà recensé 330 bâtisses menaçant de tomber à tout moment. Ce dernier estime qu'à ce stade, il paraît évident «que les autorités sabotent tout projet qui pourrait aboutir à faire renaître cette cité».
À moins que, dit-il, cette Casbah dérange «par sa composition et densité humaine, ou bien pour avoir été le c?ur de la Bataille d'Alger».
Ali Mebtouche s'en remet aux autorités et les appelle à faire preuve d'une «réelle volonté politique». Dans le cas contraire, il souligne que le sort de 50 000 habitants de ces lieux reste tributaire de la volonté et de l'implication de tout un chacun. «Toute personne ayant participé à la destruction de ce pan de notre histoire devra prendre ses responsabilités», a-t-il soutenu. En tant qu'association, «la Fondation Casbah n'est malheureusement pas une force décisionnelle», a-t-il regretté. Il a par ailleurs indiqué que, «la question relevant de la protection du patrimoine est incluse dans la loi n°98.04 du 15 juin 1998 parue au JO n°44 du 17 juin 1998». Celle-ci édicte, pour rappel, les règles générales de la protection, la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine culturel de la nation.
Pour la Fondation Casbah, l'heure est grave. D'autres bâtisses se sont effondrées en ce mois de juin, laissant sans abri les résidants des lieux.
M. Z.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Massiva Zehraoui
Source : www.lesoirdalgerie.com