Vingt-deux jours se sont déjà écoulés depuis l'ouverture officielle du marché hivernal des transferts et le rush annoncé n'a pas (encore ') eu lieu.
Tous ceux qui suivent avec intérêt ce qui se déroule sur la scène footballistique nationale ont certainement remarqué la tiédeur de ce mercato qui tarde à s'enflammer.
Calendrier oblige, il ne fallait assurément pas s'attendre non plus à cette effervescence qui caractérise le traditionnel marché estival.
Mais le constat est là : trois semaines après le début de la seconde période d'enregistrement des licences, le mouvement des joueurs n'a que très peu bougé. L'une des raisons principales du timide va-et-vient interclubs est surtout liée à l'offre dérisoire que propose justement ce marché hivernal des transferts. Ils sont très peu nombreux ces joueurs libres de tout engagement. Et qui dit raréfaction de solutions de rechange, dit automatiquement baisse du nombre de demandes.
Ce qui a contraint certaines grosses cylindrées nationales, à l'image du Mouloudia d'Alger, à faire dans le vide-grenier en favorisant le recrutement de joueurs libérés par d'autres équipes au motif que 'même s'ils n'ont pas donné satisfaction ailleurs, ils vont retrouver une seconde jeunesse et exploser au Doyen'.
Cette manière d'agir qui tend à se banaliser, tout comme celle de recruter en faisant son marché dans les divisions inférieures, alors que les besoins du club sont ailleurs, dénotent, en fait, un manque flagrant et surtout pénalisant d'une véritable culture du mercato ! Les démarches commerciales des présidents et autres managers chargés du recrutement se limiteraient, donc, à ce faible niveau de marketing sportif, autrement dit à engager des éléments libérés par leurs homologues sans pour autant faire dans 'le recherché' ou 'le ciblé' qui serait alors dicté par des besoins précis dans un poste ou un compartiment tout aussi précis. Or, ce ne sont pas les déclarations des entraîneurs responsables techniques qui manquent à propos d'un' manque qu'ils auront constaté dans leurs effectifs respectifs. Mais au lieu de provoquer l'offre en formulant des demandes claires, quitte à faire bouger un petit peu plus ce marché dans lequel on tendrait même à s'endormir et à faire réfléchir les 'propriétaires', nos présidents de club préfèrent pérenniser cette monotonie ambiante. Exception faite peut-être du président du Mouloudia d'Oran, Youssef Djebbari, qui a affirmé dans une de ses déclarations 'avoir mis de côté vingt-cinq millions de dinars pour pouvoir recruter durant ce marché hivernal les éléments susceptibles d'aider le MCO à éviter une relégation qui semble pour beaucoup inéluctable', l'on n'a d'ailleurs pas vu ses alter ego de la Ligue 1 évoquer le terme 'budget du mercato'. Cela même si, concrètement, cette déclaration prend surtout des allures d'actes manqués, puisque le PDG du club d'El-Hamri n'a, jusqu'alors, pas montré aux joueurs qu'il souhaitait recruter la couleur de son argent, encore moins à ses joueurs en mal de patience, comme pour rallonger la déjà très longue liste des erreurs de management des patrons des clubs professionnels. Et sur ce point précis, ce ne sont pas les exemples qui manquent. à l'instar de l'USM Alger, qui préfère garder sur le banc des valeurs sûres comme Mohamed Boualem, Salim Boumechra ou Feham Bouazza, qui feraient le bonheur de n'importe quel autre club de la Une, au lieu de chercher à les transférer et à profiter des éventuelles dividendes de la transaction pour s'assurer les services d'un défenseur central de qualité dont les Rouge et Noir ont grandement besoin. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'USMA qui ne manque aucunement de deniers n'a fait aucune offre à son voisin du Nasr d'Hussein Dey qui s'apprête pourtant à vendre son longiligne défenseur international olympique Benlamri. Une proposition de rachat du contrat de Benlamri aurait certainement donné à réfléchir à la direction nahdiste qui demeure, d'un côté, en besoin pressant d'argent pour couvrir la seconde moitié de la saison et permettrait, d'un autre côté, à l'USMA de dispenser son milieu de terrain à vocation défensive, Khoualed, de faire l'ingrate tâche de dépanner dans l'axe de la défense. La JSK fait même office d'exception actuelle en la matière en allant taper à la porte du Chabab Aurésien de Batna pour tenter de s'offrir l'attaquant international Bouchouk, qui s'est finalement avéré un peu plus onéreux que prévu pour la bourse kabyle. à voir comment les grands d'Afrique 'uvrent en matière de recrutement comparativement à nos grosses cylindrées nationales, on comprend mieux pourquoi aucun club algérien n'arrive à faire bonne figure dans la si exigeante Champions League africaine. à ce sujet, l'Espérance de Tunis n'a pas hésité à casser sa tirelire et à mettre sur la table presque dix milliards pour enrôler Yannick N'Djeng et dessiner les contours d'un recrutement spécialement étudié pour permettre aux Sang et Or de monter sur le toit du continent et de brandir la si convoitée C1.
Le jour où nos présidents de club comprendront la finalité d'un marché hivernal des transferts, qui n'a rien d'un souk pour faire plaisir aux supporters, mais bel et bien une opération commerciale et financière étudiée à l'avance, l'on devrait enfin assister à un nouvel essor du football algérien interclubs. Pas avant.
R. B.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rachid BELARBI
Source : www.liberte-algerie.com