Les hommes sont
en général des êtres honnêtes. Une fois politisés, ils changent de peau comme
les serpents. Inconsciemment, ils se retournent toujours vers le mensonge quand
ils veulent jouer aux grands.
Ils savent, la
plupart du temps, pourquoi les citoyens ne leur font pas confiance. Pour
justifier leurs mensonges, ils demandent à leurs proches ou à leurs flatteurs
de témoigner qu'ils ont raison. Parfois, ils rêvent et racontent leurs rêves
comme vérité. Ils construisent des châteaux en Espagne, nous font prendre des
vessies pour des lanternes et nous invitent à dîner chez leurs voisins. Ils se
comportent comme des Pinocchio à la Place des Martyrs. Si les montagnes
accouchent parfois d'une souris, les politiciens, eux, ne donnent vie qu'à des
mensonges. L'esprit humain est un ordinateur exact quand la conscience le guide
vers le bon sens. Aussi bien en rêves qu'en mensonges, la conscience nous
quitte et l'intuition s'efface. Notre ordinateur déconne. Le danger nous guette
à tout moment et tout le monde songe au tien et au mien et oublie le sien. Que
Dieu nous protège des méfaits des rêves de politiciens malsains et des
mensonges maudits des diplomates intellectuellement malades.
Un politicien de bonne race est rare. Une
fois trouvé, vous sentez en lui l'art du métier de gouverneur, le respect, la
modestie, l'humour, l'éducation, le courage et parfois même la témérité. Un
politicien de ce modèle n'oriente jamais sa politique vers des intérêts de ceux
qui sous-estiment son peuple, ignorent sa souveraineté, ne reconnaissent pas sa
révolution et nient ses martyrs. Il condamne ceux qui sèment la mort et la
haine dans le monde et bombardent des innocents sans cause et sans raison.
Il se pose
rationnellement la question de la justice de ses actes, les orientations de ses
intentions et, bien sûr, la loyauté de leur justesse. Il écoute son peuple et
s'interroge sans cesse sur la question de l'intérêt général de ses frères
citoyens, à long et à court terme. Un politicien qui ne se questionne pas
ainsi, c'est, à coup sûr, une marionnette aux mains des autres, ses actes sont
maudits et nous font retourner au césarisme Gaulois ou à la tyrannie absolue
d'Arioviste le Germain du Moyen-âge.
Un bon leader doit suivre sa conscience, son
intuition et l'intérêt de sa nation. C'est l'humanisme et le bon sens qui font
le bon démocrate et éliminent les despotes. Les grands leaders ne mentent
jamais. Ils confrontent la réalité et, durant leur gouvernance, les peuples ne
rêvent pas monde et merveilles chez les autres.
Mais, parfois aveuglés par le pouvoir, la
gloire, les roadsters, les flatteries de leur entourage, les politiciens jouent
les importants et mentent comme ils respirent. A cet instant, leurs royaumes
s'écroulent et ils sont traités de tous les noms.
Dans ma vie, j'ai vécu quelques années sur la
terre de la démocratie non loin de Madame Liberté. J'ai vécu un instant dans le
ventre de Madame Liberté. Dans ce ventre, j'ai rencontré des gens. Des gens
comme nous. Des gens pas plus intelligents que nous. Le long de l'échelle
spirale allant vers sa couronne, nous avons discuté démocratie et liberté.
A la sortie de ce lieu, nous étions comme des
nouveau-nés. Pour ces gens, la mère était Madame Liberté. Toute verte dans sa
robe en cuivre éteint et non brillant, elle impose majestueusement sa présence
et ne parle pas. Elle cache les crimes de messieurs les créateurs.
A notre sortie, non loin de ce dit symbole de
la Liberté, j'ai vue des gens, jeunes et moins jeunes, de toutes les races,
sortis avant nous ou nés avant nous, écrire sur le pavé…..
Masse de cuivre vous n'êtes qu'un symbole et
une statue, la Liberté est ailleurs ! Cuivre êtes-vous la liberté ? Cuivre
êtes-vous l'égalité ? Cuivre êtes-vous la fraternité ? Cuivre connaissez-vous
les martyrs de l'Algérie ? Cette dernière question attira bien mon attention !
