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Pierre Chevalier. PDG de Linde Gas Algérie : «Une nouvelle unité de gaz de l'air en octobre»



Pierre Chevalier. PDG de Linde Gas Algérie : «Une nouvelle unité de gaz de l'air en octobre»
-Vous envisagez d'ouvrir une nouvelle unité de production de gaz médicaux à Reghaïa, pouvez-vous nous en parler '
Nous nous apprêtons à mettre sur pied une nouvelle unité de gaz de l'air (l'azote, mais surtout de l'oxygène médical) d'une capacité de 100 tonnes/jour. Cette unité est en cours de réalisation à Reghaïa (Alger) et devrait être livrée fin octobre ou début novembre de cette année. La production de cette nouvelle unité devrait satisfaire tous les besoins du marché algérien, hôpitaux et cliniques. Nous tenons à ce qu'il y ait, au niveau de cette nouvelle unité, un énorme réservoir d'une capacité de 1,5 million de litres d'oxygène liquide.
Ce réservoir nous permettra de disposer de stocks suffisants en mesure de nous éviter un quelconque problème relatif à l'approvisionnement des hôpitaux et cliniques en matière d'oxygène liquide. Nous disposons actuellement d'une unité identique à Hassi Messaoud, tandis qu'une seconde, mais de capacité moindre, est située à Skikda. Une troisième, dont le niveau de production équivaut à un tiers de la nouvelle unité de Reghaïa, est actuellement en service à Arzew. La mise en place de cette nouvelle unité de production à Reghaïa tend à rassurer nos partenaires quant aux engagements que nous avons signés en matière d'approvisionnement en gaz médicaux, mais aussi redire notre ambition d'investir à court terme pour le marché algérien et à moyen terme pour l'exportation.
-Vos engagements contractuels en matière d'investissement seront-ils honorés à la faveur de celle nouvelle unité '
Linde Gas s'est engagé à investir 50 millions d'euros sur cinq années et, lorsque nous arriverons à fin 2012, nous aurons investi environ 70 millions d'euros. C'est-à-dire que nous serons tout compte fait bien au-delà de ce qui a été prévu. A fin 2011, nous étions à 43 millions d'euros en matière de dotations financières destinées à l'investissement, auxquels s'ajouteront 30 millions d'euros destinés à financer la réalisation de la nouvelle unité.
Mieux encore, nous avons lancé d'autres investissements dont la finalité est d'augmenter nos capacités de production, notamment au niveau de l'unité de Hassi Messaoud. Nous envisageons, à ce propos, de produire des quantités supplémentaires d'azote. Quant à l'oxygène que nous livrons en liquide ou en bouteille, nous avons 10 unités de conditionnement d'oxygène médical réparties à travers le pays. En clair, la nouvelle unité de Reghaïa vise à satisfaire le marché national en gaz médicaux, tandis que l'unité de Hassi Messaoud va augmenter les quantités d'azote pour les pétroliers, mais aussi la production d'oxygène pour que nous puissions investir dans l'exportation à terme. Nous travaillons aussi sur un autre investissement qui consiste à mettre sur pied une unité de production de gaz carbonique (CO2) pour approvisionner les unités de dessalement d'eau de mer. Il s'agira d'une unité bien plus importante que celle dont nous disposons actuellement, puisqu'elle devrait approvisionner les marchés algérien, tunisien, libyen et marocain, lorsque ce dernier sera ouvert.
-Cette nouvelle unité de Reghaïa est destinée donc à se prémunir d'un quelconque déficit qui pourrait surgir à l'arrêt d'une des unités de production'
Avec cette nouvelle unité, nous allons augmenter le taux de production de 50%. Les investissements qui se font sur l'unité de Hassi Messaoud devraient hisser la production à l'avenir d'environ 50%. Nous disposons actuellement de 4 unités de production et 10 unités de conditionnement réparties dans l'est, l'ouest et le centre du pays. La production de gaz médicaux se concentre au Centre. Avec la nouvelle unité de Reghaïa, nous voulons disposer d'un volume de stockage plus important à même d'appuyer la production journalière destinée à satisfaire les besoins quotidiens du marché. Le stock étant plus important, cela nous permettra d'arrêter des unités de production pour la maintenance préventive, en vue d'entretenir l'appareil de production. L'évolution de la production répond également au souci de suivre l'évolution de la population et le nombre des structures de soins.
L'Algérie doit être également un pays exportateur en dégageant des surplus de production vers l'export. L'Algérie doit être le centre du Maghreb en matière de production de gaz médicaux. Nous fabriquons aujourd'hui l'oxyde d'éthylène utilisé dans les stérilisations qui était jusqu'ici importé par l'Algérie. C'est dire que notre priorité première est de couvrir tous les besoins nationaux. Notre capacité de production est telle, aujourd'hui, que nous disposons de capacités de dégager des quantités vers l'exportation à destination de la Tunisie dans un premier temps. Nous couvrons les besoins nationaux à plus de 100%. Notre objectif est de sécuriser le marché et ses besoins.
-Reghaïa devrait donc vous éviter un remake de la pénurie récemment ressentie au niveau de certaines structures de soins'
La pénurie qui a été ressentie récemment était en relation avec les opérations de maintenance préventive que nous faisons annuellement. Pendant ce temps consacré à la maintenance, il y a mécaniquement une réduction de la production. Avec cette nouvelle unité en construction à Reghaïa, le but est de disposer d'une importante capacité de stockage à même de nous éviter les réductions de production ressenties durant les opérations de maintenance. Les stocks de 1,5 million de litres d'oxygène liquide nous donneront une autonomie de 10 semaines durant lesquelles les opérations de maintenance peuvent être effectuées. Nous sommes les seuls autorisés par la direction de la pharmacie du ministère de la Santé à vendre des gaz médicaux liquides et gazeux.
-Y a-t-il d'autres investissements prévus par Linde Gas Algérie à court et à moyen termes '
A cette nouvelle unité de Reghaïa s'ajoutera une unité de fabrication de gaz carbonique que nous espérons faire démarrer vers 2013 ou 2014, ainsi que le liquéfacteur de Hassi Messaoud à l'horizon 2016 ou 2017. Il faut dire que chacune des unités de production coûte 30 millions d'euros, tandis que les unités de conditionnement coûtent dans les 10 millions d'euros. Nous allons travailler ensuite, vers 2020, sur une nouvelle unité de gaz de l'air sur Arzew. Aujourd'hui, nous travaillons sur la modernisation des 10 unités de conditionnement et sur la mise en place d'une logistique pour pouvoir livrer ces produits au client. La logistique était sous-traitée jusqu'à l'année dernière. Depuis, nous nous sommes dotés de camions et nous avons recruté le personnel de transport et d'acheminement pour renforcer cette logistique.
-Vous avez comme nouvel actionnaire Sonatrach depuis quelques semaines. Avez-vous déjà arrêté des projets en commun '
En effet, Sonatrach est notre partenaire. Elle détient 34% des actions, les 66% restants appartiennent à Linde AG. Nous avons l'ambition d'être partenaire de Sonatrach dans tous les projets relevant des gaz industriels.


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