La situation des réfugiés pakistanais qui ont fui les combats entre
l'armée de ce pays et les talibans, dans la vallée de Swat notamment, est
qualifiée de «catastrophique» et même de «critique» par l'ambassadeur du
Pakistan en Algérie, Mohammad Hafeez.
Au cours d'un point de presse animé hier à l'ambassade du Pakistan à
Alger, le représentant pakistanais a lancé un véritable cri d'alarme et
sollicite l'aide de notre pays pour faire face aux millions de déplacés,
cantonnés dans des camps en attendant...
L'ambassadeur fera savoir qu'après avoir engagé l'offensive contre les
talibans le 26 avril dernier, 2,5 millions de civils ont quitté leur domicile
en l'espace d'une semaine seulement.
Le gouvernement pakistanais est, semble-t-il, dépassé par l'ampleur du
nombre des réfugiés qui continuent encore de fuir les combats entre l'armée et
les talibans qui ont refusé, a indiqué hier l'ambassadeur, toute idée de
dialogue. Le chef de la mission diplomatique a, par ailleurs, solennellement
exhorté les pays membres de l'Organisation des nations unies (ONU) à aider son
pays à surmonter cette «crise humanitaire».
Il soulignera à ce sujet que son pays a besoin de 543 millions de dollars
uniquement pour faire face aux besoins vitaux des réfugiés alors que,
poursuit-il, seuls 137 millions ont été pour l'heure octroyés par l'ONU.
«Le Pakistan a besoin de 2,5 milliards de dollars pour la reconstruction
de la région de Swat», a ajouté le diplomate qui souligne que cela représente
un véritable défi pour les autorités pakistanaises.
Ce défi, a-t-il encore poursuivi, concerne également le monde entier à
cause, dit-il, du combat que mène son pays contre le terrorisme représenté par
les talibans. «Nous avons été unis avec les USA pour faire sortir l'URSS de l'Afghanistan
et aujourd'hui, nous faisons la même chose avec les talibans pour les éradiquer
du Pakistan», a-t-il déclaré, en précisant que la coopération militaire de son
pays avec les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme ne souffre pas
d'ambiguïté.
Par ailleurs, l'ambassadeur a tenu à faire savoir hier, devant les médias
algériens que son gouvernement avait entamé toutes les démarches pacifiques
pour éviter la confrontation armée avec les talibans, mais en vain.
L'option de déclencher une large offensive militaire a été décidée,
explique-t-il, après avoir épuisé toutes les autres qui auraient permis
d'éviter pareille situation et dont les populations paient aujourd'hui le prix
fort.
Les objectifs fixés par l'armée pakistanaise en s'engageant dans cette
offensive, soutient encore l'ambassadeur en poste à Alger, sont le
rétablissement de l'ordre, la reconstruction des régions bombardées et, enfin,
le lancement du dialogue. Mais, en attendant, le diplomate exhorte le monde
entier à aider financièrement son pays et porter secours aux deux millions et
demi de réfugiés qui vivent dans des camps de fortune et espèrent la fin des
combats. Mohammad Hafeez fera même appel aux citoyens algériens afin de faire
leurs dons directement à un compte bancaire ouvert au nom de l'ambassade pour
la circonstance. Enfin, interrogé sur les informations faisant état de la
présence du N° 1 d'El-Qaida, Oussama Ben Laden, sur le territoire pakistanais,
le diplomate dira que «nul ne sait où se trouve Ben Laden».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Z Mehdaoui
Source : www.lequotidien-oran.com