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"Pisse dans ton froc si tu n'es pas content" LES TOILETTES PUBLIQUES SE FONT RARES À ALGER



Tout d'un coup, le plaisir de flâner s'estompe par ce besoin «pressant» de vouloir se soulagerCe besoin qui se transforme parfois en «cauchemar» à la recherche de sanitaires introuvables.
Les toilettes publiques font partie du paysage urbain de toute ville bien aménagée. Elles offrent aux citadins et aux visiteurs le confort de pouvoir se soulager en cas de besoin. D'ailleurs, pour certaines grandes villes connues, ces «espaces intimes» intègrent d'une manière harmonieuse de par leurs conceptions parfois originales, le paysage urbain global.
Qu'est-ce qu'il en est d'Alger'
Qui n'a pas vécu, tout en déambulant dans ses rues, quand tout d'un coup le plaisir de flâner s'estompe par ce besoin «pressant» de vouloir se soulager'
Ce besoin qui se transforme parfois en «cauchemar» à la recherche de sanitaires introuvables. Le dilemme est encore plus inconfortable pour la gent féminine, au vu du caractère «masculin pluriel» de notre espace public.
Les cafés restent dans ces cas d'urgence le seul recours. Et encore. Quand «l'établissement» offre cette possibilité, les stratagèmes pour y accéder sont multiples. La «consommation» est souvent «la clé» qui donne accès, quand par malheur le garçon de café vous répond sans vous regarder: «Makanche el ma (Il n' y a pas d'eau).» Alger, c'est la capitale du plus grand pays d'Afrique. Alger est la capitale d'un des pays les plus riches, au monde. Une capitale nommée «Alger la Blanche». Bref. Une fois au coeur de cette capitale. Une fois cheminant ses plus beaux boulevards. Une fois vous voulez simplement vous arrêter pour aller tout naturellement aux...toilettes: Rien. Aucune toilette publique.
Est-ce normal qu'une capitale se retrouve sans toilettes publiques'
Non, évidemment. Cela fait des années que le problème est posé, mais rien!
Plus grave encore. Même les cafés n'ont pas de toilettes. «Avant, quand on allait dans les cafés on trouvait des toilettes avec de l'eau, du savon et une serviette. Maintenant, dans la plupart des cafés, les toilettes sont fermées», témoigne Farid.
C'est plus dramatique encore pour les femmes.
«Tu vois une femme rentrer dans un café ou se mettre sous un porche'», nous réplique Farid, un jeune étudiant à la Fac centrale.
Comme le wali a exigé les devantures des immeubles de la capitale, le président de l'APC d'Alger-Centre a aussi demandé d'ouvrir tous les locaux commerciaux dans les principaux boulevards, il est plus qu'urgent que ces mêmes responsables se penchent sur cette question des toilettes publiques. Après tout, ce sont eux qui détiennent finalement les rênes de toutes les affaires de cette cité.
Sur ce plan, il faut dire «c'est une honte». Le terme n'est pas trop osé, puisque nous sommes devenus la risée de tout étranger qui passe par la capitale.
«Ce n'est pas normal, mais je crois que c'est un des problèmes de l'Algérie. Il n'y a rien pour le public. dans ma ville, en France, il n'y a que 220.000 habitants et il y a des toilettes publiques partout. Mais il ne faut pas copier sur les Occidentaux, vous diront certains salafistes», ironise Séverine, journaliste française rencontrée à Alger-Centre. «Il y a eu par le passé des toilettes publiques importées. Où sont-elles passées' Elle n'ont jamais été ouvertes au public. Il y avait ces cabines qui ont été installées, Cinq-Maisons, la foire, à Alger-Centre, au parc Sofia...», s'indigne Ami Saïd, un vieux retraité rencontré devant la Grande-Poste.
Pour Samir, jeune fonctionnaire à Alger-Centre: «C'est ce qu'il y a de plus anormal tout ça», parce que tout simplement Alger est une ville, «une capitale de surcroît, mais elle vit comme un village». Comme si à Alger, il ne doit y avoir que ses habitants qui, lorsqu'ils ont besoin de toilettes ils rentrent tout simplement chez eux.
Or, Alger est une capitale où les gens qui s'y rendent viennent en grand nombre d'ailleurs.
Pourtant, mettre en place des toilettes publiques ne nécessite ni du génie ni beaucoup d'espace. Il n'y a qu'à regarder du côté de Paris ou de n'importe quelle ville européenne où les toilettes publiques contribuent même à engranger un peu d'argent aux municipalités. Il y a aussi un autre aspect très important. Tant que la willaya d'Alger ou même les communes ne décident pas d'établir un programme spécial toilette publique pour la capitale, c'est la santé publique qui est carrément menacée. Plusieurs endroits dans les boulevards de la capitale se sont transformés en urinoir. Les quelques jardins que compte cette ville, sont devenus l'ultime recours des gens «pressés» de se soulager.
Les jardins, les moindres coins et recoins de la capitale dégagent des mauvaises odeurs, les bestioles, les rats... etc
Enfin, c'est tout simplement à l'image de l'ordre social établi depuis deux décennies ou un peu plus... même pour les besoins les plus naturels et urgents, l'Algérien est réduit à le faire chez lui. Ce qui explique, en gros, l'absence d'une vie sociale... c'est-à-dire s'il y a épanouissement, il faudra que cela ne sort, pas du foyer familial.
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