Alger - Revue de Presse

Pour la seule wilaya de Relizane: 3.000 constructions à proximité des installations de Sonatrach



Un programme d'action pour mettre fin au problème des constructions érigées sur les canalisations de transport d'hydrocarbures et à proximité des installations énergétiques à travers tout le pays a été «élaboré», a annoncé jeudi dernier le ministre de l'Energie et des mines Chakib Khelil. Le ministre de l'Energie et des mines a précisé que le programme en question, qui sera soumis incessamment à certains ministères, prévoit la création d'une commission mixte qui proposera les solutions et les mesures à prendre pour chaque département ministériel, rapporte l'APS. Il s'agit, souligne le ministre, du ministère de l'Intérieur et des collectivités locales, de l'Habitat et de l'urbanisme, de l'aménagement du territoire, de l'environnement et du tourisme, de celui des Finances et bien évidemment du ministère de l'Energie et des mines confronté depuis plusieurs décennies au dilemme des constructions illicites érigées notamment sur les pipelines qui représentent un véritable danger pour les populations. Répondant à une question posée par un député concernant les constructions érigées sur les canalisations de transport des hydrocarbures dans la wilaya de Relizane à l'ouest du pays, Chakib Khelil a expliqué que le programme a pour objectif, la révision des lois prévues pour le périmètre de sécurité des canalisations et la fixation des ressources financières destinées aux opérations urgentes de protection des installations énergétiques et la révision des conditions d'attribution des permis de construire à proximité des canalisations d'hydrocarbures. Sur ce dernier point, il y a lieu de rappeler que le plus grand nombre de constructions illicites concernées ont été bâties lors de la « décennie noire ». C'est le cas, par exemple à Baraki au sud-ouest d'Alger où des centaines d'habitations ont vu le jour durant ces années tout autour d'une raffinerie et sur des canalisations de pétrole, de gaz et de produits pétroliers raffinés à l'image de l'essence. Dans cette région, Sonatrach a dû procéder à plusieurs reprises à la « fermeture des robinets » à la source quand surviennent des incidents afin d'éviter un « embrasement », partant du constat qu'il est quasiment impossible d'aller directement vers la canalisation concernée par le problème du fait des constructions érigées sur elles. Dans certains endroits, même les piquets de signalisation, censés orienter les techniciens de la compagnie pétrolière nationale sur l'emplacement des tuyaux enfouis sous terre, ont tout simplement été enlevés. Combien d'habitations sont construites sur ces sites classés dangereux ? En 2003, le Conseil national économique et social (CNES) faisait état d'un nombre de 6 500 constructions. Mais le plus préoccupant, notait le rapport du CNES, c'est la construction d'écoles, d'universités, de marchés, de stades et autres infrastructures de base sur ce qu'il convient d'appeler de véritables « poudrières » à cause de ce qu'elles représentent comme dangers sur la vie de milliers de personnes. Selon le vice-président de Sonatrach chargé des canalisations, M. Hocine Chekired, quelque 215 communes sont implantées à proximité de pipelines, de canalisations et d'infrastructures appartenant à la compagnie pétrolière nationale. Intervenant lors d'un point de presse organisée en marge de «la conférence nationale de sensibilisation sur la réhabilitation des ouvrages de transport des hydrocarbures» en janvier dernier, M. Chekired avait précisé que Sonatrach a recensé pas moins de 536 «points d'empiètement » à travers le territoire national. Il soulignera à ce sujet, qu'une enveloppe de 530 milliards de DA, soit six milliards de dollars sera investie entre 2008 et 2012, dans le cadre du programme de réhabilitation et de réparation des canalisations. La patron de Sonatrach, Mohamed Meziane, qui avait mis en exergue, à la même occasion, tout le danger que représente ce « phénomène d'empiètement », avait révélé pour sa part que pas moins de 19 wilayas sont concernées par le problème, dont 4, a-t-il ajouté, comptabilisent à elles seules 70 % des actes d'empiètement. Le ministre de l'Energie et des mines avait suggéré en ce temps là de mettre en place en toute urgence un comité intersectoriel et/ou les départements ministériels, les autorités locales ainsi que l'ensemble des directions concernées s'attelleront à définir, à travers une cartographie détaillée, les régions touchées par cet empiètement. Dans ce sens, Chakib Khelil a assuré jeudi dernier devant les parlementaires, que le programme élaboré par son département vise également à recenser les constructions dressées sur les canalisations et à définir les priorités concernant les déviations des tracés des conduites d'hydrocarbures. Il reste, poursuit le ministre de l'Energie et des mines, que le règlement du problème de construction dans la périphérie des installations pétrolières dépend, notamment de la conjugaison des efforts des autorités locales dans toutes les wilayas, pour l'interdiction des projets de logements et d'expansion urbanistiques. Le ministre a tenu à signaler que dans la wilaya de Relizane, pas moins de 3.000 constructions traversent la périphérie des canalisations de Sonatrach.
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