Voyageant dans l'histoire de ma chère nation,
ma mémoire s'éveille et me dit : pendant cette période (entre sa conception en
France et son installation aux Etats-Unis d'Amérique), Cheikh Al Haddad vivait
en exil, en Nouvelle-Calédonie. En ce lieu perdu, la pression de l'armée
française avec ses restrictions sauvages et ses difficultés farouches n'ont pas
découragé Cheikh Haddad Aziz de lutter pour la Liberté. En 1881, il réussit à
s'évader de cet enfer pour rejoindre l'Australie, l'Egypte et enfin l'Arabie
Saoudite, à la recherche de sa liberté. Coïncidence ou hasard ? Son frère Si
M'hamed fera de même, il s'évadera de Nouvelle-Calédonie le 5 décembre 1886 en
utilisant de faux papiers…
1886 ? Cuivre ou liberté ?… Souvenez-vous de
cette date !
Bien sûr je me
souviens ! C'est ma date d'émigration dans ce lieu. Je suis française. Le 28
octobre 1886, deux mois seulement avant l'évasion de Si M'hamed Haddad, le
Président Stephen Grover Cleveland des Etats-Unis d'Amérique devient mon père
adoptif.
Madame ! Puisque la politique de démocratie
est ainsi, je vous réponds en bon démocrate «Démocratie sans conscience n'est
qu'opium des peuples. Ironie de l'histoire les bourreaux des Algériens sont
devenus vos symboles et vos modèles».
En grève politique, je m'excuse de ce lapsus.
Je voulais dire en rêve politique. En cet état inconscient, notre cerveau ne
joue pas bien son rôle et fait des choses contrairement à notre volonté
humaine. Il oublie son histoire et cherche le bonheur sous les bottes d'autrui.
Ignorant le monde qui nous entoure et nous surveille, nous pensons grands alors
que nous sommes trop petits pour ne pas dire trop faibles. Nous rêvons
réacteurs et nous voyageons satellites. Nous sommes dans les nues ! Nous
devenons mégalomanes et monteurs d'histoires. Je ne veux pas dire menteur de
l'Histoire car les rêves ne font pas partie de notre Histoire. Une grandeur
politique que nous ne voulons partager avec personne. C'est moi le maître et le
héros. Les autres sont des esclaves. C'est moi monsieur politique. Après moi le
déluge, dirait Napoléon l'empereur. Les autres sont trop jeunes pour comprendre
ou même pour interpréter ce que je vis dans mes rêves.
Je vois dans mon
rêve des vaches grasses et folles qui aident à coups de cornes (ou de pattes)
des baudets maigres à déchiffrer la politique dans le braille. Les baudets
étaient des animaux sourds dans un monde de vaches aveugles. Scène drôle dans
le réel mais le seigneur n'a pas tort. Les vaches étaient trop agitées. Les
baudets étaient très calmes et bougent leurs oreilles sourdes. De ce rêve, on
conclut que dans le monde politique le maître est aveugle et l'élève est sourd.
Quel gâchis pour un pauvre «ghachi».
Dans ce rêve, les maîtres sont ces managers,
cadres supérieurs qui gagnent un argent astronomique dans des situations
scandaleuses. Situations dans lesquelles le «club» de certains dirigeants se
sert des royales rémunérations, tandis que l'entreprise est déclarée sinistrée
pour ne pas utiliser le mot sonore du grand économiste Monsieur Tintamarre «le
déficit». La théorie de cette économie se base sur la politique du «sers ou on
te serre».
En contraste, les élèves sont ces petites
gens de monsieur Sidi Heureux qui héritent d'un poste budgétaire après une dure
attente et une longue halène. Drôle de gestion ! Créer un emploi se confond
avec l'ouverture d'un poste budgétaire.
Notre grand économiste Da Bakir de Ghardaïa,
non Dr Bakir de Dauphine, ce grand stratège n'a pas été élève de Monsieur
Tintamarre, lorsqu'il nous dit : l'emploi n'existe, chez nous dans le secteur
commercial, que s'il est rentable. L'emploi non rentable est générateur de
chômeurs. Une économie n'est dite dynamique que si l'argent circule. Elle passe
de main à main comme au handball. Ce dynamisme crée une énergie dans le monde du
travail.
Pour Da Bakir, l'argent et l'information
n'ont une valeur propre que s'ils circulent. Da Bakir n'est pas sorti de
grandes écoles américaines ou françaises. Il a appris cette gestion dans un
lieu entourée d'une muraille. Ce lieu est dit Béni-Yezgen.
