
Les prix du ciment ne cesse d'augmenter, passé de 550 DA à 950 DA le sac de 50 kg, soit plus de 550 DA par rapport au prix d'usine, selon des revendeurs et des promoteurs immobiliers. " Il y a un déséquilibre flagrant entre l'offre et la demande.En plus, les cimenteries ont rajouté 30 DA suite à la hausse des carburants depuis le 1er janvier ", a-t-on constaté chez un revendeur des matériaux de construction à Chéraga, dans la banlieue ouest d'Alger.Selon un responsable chez Batistore, un supermarché des matériaux de construction, filiale du groupe Lafarge les prix du ciment n'ont augmenté que de 20 DA le sac de 50 kg.Par ailleurs, à la sortie d'usine, le sac de ciment de 50 kg est facturé à 400 DA. Un prix auquel il faut ajouter 40 DA de marge pour le grossiste et 60 pour le détaillant, soit un prix de vente de 500 DA. Or, en réalité, ce prix n'est jamais pratiqué, et même chez le détaillant (et le prix négocié pour une grande quantité de 200 sacs), il ne peut en aucun cas descendre en dessous de 800 DA, soit un plus de 300 DA, alors que pour des bricoles nécessitant seulement quelques sacs, le prix est non négociable, 950 DA, à prendre ou à laisser !" "Mais le plus grave dans cette pénurie volontaire est que des réseaux se redéployent actuellement afin de revenir à des activités de conditionnement mais en trichant sur le poids. Même si les cimenteries publiques et privées du pays produisent annuellement quelque 18 millions de tonnes de ciment, cela n'est pas suffisant puisque les besoins du marché national sont estimés à plus de 22 millions de tonnes, soit plus de 4 millions de déficit. Ainsi le gouvernement s'est engagé dans sa politique de réduire les importations des produits de construction, d'ailleurs la quantité des ciments importés a baissé passant à 1,855 million de tonnes contre 1,917 million de tonnes (-3,23%), La facture des importations des ciments a atteint 138,29 millions usd contre 174,61 millions usd (-20,8%).Encouragé par le climat sec, les chefs de projets ont doublé le travail sur les chantiers, ce qui a provoqué une forte demande sur les produits de constructions. En effet la décision du gouvernement de geler les importations du ciment et du rond à béton, la hausse des prix des carburants, est l'origine de la forte hausse des prix de ces deux produits, indispensables dans le BTP.La montée en flèche du prix du ciment n'épargne aucune wilaya du pays, signale-t-on. Pour Kamal M., un entrepreneur activant dans des projets de logements publics, " la hausse des prix a été également favorisée par la diminution de la production de la cimenterie de Oued Sly (Chlef) " a-t-il dit.Le président de l'Association générale des entrepreneurs algériens (Agea), Mouloud Khelloufi, confirme la flambée des prix du ciment. Inévitablement, cette situation a créé une nouvelle crise dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Au-delà des problèmes récurrents des arrêts techniques des usines de ciment ou de baisse de leur production, pour de nombreux entrepreneurs, le mal se situe ailleurs : "Ce sont les spéculateurs et les nombreux intermédiaires qui contrôlent la distribution et qui agissent sur les prix." Même si leurs agissements ont été dénoncés antérieurement, ils opèrent toujours sans être inquiétés. "Leur seul objectif est de fructifier leurs bénéfices au détriment de l'intérêt national", nous indiquent quelques opérateurs qui dénoncent "le manque de scrupules de certains entrepreneurs qui, munis du registre du commerce, achètent des quantités considérables de ciment pour en revendre une partie sur le marché parallèle, sans se soucier de l'équilibre en matière des prix".Les professionnels du secteur tirent la sonnette d'alarme sur cette situation qui a tendance à se répéter. "Les quantités importées sont insuffisantes", nous a indiqué le président de l'Union nationale des entrepreneurs du bâtiment (Uneb), Ahmed Bengaoud.Lorsqu'une usine arrête sa production ou la diminue, les spéculateurs de tout genre et leurs supplétifs accueillent ce type d'événement avec enthousiasme. "Cela leur donne une nouvelle occasion d'engranger les gains", expliquent les promoteurs du secteur. Cette situation n'a pas manqué de se répercuter sur le rythme de réalisation des constructions individuelles, dont la construction se fait au ralenti.Pour rappel, en 2014, l'Algérie a importé 5,72 millions de tonnes de ciment, en hausse de près de 30% par rapport à 2013 (4,43 millions de tonnes), selon le Centre national de l'informatique et des statistiques des douanes (Cnis). Afin de limiter les importations du ciment, les pouvoirs publics ont entamé la réalisation de nouvelles cimenteries qui devraient permettre de combler un déficit de plus de quatre (4) millions de tonnes/an dans un marché en pleine expansion.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hamza Belaidi
Source : www.lemaghrebdz.com