Il y a d'un côté l'OPEP, représentant les pays exportateurs, l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), défendant les intérêts des pays industrialisés et un marché pétrolier qui fait tourner les affaires des grands fonds d'investissements américains et européens. Cette logique ou cet équilibre entre l'offre et la demande pétrolière, accepté jusque-là du bout des lèvres par les grands pays industrialisés, a volé en éclat dès lors que les prix du brut ont passé la barre des 100 dollars le baril. L'ordre a changé, et même s'il n'y a pas eu de choc pétrolier majeur ces derniers mois avec la crise économique américaine, les pays industrialisés multiplient, actuellement, les appels aux pays producteurs, notamment ceux de l'OPEP, pour une augmentation de l'offre de brut sur le marché. Mais, l'appel est ?''nuancé'', mené avec diplomatie, particulièrement par l'AIE devenue un véritable porte-parole des pays industrialisés. Hier à Alger, le directeur exécutif de l'AIE, M. Nobuo Tanaka, a préconisé ni plus ni moins qu'une ?''révolution énergétique globale» pour remodeler en profondeur les habitudes de production et de consommation de l'or noir. «Nous avons besoin d'une révolution énergétique globale pour changer la façon de produire et d'utiliser l'énergie», a-t-il lancé aux cadres du ministère algérien de l'Energie et des Mines. En fait, son passage à Alger aura été une autre occasion pour le directeur exécutif de l'AIE de réitérer l'appel des pays consommateurs quant à un relèvement de l'offre OPEP et l'injection de plus d'investissements pour augmenter les capacités de production de l'organisation.
Selon M. Tanaka, il faut «plus d'investissements dans le domaine de l'énergie, plus d'efficacité énergétique de la part des pays consommateurs, plus de diversifications des ressources énergétiques et plus de transparence» dans les marchés pétroliers. Il a également, et dans la foulée, appelé les pays producteurs à augmenter leurs investissements pour faire entrer en production les nombreux gisements non encore exploités, et recommandé plus de transparence sur les marchés pétroliers par l'échange des données notamment sur les stocks pétroliers, rappelant l'importance de l'Initiative conjointe pour les données pétrolières (JODI), lancée en 2001 par six organisations pétrolières et de statistiques, dont l'AIE, l'Opep et le Forum international de l'énergie. Pour le responsable de l'AIE, ?''le marché pétrolier restera «très volatile» en 2008'', en raison notamment de «la spéculation, la dépréciation du dollar, les risques géopolitiques et la forte demande émanant des pays émergents comme la Chine et l'Inde». Mais, certaines ?''recommandations'' du directeur exécutif de l'AIE ont été battues en brèche par le représentant algérien au sein de l'OPEP, qui a réitéré le fait que le marché est bien approvisionné, et que les pays membres de l'organisation ne peuvent consentir de lourds investissements pour augmenter l'offre-OPEP quand les analystes tablent sur une baisse de la demande dans les prochaines années. L'OPEP a révisé, hier, ses prévisions de hausse de la demande de brut dans le monde à 1,20% en 2008 contre une précédente estimation de 1,28% en raison de la cherté du pétrole et de la crise économique mondiale. Pour 2009, l'Organisation pétrolière table sur une hausse de la demande de brut de 1,03%. «La croissance de la demande de brut dans le monde a connu une forte hausse lors des 20 dernières années (...). Cependant la nouvelle structure des prix et le ralentissement de l'économie mondiale ont contribué à peser sur la croissance de la demande de brut dans de nombreuses régions», a souligné l'Opep dans son rapport de juillet publié à Vienne. Le niveau élevé des prix de détail et la crise économique ont particulièrement affecté la demande de brut des pays industrialisés cette année, selon le rapport qui s'attend à la poursuite de cette situation. Hier, les prix pétroliers étaient proches des récents records historiques, dopés par la rechute du dollar sur le marché des changes et les craintes persistantes sur les approvisionnements. A Londres, il atteignait 145,31 dollars, en hausse de 1,36 dollar par rapport à la clôture de lundi soir, et à New York, le baril s'échangeait en hausse de 1,21 dollar, à 146,39 dollars.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Babès
Source : www.lequotidien-oran.com