Da Bakir s'étonne et s'exclame : dans un pays
producteur de gaz et de pétrole, comme le nôtre, on trouve le moyen de lancer
l'économie et créer de l'emploi par le biais de la Zakat. Il rigole et
continue… Certains démagogues improvisent ce dynamisme économique honteux… De
l'aumône pour notre République ! Emporté par son nationalisme spontané. Il
continue son cours d'économie en disant, j'ai lu quelque part : lorsqu'une
société est incapable d'interdire aux riches de transformer en privilèges
définitifs leurs avantages temporaires, elle ne peut empêcher l'autre catégorie
de faire un droit acquis du moindre avantage. La zakat est un droit divin pour
les pauvres et non une charité pour les entrepreneurs.
Entamant le sujet de démocratie, Da Bakir
récite un passage des essais de Montaigne : les peuples nourris à la liberté et
à se commander eux-mêmes, estiment tout autre forme de police monstrueuse et
contre nature… Et il continue sur un autre passage dont il ignore la source…
‘L'indépendance est la reconnaissance du fait que vous êtes responsables de
votre jugement et que rien ne peut vous y soustraire; que personne ne peut
penser à votre place, de même que personne ne peut vivre à votre place; que le
plus destructeur, le plus méprisable abaissement est d'accepter de subordonner
votre esprit à celui d'un autre, de reconnaître son autorité sur votre cerveau,
de considérer ses assertions comme des faits, ses affirmations comme des
vérités, ses ordres comme des intermédiaires entre votre conscience et votre
existence' (référence John Galt).
Dans mes voyages à travers ce monde
merveilleux, j'ai vu, j'ai vécu et j'ai connu. J'ai appris dans mes études
limitées que par amour naturel une cigogne norvégienne creva l'Å“il de son petit
en voulant l'embrasser à la manière d'une maman algérienne sincère. J'ai vu que
par courtoisie ou complexe d'infériorité, un aigle du désert du tiers vide se
faisant tout petit devant une perdrix américaine.
Le monde politique est un jardin enchanté.
Dans ce jardin, le mensonge irrigue des plantes importées de tous les coins du
monde. Les fleurs sauvages entourent des fleurs du jardin d'Aden. Les fleurs du
mal de Baudelaire errent dans nos esprits entre un spleen et un idéal situés
trop loin de ce jardin de merveilles. Un spleen où Causette chante les
misérables d'une bourgade, près de Tiaret, jadis appelée Victor Hugo. Un idéal
voulu où un monde flou se défoule. Une foule de gens, ivres de football, font
preuve d'unité et de nationalisme sincère. Dans cette foule, beaucoup de braves
gens sans doute, mais certains sont incapables d'être libres, justes et heureux
puisqu'ils se laissent traîner et manipuler par une vague ignorante à intérêt
néologique principal. Ils rêvent et ils rêveront encore.
Certains amis d'Aris (ce petit village que j'adore)
disent, heureusement pour nous, les rêves ne sont ni taxés, ni censurés ni
enregistrés sur disque dur quelque part. En rêve, tout est permis, l'interdit
est inconnu. On est libre quand on rêve. Hélas ! En réalité, on ne nous permet
pas le luxe de nos rêves, quand nos épouses ne sont pas de Tlemcen, affirme une
personne d'El-Hennaya, un village limitrophe de Tlemcen.
Les rêveurs ont appris à nos enfants le
réflexe de demander sans savoir à qui demander.
De la même façon, ils les ont éduqués à ne rien
faire, mais la générosité désintéressée de nos jeunes n'est plus à démontrer.
Dès qu'il s'agit d'aider ou de venir apporter son soutien à des personnes dans
le besoin, ils répondent présents. Ils sont présents quand la conscience et le
nationalisme les appellent.
Dieu merci ! Nos
jeunes ne sont pas ce que les rêveurs ont voulu faire d'eux, s'exclame Hamid,
le sage de Constantine.
Quand la sieste de la folie des grandeurs se
termine, nous nous rendons compte que nos puits de gaz et de pétrole sont secs.
Les Espagnols, les Italiens, les Yanji ou Yankee, les Chinois et les autres
nous vendront alors nos beaux rêves au prix double d'une nouvelle énergie. A
cet instant, il est impossible de rêver grand.
Le Boukandja sera nommé comme leadeur
démocrate à la manière de Karzai le restaurateur de New York, pense Si Akli de
Tizi.
