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Pédophilie, la face cachée de certains gardiens d'école



Pédophilie, la face cachée de certains gardiens d'école
L'agression sexuelle dont a été victime, dimanche dernier, une élève de 7 ans à l'intérieur de l'école primaire Boucherit-Abdelkader, dans la willaya de Béjaïa, n'est ni la première, ni sans doute la dernière. En effet, les crimes de pédophilie dont se sont rendus coupables des fonctionnaires des établissements scolaires, en particulier les gardiens, ont pris d'inquiétantes proportions au regard des nombreux cas signalés par les services de sécurité durant les neuf premiers mois de l'année en cours, notamment à Alger, Bouira, Tipasa, Oum El Bouaghi, Batna et M'sila.Les victimes sont des élèves du cycle primaire en majorité, notamment des classes préparatoires. Les plus exposés aux violences sexuelles à l'intérieur de l'école sont les garçons du primaire et les filles du cycle moyen et secondaire. Ces élèves constituent une proie facile pour les pédophiles du fait qu'ils ne sont pas conscients de la gravité des faits, vu leur jeune âge. En outre, des agressions ont été enregistrées dans des CEM à l'exemple du cas d'un élève de 13 ans dans un CEM à Sétif. L'auteur est le gardien de l'établissement, un père d'une petite fille. Les rapports des services de sécurité évoquent le chiffre noir dans cette forme de criminalité. « Plusieurs parents étouffent ces affaires et ne déposent pas plainte au niveau des commissariats de police ou brigades de la Gendarmerie nationale. Certains d'entre eux ont changé d'établissements scolaires à leurs enfants victimes, sans procéder à une action judiciaire », a précisé un officier de la brigade de la protection des mineurs de la GN.Des enquêtes ont fait ressortir l'implication de gardiens mais également de cadres au niveau des établissements. « Des enseignants, des surveillants, des encadreurs et même des directeurs d'école sont impliqués dans des agressions sexuelles contre leurs élèves », a précisé notre source. Les écoles privées ne sont pas à l'abri de ce phénomène. Un cas a été signalé dans une école privée à Bordj El Kiffan, où un enseignant a abusé d'un élève de 6 ans. Des agressions sexuelles « collectives » ont été constatées dans plusieurs établissements scolaires, notamment au Sud où sept élèves âgées entre 10 et 12 ans ont été victimes d'un enseignant pédophile.Des gardiens soumis à des tests psychologiquesLes agents de sécurité ou les gardiens sont recrutés par les APC. Malheureusement, la majorité des APC ne respectent pas les règles et les conditions de recrutement, notamment l'enquête d'habilitation. Le P/APC d'Alger-Centre, Abdelhakim Bettache, est formel sur cette question. « Il s'agit de la sécurité et de la protection des enfants. Au niveau de notre commune, tout agent est soumis à une période d'essai de trois mois mais le plus important, c'est que toute recrue fait l'objet d'une enquête d'habilitation, parce qu'il s'agit d'un poste extrêmement important et sensible. Cette année, vu les cas de violence à l'égard des enfants, j'ai instruit le directeur des ressources humaines pour soumettre tous les gardiens au test psychologique comme mesure préventive », a-t-il annoncé. Plusieurs jeunes repris de justice ont été recrutés comme agents de sécurité dans des écoles primaires, dans le cadre du programme d'insertion sociale des détenus. Pour le P/APC d'Alger-Centre : « C'est l'enquête d'habilitation qui déterminera le sort des agents recrutés. Ils sont maintenus dans leurs postes, ou on procède à leur transfert à d'autres postes. »« Il faut revoir le système de recrutement »En ce sens, le président de l'Association nationale des parents d'élèves, Ahmed Khaled, a plaidé pour « revoir le système de recrutement du personnel exerçant dans les établissements scolaires, notamment les écoles primaires où les élèves sont sujets à toutes formes de violence. » Le responsable est allé jusqu'à dire que des repris de justice, des délinquants et même des malades mentaux sont recrutés comme gardiens dans des écoles primaires, « juste pour les recaser alors qu'ils constituent un danger du fait qu'ils sont en contact permanent avec les enfants ». Le président de l'association a lancé un appel urgent au ministre de l'Education, Nouria Benghebrit, pour intervenir et déterminer dans une instruction commune avec le ministère de l'Intérieur les critères de recrutement des gardiens et même des concierges « qui font un double rôle et s'adonnent même à la commercialisation des psychotropes », a-t-il ajouté. Ahmed Khaled a fait savoir que cette question a été au menu de la rencontre de son association avec la ministre de l'Education, en juillet dernier. « On a insisté sur la formation des gardiens qui doivent avoir un certain niveau, notamment de l'éthique de l'éducation. Des agents consomment de la drogue et des boissons alcoolisées. Ils sont un mauvais exemple pour les élèves », a-t-il déploré.Plus de 1.000 cas en une annéePour sa part, le Réseau algérien pour la défense des droits de l'enfant (NADA a organisé des journées de sensibilisation dans les écoles sur le sujet, selon la chargée de communication, Hakima, qui a affirmé que le réseau a traité des cas d'agressions ou de tentatives. « 1.125 cas de violences et d'agressions sexuelles sur mineurs ont été traités par Nada durant la période allant de mai 2015 à mai 2016 dont des cas commis à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement scolaire », a-t-elle précisé. Ces affaires sont prises en charge par la juriste du réseau. L'auteur du crime n'était autre que l'agent de sécurité ou le gardien de l'établissement scolaire, la trentaine, marié et père de famille.
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