Donner une seconde vie à une histoire, à des livres abandonnées : Véronique Lagny et Sadia Tabti testent leur atelier au Panaf et récidiveront au Salon du livre cet automne. « Faire appel à son imaginaire, se créer un monde où le rêve existe, car une vie sans rêves est une vie sans avenir' Cette activité permet à chacun de s'évader du quotidien, de s'autoriser à voyager un moment, de raconter sa propre histoire. »
Véronique Lagny et Sadia Tabti ont animé la semaine dernière un atelier très spécial à la librairie Mille-Feuilles à Alger. Ces passeuses de livres récupèrent en fait des ouvrages abandonnés par leurs propriétaires (libraires, éditeurs') afin de raconter une autre histoire et de se réapproprier le livre, pour que la vie de celui-ci ne s'arrête pas. Pour ce faire, elles recourent au collage, dessin, notes, croquis, peinture, écriture ou poésie. Ce jour-là, le thème choisi était le Festival panafricain. Un public d'intellectuels et d'artistes (Rabah Lechea, Flora, Hassan Zerrouki') ou de gens simplement poussés par la curiosité est venu à la rencontre des artistes pour découvrir et comprendre leur démarche. Sadia et Véronique expliquent que cette activité livresque n'est pas simplement liée au Panaf. D'autres livres détournés ont en effet déjà été réalisés sur les thèmes : « Contes et légendes » et « Festival racont'arts ». Mais le Festival panafricain est apparu comme une occasion de rendre hommage à l'Afrique, tout en présentant leur activité artistique.Il s'agit de faire participer le public. Celui-ci peut mettre son empreinte sur le livre détourné, un coup de peinture, un collage, ou qu'importe' L'essentiel est de laisser s'exprimer sa créativité. Les deux artistes insistent sur le fait que chacun est libre de se réapproprier un ouvrage pour lui insuffler une nouvelle vie. Sadia ajoute : « Tout en collant, dessinant, peignant, collectant des papiers, des images, j'invite le lecteur à y entrer, y cheminer et à y découvrir à travers la beauté, la gravité, les regards, les engagements, les rencontres, les paroles. » Le « livre détourné » s'apparente ainsi à un objet d'art et de mémoire. Une femme parmi le public manifeste son enthousiasme : « Ca m'a beaucoup plu, c'est vraiment très beau. » Les gens, souvent surpris par la nature de l'atelier, repartent conquis par cet espace qui laisse place au rêve. Les livres, parés de couleurs, d'images, de nouveaux matériaux, retrouvent une nouvelle vie et attirent donc davantage. Sadia et Véronique ne comptent pas s'arrêter là. Vous pourrez retrouver ou rencontrer ces passeuses de livres au Salon international du livre à Alger cet automne.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Héloïse Lagny
Source : www.elwatan.com