C'est ainsi que
les somnambules dans les démocraties éphémères ne conservent, à leur réveil,
aucun souvenir, même en provisoire, de ce qu'ils ont réalisé ou pensé dans leur
somnole politique des soi-disant grands. Le somnambulisme politique est une
maladie moderne. Cette maladie touche les gens du Saint-Siège. Ceux qui
communiquent dans une autre langue des mensonges à un peuple dont la majorité
ne pige que dalle dans ce langage. Certains politiciens pensent que tout ce qui
ce dit dans cette langue est céleste. Vérité au-delà des Pyrénées, erreur
ailleurs, pense se politicard. Par la même démarche, j'imagine mal Dr Bernard
Kouchner s»addresser en hébreu au peuple français qui ne pige que dalle dans la
langue d'Israël. L'histoire nous démontre qu'en diplomatie, la personne qui ne
sait pas véhiculer une vérité dans la langue de son peuple est une personne
vouée à l'échec, Elle sera, sans faute, déclassée dans les oubliettes des
histoires.
La «Baraket Sidna» nous fait vivre pour
comprendre ce que les autres nous veulent faire passer comme une vérité et le
«Mektoub Rabi» nous tue quand nous n'avons pas compris ce que nous devons
prendre comme mensonge à la place de la vérité, disent les gens de Béni-Ounif
de la frontière marocaine.
Les écoles sont détruites par une gouvernance
«khaldistes ou bezaghouvitch». Quatre mois de rêve écolière, je m'excuse je
veux dire grève écolière… Menaces, honte et déshonneur… donnent une bonne image
de l'homme de demain. L'homme qui a loupé la révolution industrielle selon
certains gens. Résultat : les prisons s'entassent de drogués, de voleurs, de
brigands sages et même de sages femmes escroqueuses non malades. Ces dits rêves
sont absolus. Comme une masse de plomb, ils clouent le peuple au sol et le
transforment en une foule pesante, inerte, sans âme, sans conscience et sans
espoir. Cette vérité ne s'efforce guère de voir les choses telles qu'elles sont
dans un quotidien pénible qui tord. En plus clair, la vérité s'enfonce dans une
atmosphère d'ivresse durable.
Les mensonges des salons et la politique de
je m'en moque, comme la bière des sans-culottes, nous rendent débiles et sans
conscience.
Quand à nos
députés et nos sénateurs, ils doivent lire avec attention l'histoire des
sans-culottes. Le peuple ne demande pas un Robespierre pour appeler ses
sans-culottes à la révolution dans son ex-outre-mer ! Robespierre n'est pas
Algérien ! Le peuple demande simplement un Si M'hamed frère de si Haddad comme
député défenseur de ses droits et de son honneur. Un député tel Hassan Jawhar
du Kuwait qui avait pris la décision de présenter une audition contre la
ministre de l'Education, Mme Nouria al Sabih, pour sauver le secteur de
l'Enseignement. Hélas ! Faut–il avoir une Nouria ministre de l'Enseignement et
un Jawhar peu bavard.
Je prétends ne rien dire et ma plume a noirci
des pages à la poursuite de mon imagination, une imagination libre d'un
éducateur qui a bien appris Rousseau, ses promenades et son Émile.
Les contes des Mille et une nuits font bien
leçon de morale aux mémoires. Ils distinguent entre Sindbad et Hindbad. Sindbad
était seigneur à Bagdad, alors que Hindbad était un pauvre porteur dans les
ruelles commerçantes de Bagdad. La première lettre fait bien la différence des
deux personnages. Chez nous, les Hinbad ont remplacé les Sindbad !
A la manière des contes de Shahrazade au
vieux Shahriar, un élu comte nous raconte. Dans mes rêves, j'ai vu des bouchers
en blouses blanches tâchées de sang en sit-in sur les trottoirs devant un
abattoir. Tracassé par ce rêve choquant, il demanda tout haut à ses collègues
en séance plénière parlementaire : interprétez, mes chers collègues, ce rêve un
peu bizarre. Le rêve de cet élu bizarre me fait penser à l'histoire de
Jean-Pierre Claris de Florian. Le vacher et le garde-chasse, où le jeune Colin
se fait voler les vaches de son père.
Colin part à la chasse pour remplacer un
garde-chasse fatigué, il lui confie la garde des vaches, mais au retour, le
bilan est désastreux : le garde-chasse s'est endormi, son chien a été blessé
par Colin et les vaches se sont envolées. Qu'à chacun son métier, les vaches
seront bien gardées.
Nos députés ou nos sénateurs, voyant les
blouses blanches, ne font pas la distinction entre un boucher et un chirurgien.
Ils confondent hôpitaux et abattoirs. Sous d'autres cieux, les députés ne
rêvent pas abattoir et trottoir, ils font balayer les gouvernements à coups de
balais et frottoirs.
