Changeant son fusil d'épaule face aux derniers développements sur le conflit du Sahara occidental, que d'aucuns considèrent comme défavorables au Maroc, le souverain alaouite opte pour une nouvelle tactique consistant à ignorer la réalité en annonçant un investissement à hauteur de 13 milliards d'euros dans ce territoire classé autonome par la 4e commission de l'ONU, donc à décoloniser.Le Maroc ne semble pas donner de l'importance aux appels pressants de la communauté internationale pour la décolonisation du Sahara occidental, comme l'indique cette annonce de Rabat d'y investir sur dix ans un montant d'environ 13 milliards d'euros. Reste à savoir où Mohammed VI compte puiser ce montant colossal, d'autant plus que le Maroc vient d'acquérir un prêt de cinq milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international, en plus du fait qu'il est le client le plus régulier de la Banque africaine de développement (BAD) en tant que bénéficiaire de prêts.
Comment peut-on envisager un tel investissement dans un territoire, classé autonome par l'ONU, dont le Conseil de sécurité traite régulièrement dans l'espoir de lui trouver une solution politique mutuellement acceptable dans le cadre du respect du droit de ce peuple à l'autodétermination. Il y a lieu de rappeler que ce dossier a été durant ces dernières semaines sur le devant de la scène internationale, en raison des nombreuses accusations de violations des droits de l'homme contre le Maroc.
Ce conflit, qui est diplomatiquement dans l'impasse malgré les efforts de l'ONU, a été à l'origine d'une nouvelle crispation entre Rabat et Alger, après l'incident de la profanation de l'emblème national algérien, le 1er novembre, après la violation de l'enceinte du consulat d'Alger à Casablanca. En dépit de cette situation, le Maroc, qui propose pour sa part un plan d'autonomie sous sa souveraineté, a affirmé par la voix de Mohammed VI, le 6 novembre, qu'il n'entendait pas "subordonner" l'avenir de la région "aux développements de la question (...) au niveau de l'ONU". Il s'est limité à faire référence à un rapport d'un organisme marocain, le Conseil économique, social et environnemental (Cese), destiné selon le souverain chérifien à "poser les bases fondatrices d'une politique intégrée, à long terme", dans les domaines économique, social et culturel. à en croire la presse marocaine d'hier, le programme élaboré par le Cese prévoit "la mobilisation de 140 milliards de dirhams (environ 13 mds d'euros) d'investissement sur une dizaine d'années". Le quotidien L'Economiste indique qu'il vise "à faire de la région un 'hub africain'". Citant le rapport du Cese, il affirme que sa mise en 'uvre "permettra de doubler le PIB en l'espace de dix ans et de créer 120 000 postes d'emploi". Il s'agit de "transiter d'une économie de rente vers un cadre favorisant l'investissement privé", ajoute de son côté L'Opinion, qui évoque notamment la volonté de réduire de moitié le chômage, actuellement de 15% au Sahara occidental contre 9% "au nord", selon des chiffres officiels. "Jusqu'ici, le Maroc a réalisé annuellement un investissement public de 4 à 5 mds pour un résultat moindre que ce qu'il est en droit d'attendre (...). Est-ce que le (nouveau) modèle est réaliste ' Je vous réponds : oui indéniablement", affirme le président du Cese, Nizar Baraka, dans Aujourd'hui le Maroc.
Pour rappel, le phosphate et la pêche constituent les principales ressources du Sahara occidental, que le Maroc exploite à outrance.
M. T
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Merzak Tigrine
Source : www.liberte-algerie.com