Pour un sport algérien gravement malade, un docteur à la réputation bien établie a été nommé. Succédant début septembre à El-Hachemi Djiar, le professeur en cardiologie Mohamed Tahmi a ainsi été désigné à la tête d'un ministère de la jeunesse et des sports en pleine déliquescence.
Sitôt installé, ce professeur agrégé en sciences médicales, né le 5 octobre 1959 qui a été président du comité pédagogique de cardiologie au CHU de Tizi Ouzou, chef de service de cardiologie au CHU de Tizi Ouzou, chef d'unité de cardiologie nucléaire au CHU de Bab El-Oued (Alger) et membre connu de l'assemblée générale pas vraiment ordinaire du Mouloudia d'Alger, s'est retrouvé au beau milieu de l'arène. Décidé à prendre le taureau par les cornes et agir promptement et efficacement pour rompre avec l'attitude permissive et trop passive de son prédécesseur Djiar, Mohamed Tahmi s'est, toutefois, rapidement trouvé mêlé à un conflit MJS-FAHB qui risquait de dégénérer en une sanction punitive contre l'Algérie. Remis gentiment à sa place de membre de l'Exécutif algérien par Hassan Mustapha, le président égyptien de la FIHB qui lui a rappelé qu'il était condamné à ne pas s'immiscer dans les affaires internes des fédérations sous peine de voir les instances internationales mettre sous scellés leurs activités hors de nos frontières, Mohamed Tahmi s'attaquera aussitôt au compliqué et si épineux dossier de la professionnalisation du football algérien en annonçant, tout de go, de nouvelles mesures sous l'office d'une toute aussi nouvelle loi. Sans pour autant dessiner clairement les contours de cette nouvelle législation, ni dans le fond ni dans la forme, Mohamed Tahmi s'est laissé aller à annoncer une 'décantation à hauteur de pas moins de 50 % du nombre de clubs professionnels" par-ci, une 'prise en charge étatique de la construction de bases d'entraînement qui seront ensuite cédées aux clubs sous forme de concession longue durée" par-là, ouvrant même la porte à 'des investisseurs étrangers pour racheter les SSPA" sans, toutefois, expliquer le pourquoi du comment, ni communiquer le moindre mode d'emploi, quand bien même abécédaire.
A son surprenant et inexplicable malaise à évoquer, sans langue de bois, l'initiateur originel de l'idée de reprise par la Sonatrach et ses filiales (Naftal, Tassili Airlines et Enafor) de quatre clubs de l'élite (MCA, MCO, CSC et JSS), le docteur Tahmi y a, par ailleurs, ajouté une mal-gérance flagrante du dossier du Comité olympique algérien dans les coulisses duquel l'autre docteur, Rachid Hanifi et ses opposant s'entre-déchirent à belles dents. Autre source de maux de tête pour le tout nouveau MJS, le terrain très mal gazonné du 5-Juillet. Pose ou non d'une nouvelle pelouse, fermeture ou non du complexe olympique, sanction ou pas des responsables de ce carnage biologique : les choix qui devaient être pris sont toujours non tranchés au grand désappointement d'un grand public algérien qui a réellement beaucoup de mal à admettre qu'un demi-siècle d'existence, de progrès, d'engrais et de technologie n'ait pas suffi aux responsables de ce secteur pour planter simplement de l'herbe !
Mohamed Tahmi l'aura ainsi assurément compris, lui le spécialiste en cardiologie : pour maintenir en vie le secteur névralgique à la tête duquel il a été nommé, il faudra agir promptement et correctement. Sans cela, il ne réussira jamais ses réformes et ne gagnera certainement pas le c'ur des millions de sportifs algériens.
R. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rachid BELARBI
Source : www.liberte-algerie.com