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PLUVIOMÉTRIE



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Les quelques gouttes de pluie qui tombaient à l'arrivée du ministre de l'Agriculture et du Développement rural et de Ressources halieutiques Sid- Ahmed Ferroukhi dans la wilaya de Boumerdès pour une visite de travail ne sont pas de nature à rassurer ni les fellahs de la wilaya de Boumerdès ni ceux des autres contrées du pays, notamment les céréaliers et les éleveurs d'ovins des grandes steppes des Hauts- Plateaux.Inquiète, l'Union nationale des paysans algériens – UNPA — a demandé de son côté, aux pouvoirs publics, de fixer la date du 15 janvier pour déclarer l'état de sécheresse. Cette sécheresse, une calamité naturelle, pourrait remettre en cause plusieurs — ou du moins les reporter à une date ultérieure, des objectifs extrêmement importants pour le pays. Dans cette conjoncture de morosité économique et de raréfaction des devises, ces objectifs de l'économie agricole prennent une importance cruciale. Sollicité pour pallier la chute du prix du pétrole, le secteur de Ferroukhi entre également dans une zone de turbulences. En effet, la sécheresse pourrait remettre en cause l'ambition de la campagne agricole 2015-2016 du département de Ferroukhi qui a fixé comme résultats aux termes de de ladite campagne agricole, la satisfaction à hauteur de 70% des besoins alimentaires du pays. Il y a lieu de relever que 70% de la production agricole attendue provient des superficies irriguées. Cette sécheresse remet en cause, par ailleurs, un autre objectif contenu dans le programme quinquennal 2014-2019 de Bouteflika ; ce programme ambitionnait d'atteindre l'irrigation de 2 millions d'hectares dont 600 000 concernant la culture des céréales. Abordé à ce sujet à son arrivée à Boumerdès, Ferroukhi évite de répondre à la question. Il s'est contenté de dire «fort heureusement, nous avons fait un progrès depuis 2000 pour augmenter la superficie irriguée de 300 000 hectares à 1 200 000 hectares. Ce qui nous permet d'atténuer l'effet de la crise puisque les cultures maraîchères sont irriguées avec des eaux puisées dans les nappes phréatiques ou les barrages». De son côté, le conseiller du ministre, Hocine Tali que nous avions interrogé en marge de cette visite pense qu'il est nécessaire d'attendre encore une dizaine de jours avant toute décision dans ce sens. Il précisera toutefois «c'est aux walis d'étudier la situation de leurs régions.»Les fellahs doivent prendre une assuranceLors de sa tournée dans plusieurs communes de la wilaya visitée, le ministre a insisté sur l'adhésion des fellahs à la caisse d'assurance pour assurer leurs biens ainsi que les personnes employées. Il trouve anormal que sur environ 1 000 000 de fellahs seuls 30 000 à 40 000 d'entre eux sont assurés. Ces résultats indiquent, selon lui, que le secteur agricole peine à se moderniser pour se mettre sur la trajectoire du développement durable. Or, des facilités sont consenties pour encourager l'adhésion massive des fellahs aux caisses d'assurance.Eaux épurées dans l'agricultureAu cours de son périple, le ministre s'est rendu à la ferme El Flici à Corso. Le fellah en question irrigue 43 hectares à l'aide d'eaux épurées provenant de la station d'épuration (Step) de la ville de Boumerdès. Il est d'ailleurs le premier fellah algérien à faire usage depuis 2003 de cette eau pour produire du raisin de table, des agrumes et du fourrage. Les analyses effectuées avec pas moins de 13 indicateurs scientifiques démontrent que ces eaux épurées sont conformes aux normes européennes. Donc utiles à l'agriculture. Par ailleurs, au niveau de la wilaya de Boumerdès, les 3 Step (Zemmouri, Thénia et Boumerdès-ville) produisent annuellement 9 490 000 m3 ; de quoi irriguer, selon les services agricoles de Boumerdès, plus de 700 hectares. Seulement, les responsables locaux rechignent quant à eux à autoriser l'utilisation de ces eaux. Les prélèvements des boues provenant de ce traitement biologique sont totalement interdits. Motif, absence d'une réglementation régissant l'usage de ces eaux et boues. Interrogé sur ce dossier, le conseiller du ministre nous a indiqué que le décret exécutif administrant l'utilisation de ce potentiel hydrique est en cours d'élaboration. C'est la même réponse qui nous a été donnée il y a 10 jours par les responsables du secteur.


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