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Polémique autour du décès de Nakhou Ahmed à In Salah



Polémique autour du décès de Nakhou Ahmed à In Salah
Le décès lundi de Nakhou Moulay Ahmed, 33 ans, à l'hôpital d'In Salah, suscite la polémique. Souffrant de problèmes cardiaques depuis plusieurs années, ce dernier peut-il être considéré comme victime des derniers affrontements qui ont secoué In Salah depuis début mars ' Négatif, nous répond de façon catégorique le docteur Abdelkader Azzi, cardiologue au sein dudit hôpital et qui figurait aussi parmi le dernier comité d'encadrement du front antigaz de schiste.«Il y a eu beaucoup de blessés, certes, mais on ne peut en aucun cas soutenir que les derniers affrontements se sont traduits par la mort d'individus», nous affirme le cardiologue. Mohamed Meslem, directeur de l'hôpital d'In Salah, est aussi du même avis. «Le défunt souffrait depuis des années d'un problème cardiaque. Il a été traité à plusieurs reprises dans cet hôpital durant toute la période de sa maladie.A sa dernière visite, il a rendu l'âme moins d'une heure après son transfert», explique le responsable de l'hôpital, affirmant qu'il est toutefois dans l'incapacité de s'exprimer sur les vraies raisons de son décès. Pour sa part, Bala Kamel, le chargé de communication au sein du comité représentant le front antigaz de schiste, réfute lui aussi l'idée selon laquelle la mort du jeune Nakhou Moulay Ahmed aurait un quelconque rapport avec les derniers affrontements. «Il est décédé de mort naturelle», affirme-t-il.Par ailleurs, au domicile du défunt sis au quartier d'El-Fguiguera, les parents, cousins et amis du défunt sont d'un autre avis et développent une autre version. «Ce qui a précipité la mort de mon fils, ce sont les quantités énormes de bombes lacrymogènes tirées dans le tas durant les récents affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre. Beaucoup de ces engins ont atterri à l'intérieur de mon domicile, ce qui a compliqué la maladie de mon fils Ahmed qui, en plus de son problème cardiaque, souffrait aussi d'asthme. Sa respiration devenait de plus en plus difficile du fait de l'inhalation de gaz lacrymogène.Transféré à l'hôpital d'In Salah, il a rendu l'âme une heure à peine après son admission», témoigne le père Mohamed qui n'a pu retenir ses larmes. «C'était le meilleur de mes cinq enfants. Durant la dernière émeute, on lui avait proposé de le déplacer en dehors de la ville d'In Salah, mais face à son refus, on n'a pas voulu insister. Peut-être qu'on aurait dû le faire», regrette-t-il en sanglotant.«Il n'est plus parmi nous aujourd'hui. Il a quitté à jamais ce bas-monde. Que Dieu l'accueille en Son Vaste Paradis», ajoute dignement le père qui nous précisera en outre que son fils souffrait du c?ur depuis plusieurs années. «Il y a trois ans, il a subi une intervention chirurgicale au CNMS d'Alger. Ici à In Salah, nous avons un hôpital que l'on assimile tout juste à un véritable mouroir. Ses moyens sont limités et les prestations qu'il assure dans la prise en charge des maladies chroniques laisse à désirer», relève-t-il. «Je ne cours pas après les indemnités» Le père du défunt Nakhou Ahmed affirme en outre qu'il ne s'attend à aucun dédommagement de la part des autorités publiques en guise d'indemnités à la suite du décès de son fils dont il persiste à dire qu'il a été victime des derniers affrontements.«Je ne m'attends à aucune indemnité. Je veux juste que notre Etat abandonne définitivement ce projet d'exploitation de gaz de schiste», dit-il. Il rappelle aussi son statut d'ancien moudjahid qui a été emprisonné à l'âge de 14 ans. En dépit des sacrifices consentis durant la guerre de Libération nationale, il dit n'avoir bénéficié d'aucune pension. «Je n'ai jamais couru après les indemnités», a-t-il conclu.


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