Alger - Revue de Presse

Point de vue Serment : jeu et places



Dans un pays où un Docteur d'État est au chômage, où surtout les minables sont en place, où pour réussir vaut mieux être larbin que compétent : va-t-on enfin y voir le jour se lever ? À cette question de survie d'une espérance qui date, un serment de président devrait y répondre.

Mais, nos dirigeants n'ont pas compris que la donne a changé. Que la crise mondiale actuelle modifie les choix stratégiques nationaux. Tourner le dos aux évolutions internationales en Asie, en Extrême-Orient, en Amérique et en Europe pour ne voir que l'Afrique et la Palestine, est un pari trop risqué. Pour, en somme, un si petit pays. Les évolutions en cours dessinent le monde de demain. Un monde, avec de nouveaux enjeux où les places coûtent déjà cher. Un monde, avec un jeu qui se resserre.

Nous sommes certes toujours englués dans nos problèmes. Sur notre île. Ah ! Que de promesses faites ! Que de commissions réunies ! Que de lois révisées... Et, dès que la crise pointe son nez, l'Algérie devient - aux dires des responsables gouvernementaux (sous M. Ouyahia) - un pays aux banques moyenâgeuses, avec une monnaie de singe, des quincailleries industrielles, des élites eunuques ! Car, sous-développée... l'Algérie ne risque rien face à la crise... MONDIALE ! Bonjour les Réformes, alors ! Toutes ces réformes... avec un système de paiement électro-atomique - à croire nos deux ministres délégués à... la réforme financière et bancaire (tu parles !).

De longue date, l'exaltation patriotique de notre Elite politique avait laissé place à cette curieuse emphase du langage, souvent chaotique, où nos repères identitaires nationalitaires se sont vus remis en cause. Nous sommes « musulmans » avant d'être Algériens, avant d'être Berbères, Amazighs... De même, quand un ministre de la République en 2009 déclare tout de go : « quand on a la double nationalité, on n'est pas DONC Algérien », il y a aussi de quoi s'inquiéter. Cette paranoïa de nos politiques nous pousse à la défiance. Chaque Algérien ne se méfie-t-il de ce qu'ils disent... et surtout de ce qu'ils font ? Nous savons que : toute honte bue, ces dirigeants pousseront leur lâcheté jusqu'à vous regarder droit dans les yeux. Sûrs de leur fait, ne craignant ni hommes, ni Dieu !

Il est peut-être vrai, comme disait l'autre, que chaque Pouvoir « produit » ses Intellectuels. Mais ce qui est certain est que chaque société « fabrique » ses politiques. La duplicité du langage de ces dirigeants - qui, elle, remonte à avant l'Indépendance - est la résultante d'un cynisme partagé, plus global. D'un cynisme qui loge : dans les silences veules, dans les complicités lâches, dans les meurtres fratricides qui ont jalonné nos 47 années d'indépendance. Ce cynisme mortel leur sert de... ressorts pour affronter la société. Et tant que le « travail de deuil » n'est pas fait sur tous ces assassinats, tant que nous n'en parlerons pas, tant que nous ne confronterons pas pacifiquement, l'on n'avancera pas. De ces vérités, eux, ils ont peur. Encore plus peur au tournant du 21ème siècle qu'au début des années 80, au début 80 qu'en 60...

L'Algérie a accouché dans la violence d'une nouvelle société. Ouverte. Ouverte sur le monde. Trop ouverte même ! Là, s'est incrustée la rage islamiste. 30 ans après, de ses bains de sang, l'on veut faire... une eau de bain ! De Rahma en Réconciliation et de Réconciliation en Amnistie. D'écart au grand écart ! L'on tourne le dos encore une fois au « travail de deuil ». Et ouvertement à la Loi divine. En terre d'Islam, aucun meurtre ne peut être pardonné ! Par qui que ce soit... A moins d'abroger la peine de mort !

Ces blessures inoubliables, ces souffrances inapaisées et ces injustices accumulées, aucun kilomètre de route supplémentaire, aucun logement nouveau, une classe, aucun hôpital, aucune usine, aucun champ, aucune poignée d'emplois, aucun mille milliard de dollars ne les enfouiront. Elles sont nos abcès malsains, infects, corrupteurs. L'incroyable insouciance de nos politiques les rend, chaque jour que Dieu fait, plus infects, plus puants, plus nauséabonds.

Ne craignent-ils jamais assez - hier (en Octobre 1988) comme aujourd'hui - que : notre pays se mette à feu et à sang ? Retireront-ils alors nos gendarmes et nos forces de l'ordre en clamant, le surlendemain, leur innocence ?

Aux premières lueurs de cette paix civile retrouvée, l'Algérie avec les politiques qu'elle s'est donnée ne risquerait-elle pas de rater le coche ? Avec un président élu : par 3 Algériens sur 4, des maires élus : par 1 Algérien sur 2 et des députés élus : par 1 Algérien sur 3. Elle ne désarticulerait pas les assises des institutions ? Avec des industries à « plan de charge » dont le monde entier se déleste. Elle ne s'installerait pas au dernier wagon d'un train d'un autre âge ? Ne recherchant pas, à l'ère de la Télé en 3D, de plus grandes adéquations aux innovations liées à l'écologie environnementale, aux technologies non-polluantes, aux nouvelles normes techniques et aux insatiables exigences des consommateurs CULTIVES - cette Algérie-là n'est-elle pas une candidate à la roulette russe ? Ne voudrait-on pas délibérément ne lui faire réciter qu'une leçon sur cent pour son examen du 3ème millénaire ? Car elle possède 150 Mds $ de réserves de change !

(*) Économiste


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