Réuni aujourd'hui au Caire, le Conseil des ministres arabes des Affaires étrangères a finalement décidé de la suspension du statut de membre de la Syrie dans la Ligue arabe, au lieu du gel ' ultime étape d'un processus cousu de fil blanc - tel que souhaité au départ par la majorité des membres.
Trois capitales s'y sont opposées, dont Alger. Le Conseil appelle aussi au retrait des ambassadeurs comme première mesure de sanction contre la Syrie. Par cette mesure coercitive et inédite, la Ligue arabe, sur injonction du Conseil de coopération du Golfe parrainée par le Qatar, voudrait sanctionner Damas pour sa «non-coopération», dans l'initiative que la ligue avait proposée pour mettre fin au conflit, lequel suggérait le retrait sans condition des troupes militaires loyales au régime de Damas pour affronter la rébellion qui continue à se propager dans plusieurs villes du pays. Les observateurs craignent une réédition du scénario libyen, dans le sens où ce rejet syrien ouvrirait ainsi la voie à un durcissement qui risque de mener à l'isolement total de Damas, et justifierait, à court ou à moyen terme, une prise en main de l'affaire par le Conseil de sécurité des Nations unies, et automatiquement, à une décision musclée des grandes puissances qui guettent la moindre faille pour mettre en branle leur machine de guerre. Alger, seule sur le front du refus En refusant de voter en faveur de cette décision excluant la Syrie de la Ligue arabe en tant qu'Etat membre, l'Algérie rejette ainsi le diktat du CCG et de l'Occident. Cette attitude démontre une fois de plus qu'à la Ligue arabe, hormis l'Algérie, il ne reste plus de pays capables de s'opposer à des lois dictées ailleurs, contraires aux intérêts des pays arabes et contraires même à la Charte de la Ligue arabe. Aux côtés de l'Algérie, seuls trois pays ont voté non ou se sont abstenus : le Liban, pour des raisons historiques et politiques très évidentes, liées à l'influence de la Syrie dans ce pays et à son rôle salvateur dans la guerre civile qui a dévasté le pays du cèdre durant quinze ans. Il y a aussi le Yémen : pays qui se trouve dans la même situation que la Syrie, prochain sur la liste de la Ligue arabe et des bombardiers de l'Otan, Sanaa étant conscient que l'opération «renversement des régimes antioccidentaux» n'épargnera pas le Yémen et que la couverture de l'Arabie Saoudite est momentanée. Et enfin le Soudan : ce pays qui a vu son territoire coupé en deux est la première victime réelle de la nouvelle configuration de la carte géopolitique du monde arabe. En affichant son hostilité, Khartoum n'a, en fait, plus rien à craindre. L'Algérie fait cavalier seule face aux autres pays arabes : le CCG et les monarchies alaouites et hachémites inféodées à l'Occident, l'Irak occupé, la Tunisie et l'Egypte en phase de «convalescence» et économiquement exsangues, la Libye désintégrée, la Syrie et le Yémen instables, la Corne de l'Afrique affamée et livrée au banditisme de haute mer. Forte d'une expérience de vingt années de terrorisme qu'elle a combattu seule, l'Algérie avance avec une assurance qui surprend plus d'un. Ses relations stratégiques avec la Russie et la Chine, et son rapprochement avec l'Afrique du Sud, les pays de l'Amérique latine et de l'Iran qui forment ainsi une sorte de nouveau «front de refus». Elle a l'avantage d'être le fer de lance dans la lutte contre le terrorisme dans le monde et surtout, elle a les moyens de nuire à l'Europe si jamais elle est attaquée (moyens militaires, forte communauté algérienne en France notamment, qui est restée fidèle au pays d'origine, comme le montrent les émeutes récurrentes dans les banlieues des grandes villes françaises, de véritables zones interdites pour les forces de sécurité françaises, etc.) dans une interview parue récemment dans le magazine Afrique-Asie, Roland Dumas analyse le cas de l'Algérie, en expliquant que le contentieux entre la France et l'Algérie fait que notre pays ne peut être sur la liste des «pays à casser» : «Quand vous imaginez que les Français n'ont pas encore souscrit à la proposition de négociations avec l'Algérie sur un contrat d'amitié, dit-il, parce que trop de blessures sont encore saignantes' Tout est à craindre pour l'Algérie, mais ce sera pour M. Sarkozy un autre 'morceau' Comprendre dur à cuir'.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Larbi Balta
Source : www.lnr-dz.com