Alger - A la une

Pour Mourad Preure, les producteurs d'hydrocarbures doivent s'impliquer dans la transition énergétique



Pour Mourad Preure, les producteurs d'hydrocarbures doivent s'impliquer dans la transition énergétique
L'expert pétrolier Mourad Preure n'hésite à aller à contre-courant. Non, l'Algérie n'est pas seulement un pays gazier, mais c'est aussi un pays pétrolier. Mais le défi, ce n'est pas le potentiel pétrolier ou gazier, mais la capacité de l'Algérie à sortir précisément de la dépendance envers les hydrocarbures.
La technologie devient vitale pour le secteur des hydrocarbures
« L'Algérie a un réel avenir en tant qu'acteur énergétique. Le potentiel de notre domaine minier est considérable et encore insuffisamment exploré », a déclaré samedi l'expert pétrolier Mourad Preure.Dans une communication présentée ce samedi lors du «10em forum d'Alger » organisé par le cabinet Emergy, à l'occasion de la célébration de l'anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, M. Preure a cependant affirmé que le « grand challenge » réside dans le fait de sortir de la dépendance des hydrocarbures sans pour autant ignorer le secteur.
Ce qui doit rester, dans un monde de plus en plus globalisé, ce n'est pas tant les inventaires de réalisation d'installations pétrolières, de chiffres de production, mais la culture du challenge et ce sens du défi qui doit devenir notre marque de fabrique, a ajouté M. Preure, qui a comparé par ailleurs la nationalisation des hydrocarbures au déclenchement de la révolution le 1er novembre 1954.
« Il nous faut entretenir, développer et mettre en perspective la culture du challenge qui prolonge la symbolique novembriste et qui est incarnée par le 24 février 1971 », a-t-il ajouté,insistant sur la nécessité de porter aujourd'hui le combat au niveau des universités, des centres de recherche, des sociétés de service pétrolier, des PME nationales et de tout le tissu industriel privé et public qui doit, de l'avis de l'expert, « construire la puissance pétrolière et gazière de notre pays, laquelle ne doit plus, ne peut plus, se fonder sur le niveau de nos réserves et de nos productions, mais sur la compétitivité, le pouvoir innovant et la quête de l'excellence de nos acteurs énergétiques nationaux au premier rang desquels figure Sonatrach ».
La technologie, un enjeu stratégique majeur
En dépit de ce qui est galvaudé, l'Algérie n'est pas seulement un pays gazier, mais aussi c'est un pays pétrolier, affirme M. Mourad Preure, pour qui l'enjeu est désormais, dans ce domaine, de détenirla technologie qui sera de plus en plus un enjeu stratégique majeur.
Le bassin de Hassi Messaoud renfermerait quelques 50 milliards de barils de pétrole, selon l'expert pétrolier, qui souligne que seuls 16% sont aujourd'hui exploités. L'objectif est d'arriver à récupérer 27% de ce pétrole.
A l'instar de Sonatrach, les compagnies pétrolières nationales des autres pays sont à la croisée des chemins :« S'imposer comme agent actif des changements structurels en cours ou passer la main, auquel cas toute l'aventure nationaliste des pays producteurs n'aura été qu'une cruelle illusion », avertitM. Preure, qui s'interroge par ailleurs si les pays producteurs, dont l'Algérie, doivent simplement être là pour fournir l'énergie le temps que les pays consommateurs passent à un nouveau paradigme énergétique, ou doit-on, au contraire, aller vers un nouveau type de partenariat qui impliquerait les producteurs dans la transition énergétique '
L'expert pétrolier président du cabinet Emergy est sur d'une chose, l'accélération du déclin des gisements dans le monde, qui est estimé à 5% par année. Sur les 2.700 Gbls de pétrole que contenait la terre, la moitié a déjà été consommée. Il reste 1652,6 Gbls. La durée de vie des réserves mondiales est de 54,2 ans, note M. Preure, qui affirme que pour compenser ce déclin de la production mondiale, il faudrait découvrir l'équivalent d'une nouvelle Arabie Saoudite.
Enfin l'expert international est catégorique. La consommation (gaz et pétrole) en Europe chute de plus en plus, à cause notamment de la crise mondiale, mais aussi à cause du charbon à bas pris vendu par les USA aux pays du vieux continent. Selon lui, 80% de la croissance de la demande viendra de la Chine, de l'Inde et du Moyen-Orient, soutient l'expert,qui avertit que « les acquis de 1971 peuvent être remis en cause si nous restons à l'écart des challenges technologiques qui portent aujourd'hui l'industrie pétrolière et gazière internationales et la scène énergétique en général ».
Tweet
Partager
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)