
Au fond d'une zone industrielle à l'agonie, Mao, alias Rabah Ameur Zaïmèche, un patron musulman, possède une entreprise de réparation de palettes et un garage de poids-lourds. Il décide d'ouvrir une mosquée et désigne sans aucune concertation l'imam...Bien que l'idée de la mosquée soit bonne, les mécanos n'apprécient pas trop le fait de ne pas avoir été consultés sur le choix de l'imam. Tout tourne autour de la spiritualité et de la prière. Dans ce film traversé de bruits d'avion (l'aéroport se trouvant à côté), les hommes ont l'apparence de misérables ouvriers et le patron celle d'un commerçant véreux qui tente de manipuler et endormir ses hommes par la religion. Mais l'apparence est souvent trompeuse. C'est le cas, semble a-t-il, dans ce film. La présence de la religion installée dans un milieu populaire accentue le sentiment d'étouffement. Ce microcosme social est révélateur de la forte présence musulmane en France et le fait que celle-ci doit faire avec. «Le cinéma est fait pour interroger», dira le réalisateur lors du débat qui a suivi la projection de son film, Le dernier maquis, mercredi dernier à l'Institut français d'Alger où il était invité à présenter son avant-dernier film. Expliquant le choix de son titre, le réalisateur de Bled Number one fera remarquer que c'est «là où se passe le combat de la spiritualité». Evocation historique pertinente par une journaliste dans la salle, la métaphore du film serait liée à la succession de Mohamed (Qsssl), considéré par les musulmans comme le dernier des prophètes. Or, pour les chiites, le successeur immédiat de Mohamed (Qsssl) est son cousin et gendre Ali.
Pour les chiites, la nomination de Ali comme imam eut lieu dès le début de la prophétie et fut maintes fois confirmée. Aussi, dans Le dernier maquis, il s'opérera une réelle cassure et scission au sein de ces musulmans dont une partie choisira d'aller prier en dehors de la mosquée, à ciel ouvert.
Le film, qui dénonce l'extrémisme religieux et prône la tolérance, ne perd pas le nord en mettant en scène un idiot converti qui décide de se circoncire lui-même sans consulter au préalable ni imam ni médecin, car si cet acte est considéré, dit- on, comme sain il ne serait pas une obligation religieuse dictée par le Coran mais une incitation d'ordre médical au bienfait hygiénique. «Pourquoi faut -il être savant pour aimer et être en adoration de Dieu'» s'est demandé le réalisateur qui révélera à travers son film «un problème revendiquant un Islam moderne et plus vaste en France». Et de déclarer tout de go: «Je suis pour un Islam plus démocratique en France.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com