Les chutes des gouvernements imagent bien le
jeu démocratique et non les rêves de messieurs les beaux parleurs - «les
haddars» -. Nos députés aussi bien que nos sénateurs sont incapables de
s'entendre sur une technique démocratique qui nous mène vers un changement
historique paisible et passable. Permettez-moi mes chers amis de vous raconter
une autre belle histoire. La Pulicinella est une marionnette italienne. En
France, elle s'appelle Polichinelle. Mêmes les Allemands ont leur marionnette,
elle s'appelle Hanswurst. En Algérie, nous avons aussi notre marionnette. Elle
s'appelle Boukandja. Cette marionnette nous donne espoir. Elle fait pleuvoir le
ciel quand la sécheresse fait ravage. Boukandja fait rire mes petits enfants
tous les matins avant de partir à l'école.
Ils ont créé cette marionnette. Elle
s'appelle Boukandja. Elle est dotée d'un esprit de conscience. Cet esprit est
perturbant et donne de très bons conseils pour réussir dans le monde des
grandes affaires reliant l'eau à l'oxygène, soleil à la tuyauterie lunaire et
l'électricité d'hydrogène trop cher. Nos héros des rêves sont pleins de
préoccupations tous les jours. Une fois interrogés, ils répondent : nous ne
sommes pas au courant des toutes ces choses. Des choses se passent dans leurs
foyers mais ils ignorent. La petite Boukandja ne parle pas et elle a vu
beaucoup de choses.
Chez Boukandja, la conscience est trop
fragile. Elle est tissée comme une toile d'araignée. Elle tourne comme une
toupie à ficelle quand elle vous parle. Boukandja n'a jamais lu un livre sur
nos victoires. Cette marionnette est temporaire et sans Histoire.
Les héros, créateurs de Boukandja, sont cette
petite ombre cachée qui vit à Genève, Montreux, Montréal, Paris ou au Texas.
Elle est partout et nulle part. Elle suit la bourse et guette le dollar. Une
ombre mobile comme toutes les ombres. Elle guide les foules vers les mirages et
les rêves.
Boukandja agit en âme et conscience ! Cette
marionnette possède une malice aiguë. Avec son «I wanna» je veux et son «I
gonna» je vais, elle impressionne les novices de ce monde. Elle sait même
rouler les R puisqu'elle peut parler espagnol. Elle danse et parle. Elle vous
dit : je suis puissante et elle vous semble qu'elle est intouchable. Elle se
moque de tout le monde, de notre justice et même de nos gendarmes. Elle tient
le ciel et le fait pleuvoir… Sans être interrogée, notre Boukandka s'étonne et
dit : autrefois, on m'a appris une expression: quand il pleut, il faut garder
un pied ici et l'autre là-bas. Aujourd'hui, mes maîtres m'enseignent l'expression
trop à la mode : quand il fait beau les mains ici et les deux pieds ailleurs.
Nos « députas » doivent démystifier cette marionnette et raconter son
l'histoire, s'ils ne veulent pas être ou paraître comme des Gogs bavards ou des
Magog pillards !
Dieu merci ! Nos gendarmes ont plutôt le nez
fin et savent bien que Boukandja a le bras long, elle dance chez nous et ses
ficelles sont tirées ailleurs, quelque part.
A l'école, on apprend à nos enfants : plus
Pinocchio ment, plus son nez s'allonge. Les cache-nez ne coûtent pas chers à
Bab-Azoune, à la Place des Martyrs ou à Bab-Ezzouar. Les cache-nez ne sont
interdits ni par notre justice ni par nos gendarmes. Achetons vite des
cache-nez et cachons nos mensonges. Le jeu de cache-cache est contraire aux
coutumes algériennes. Le nez « le nif », symbole de la fierté, ne doit pas
servir comme affiche pour nos mensonges.
En conclusion : si nous ne reconstruisons pas
les foyers de culture et de création, si nous n'édifions pas une école nouvelle
bâtie sur le socle de la science dont l'armature doit être la raison,
l'intelligence et l'humanisme, si nous n'échafaudons pas une armée forte et
moderne, si nous n établissons pas une justice solide et indépendante, nous
resterons rivés à jamais dans ce quart-monde agonisant, en marge de l'Histoire
et deviendrons l'homme malade des nations.
En fin de compte, le peuple, c'est nous tous
avec nos gendarmes ! Vive le Peuple et gloire à ses Martyrs.
* Professeur
Associé - Génie des procédés
-
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Omar Chaalal*
Source : www.lequotidien-oran.com