
La dernière journée dédiée au cinéma engagé qui s'est déroulée à la Cinémathèque d'Alger a été marquée par la projection, lundi dernier, du film documentaire Persona non gratta d'Oliver Stone réalisé en 2003. Durant plus d'une heure, le réalisateur américain entraîne le cinéphile, dans le style du road movie, au c'ur de la situation explosive et inextricable du conflit israélo-palestinien. Accompagné de son équipe de tournage, Oliver Stone ambitionnait au départ de rehausser son documentaire par un long entretien avec le défunt Yasser Arafat, président de l'Autorité palestinienne de 1994 à sa mort en 2004, chef charismatique du mouvement Fatah. Finalement, la rencontre se résumera à une poignée de main et à un court échange de courtoisie.Malgré cela, le réalisateur s'attellera à tenter de délier les fils de cette situation enchevêtrée à travers de nombreux échanges avec des Palestiniens et des Israéliens, qu'ils soient de simples anonymes ou des personnalités marquantes dans l'histoire de ce conflit. Du côté palestinien, le réalisateur recueillera les propos de Hassan Yousef, porte-parole du Hamas, mouvement de résistance islamique palestinien, aujourd'hui majoritaire dans le gouvernement palestinien. Il interviewera également des membres des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, groupe armé palestinien lié au Fatah de Yasser Arafat. Le documentaire présentera aussi d'autres témoignages poignants de simples Palestiniens, comme cette femme éplorée qui dénonce la situation dont sont victimes les Palestiniens. Même les vieux, les femmes et les enfants n'échappent pas à la persécution israélienne. Ce témoignage est suivi par un plan traveling de jeunes enfants palestiniens qui courent innocemment dans les ruelles. Des jeux qui apparaissent comme un pied de nez à cette oppression qui les prive de la moindre parcelle de liberté.Du côté israélien, le réalisateur américain réussira à faire parler trois anciens Premiers ministres, en l'occurrence Ehud Barak, Premier ministre d'Israël de 1999 à 2000, représentant d'Israël au sommet de Camp David en 2000 ; Benyamin Netanyahou, Premier ministre d'Israël de 1996 à 1999 et Shimon Peres, prix Nobel de la Paix, et deux fois Premier ministre d'Israël de 1984 à 1986 et de 1995 à 1996.Il est à noter le style particulier de ce documentaire, auquel Oliver Stone a réussi à donner un véritable cachet artistique, tel un baume à cette situation absurde qui prend en otage tout un peuple qui ne demande que de vivre en paix et en liberté sur ses terres spoliées grâce à des man'uvres politiciennes et dont il paye le prix du sang depuis plus d'un demi-siècle.Ainsi, à travers l'enchaînement rapide des plans et des travellings, une photographie stylisée et même le fait d'apparaître lui-même et son équipe dans le film documentaire pour soulever les difficultés du tournage, Oliver Stone offre un film documentaire dense et hors du commun qui illustre avec acuité une situation marquée par l'impossibilité du dialogue entre les deux parties, une situation ubuesque dont les répercussions locales et internationales sont hélas toujours d'actualité portant en elle le goût de cendre et du sang des martyrs, et des innocents abreuvant sans cesse cette terre sacrée .
S. A.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sihem Ammour
Source : www.latribune-online.com