
En ce quatrième jour du Ramadhan, les magasins d'alimentation générale ne proposent plus de lait en sachet. Les consommateurs, ne voyant pas les caisses de sachets de lait à l'entrée des épiceries, posent la question à l'épicier sans même y entrer. La réponse est non !Mounira Amine-Seka - Alger (Le Soir) - Le plus souvent, ce sont les femmes qui font les courses et elles sont nombreuses, chaque matin, à se rendre chez l'épicier du coin. «Quand celui-ci n'en vend même pas sous le comptoir, c'est qu'il n'y a pas eu de distribution», confie un vieux monsieur, avec un sac vide à la main.Les consommateurs se rendent alors aux épiceries ou magasins d'alimentation générale du quartier voisin, parfois même dans une tout autre commune pour tenter de mettre la main sur ce liquide qui se fait de plus en plus rare.Cet aliment qui «me permet de remplacer un repas pour mes enfants, quand je ne peux m'offrir que ça, je suis contraint de me rabattre sur le lait de vache dont le prix est de 50 DA, cela m'oblige à tricher et d'y ajouter un peu d'eau pour que ça suffise à mes 5 enfants». Beaucoup de clients présents ont confirmé qu'ils passent à la moitié de la quantité qu'ils achetaient avant, au vu du prix de lait de vache qui coûte le double. Aussi, «d'autres clients, mais très rares, se rabattent sur les laits en poudre, notamment ceux de fabrication algérienne qui coûtent moins cher que les marques étrangères».Ce lait en poudre vaut 380 DA les 500g, soit, le prix de 15 sachets. Seulement, «ces 500g partent plus vite que les 15 sachets que j'avais pour habitude d'acheter», confie un monsieur, venu en acheter. «Nous ne savons plus à quoi faire face, tout devient de plus en plus cher. Si cette année on nous a permis d'avoir accès à des légumes et fruits moins chers que les années précédentes, ils nous obligent à mettre le paquet sur le lait. Comment vont faire les familles nombreuses dont le revenu est plus que faible '» Quant aux familles nécessiteuses qui bénéficient des colis alimentaires, durant le mois de Ramadhan, elles n'ont le droit qu'à deux boîtes de lait en poudre par colis alimentaire.Mustapha Zebdi, président de l'Association de protection et orientation du consommateur et son environnement, (Apoce), a déclaré au Soir d'Algérie qu'«au vu des données contradictoires et des chiffres qui se heurtent, que ce soit par rapport à la matière première qu'est la poudre de lait ou au taux de production et de distribution, il est impératif de faire un état des lieux correct. D'un côté, l'Office national interprofessionnel du Lait et produits laitiers, ONIL, assure qu'aucune baisse n'a été relevée concernant les quantités de poudre de lait. Seulement, les laiteries privées parlent d'une baisse de 10 à 20% des poudres, selon l'enquête de l'Apoce».Selon M. Zebdi, il y aurait un maillon défaillant dans la chaîne de distribution, que ce soit au niveau de l'approvisionnement des laiteries en poudre de lait, ou au niveau de la désignation des quotas de lait par région. «Sinon, comment expliquer que les laiteries publiques travaillent à 100% de leur capacité, alors que les laiteries privées ne produisent qu'à hauteur de 20%'», ajoutant que si les autorités veulent véritablement se pencher sur la question et mettre la lumière sur ce mystère que personne n'arrive à élucider, l'Apoce est prête à apporter son aide, afin que le consommateur puisse enfin connaître le pourquoi des choses.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M A S
Source : www.lesoirdalgerie.com