Alger - Revue de Presse

Pays-Bas Un Algérien décède dans un navire-prison



Karim, un jeune Algérien, vraisemblablement originaire d'Alger, est mort sur « Bibby Stockholm » un navire-prison aux Pays-Bas, durant la nuit du 2 au 3 février courant. Son décès allait passer inaperçu si ses co-détenus n'ont pas alerté Kristina van velzen, une députée du parti SP qui a alerté à son tour l'opinion publique, et un appel a été lancé par le groupe anarchiste anti-déportations Utrect (AAGU) pour un grand rassemblement aujourd'hui dans la capitale économique néerlandaise, Rotterdam. Les témoins ont raconté que Karim était souffrant suite à un malaise cardiaque et tous leurs appels en direction des gardiens n'ont reçu aucun écho. Ces gardiens ne se sont limités à ne lui administrer que du sirop contre la toux. Abandonné, Karim rendit l'âme deux heures après, sous les yeux de ses camarades prisonniers et en dépit des nombreux appels pressants, les gardiens n'ouvrirent les portes pour retirer le corps inerte du défunt qu'après deux autres longues heures. La nouvelle s'est répandue et la député SP ne pouvait rester indifférente en interpellant sur cette mort la secrétaire d'Etat à la justice et chargée de la politique des étrangers, Mme Albayrak. Cette dernière ne donnera sa version des faits et sa réponse que dans une dizaine de jours. Ce drame vient, une nouvelle fois, poser sur la scène publique, la question de l'humanisation des prisons et de l'amélioration des conditions carcérales en Europe, avec l'exigence faite de disposer même au sein des navires-prisons d'un infirmier et d'un médecin pour une couverture médicale, une disposition fortement exigée à la fin du mois écoulée par le comité pour la prévention de la torture du conseil de l'Europe (CPT). Ce qui vient de se passer sur le Bibby Stockholm est une preuve que la recommandation du CPT est restée lettre morte. Pire encore, au vu des conditions inhumaines observées sur ces prisons flottantes et qui rappellent étrangement les cargos dans lesquels étaient déportés les sujets de colonies vers Cayenne ou la Nouvelle Calédonie, le personnel chargé de la surveillance des détenus appartenant au Groupe 4 Securicor, une entreprise spécialisée dans le domaine, n'a reçu aucune formation préalable spécifique et ne possède aucune connaissance en matière de communication avec les prisonniers. Ces gardiens, dans leurs relations avec les détenus, n'usent généralement que de la force pour s'imposer et ne répondent à aucun SOS. Le cas de Karim n'est pas le seul et, dans le passé, 11 personnes ont péri dans des conditions déplorables au centre de rétention de Schiphol. D'autres, par contre, ont préféré la mort que d'être embarqués dans ces espaces de la mort. En somme, il s'agit du vrai visage de cette Europe que ses gouvernants veulent transformer en véritable forteresse impénétrable aux jeunes de pays autrefois colonisés. En revanche, pour les besoins de leurs économies, ils ont fait appel à cette force de travail à bon marché. Ils ont aussi enrôlé ces « indigènes » pour venir à bout des forces nazies.
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