En Algérie, l'expérience de l'évaluation des politiques publiques est très limitée, malgré les tentatives faites et les résultats obtenus.»
C'est en ces termes que l'ex-ministre des Finances, Abdelatif Benachenhou, résume la problématique de l'appréciation et de l'analyse de l'intervention de l'Etat à travers ses programmes et ses projets dans la sphère publique et économique. Invité au débat organisé, hier à Alger, par le Cercle d'action et de réflexion autour de l'entreprise (CARE), M. Benachenhou a ainsi estimé que l'évaluation des politiques publiques «n'est pas un sport national» et que la scène est vide des acteurs devant prendre en charge ce travail. Selon lui, en dehors des institutions publiques qui font de l'évaluation «évanescente» à l'image de l'ONS, la Cour des comptes ou l'IGF, le multipartisme qu'a connu le pays n'a pas permis l'émergence de partis politiques capables d'analyser, d'apprécier et de juger les politiques publiques. «La classe politique n'est pas préparée pour cela et les partis sont devenus des demandeurs d'emploi», ironise l'ancien grand argentier du pays.
Quant au président de la République, M. Benachenhou pense qu'il ne peut pas faire grand-chose en la matière du moment qu'«il a plus de courtisans que de partisans». Faut-il pour autant accepter tout programme ou projet initiés par le Président ' L'orateur avoue avoir, en tout cas, résisté en tant que ministre des Finances, mais sa «résistance était faible devant l'assaut des dépensiers».
Se voulant plus précis, il a donné l'exemple du financement entièrement public du projet de l'autoroute Est-Ouest auquel il s'était opposé mais qui a été tout de même engagé, lui valant ainsi son éviction du gouvernement. C'est la raison pour laquelle M. Benachenhou se dit aujourd'hui convaincu que l'évaluation des politiques publiques ne peut se faire «que si les politiques, programmes et projets sont mis en état d'être évalués».
Il n'en demeure pas moins que ce travail reste indispensable, prioritairement pour ce qui est «du financement du secteur éducatif et de la place de l'enseignement supérieur, du financement des hôpitaux, des subventions de l'emploi et, enfin, de l'inflation». L'ex-ministre des Finances ne terminera pas son intervention sans évoquer les conséquences de l'absence d'évaluation des politiques publiques : «C'est la théorie du mille-feuilles qui domine aujourd'hui, puisque les gouvernements se succèdent sans qu'il y ait une quelconque évaluation du travail fait auparavant.»
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lyes Mechti
Source : www.elwatan.com