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«Plus intelligent que nous, tu es exclu» LES INTELLECTUELS ALGERIENS ET LE POUVOIR



«Plus intelligent que nous, tu es exclu»                                    LES INTELLECTUELS ALGERIENS ET LE POUVOIR
Basée sur des intérêts personnels, la relation des intellectuels avec le pouvoir nourrit la suspicion.
Exclus, marginalisés et mis en quarantaine, le peu d'intellectuels existant est réduit au silence. «Depuis l'assassinat de l'architecte de la Révolution algérienne, feu Abane Ramdane en 1957, le pays est vidé de son intelligence...», a-t-on regretté, dans la soirée de samedi dernier à la librairie Emir-Abdelkader à Alger-Centre. Pour répondre à la problématique de «la relation des intellectuels avec le pouvoir en Algérie», trois conférenciers ont été conviés à une conférence-débat, ouverte à l'intelligentsia algérienne.
Définissant le sens du terme «intellectuel», Abdelmadjid Merdaci, sociologue, historien et maître de conférences à l'université Mentouri de Constantine, dira: «Pour moi, l'intellectuel c'est celui qui défend sa société dans la vie quotidienne, sans pour autant prendre position dans un mouvement quelconque.»
Engagé, à l'âge de 13 ans, dans les causes justes depuis les années 1930 dans le mouvement des Oulemas musulmans,
M.Merdaci a souligné que l'élargissement des espaces d'expression «est un facteur d'enrichissement culturel, social, économique et politique du pays».
Abordant les différents combats des écrivains algériens engagés, à l'image de Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Mohamed Dib, Mouloud Feraoun et bien d'autres illustres noms de la littérature et du théâtre algériens, l'écrivain Hamid Grine a qualifié l'intellectuel dans le développement culturel par l'importance de sa prise de position par rapport aux préoccupations du peuple. «L'intellectuel est un homme libre et indépendant des récupérations politiques et partisanes», affirme M.Grine. De son côté, Nordine Djellab, professeur à l'Université d'Alger, revient sur la complexité de la définition de l'intellectuel en tant que tel. «Dans tous les courants politiques, économiques, sociaux, on y trouve des hommes qui activent et militent», dit-il, avant d'ajouter que «l'intellectuel, c'est d'abord, celui qui possède une vision claire, une position libre et courageuse qui répond à l'exigence des temps, loin des pressions», a souligné le Dr Djellab. Partant de «l'Etat Nation, jusqu'à à l'Etat sécuritaire» qui protège le territoire de la violence des différents courants politiques, les conférenciers sont arrivés à convenir de la complexité de la situation des intellectuels. Par ailleurs, il y a lieu de faire la part des choses entre les intellectuels algériens, qui ont allumé la flamme du déclenchement de la Révolution algérienne le 1er Novembre 1954 pour l'Indépendance nationale, et ceux des années post-indépendance. Par le passé, les intellectuels algériens se sont engagés au prix de leur vie pour l'indépendance et les principes nobles qui relèvent la personnalité et la dignité du peuple algérien.
Actuellement, beaucoup de personnes s'autoproclament intellectuels, mais en réalité, «ce ne sont que des vendus», a-t-on regretté. Les intellectuels ne sont pas uniquement les écrivains, les journalistes et les producteurs d'idées qui gagnent leur vie dans le travail intellectuels mais, ce sont aussi, des gens modestes, très simples et anonymes engagés dans le même combat. Ces gens méritent respect et reconnaissance, a-t-on expliqué en marge de cette rencontre.
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