
Certains pans de l'histoire contemporaine de l'Algérie seraient-ils en train de se répéter ' Alors que le pays célèbre aujourd'hui le 61e anniversaire du déclenchement de la Révolution, "une référence identitaire pour l'Algérie et son peuple", selon le président Bouteflika, il est confronté à une sérieuse crise multidimensionnelle qui dure depuis longtemps. Bien que le contexte et les dangers diffèrent et alors que les enjeux sont d'une toute autre nature, l'Algérie est de nouveau face à une impasse politique, comme à la veille du 1er Novembre 1954.Cette situation a pour conséquence d'accroître la frustration de la majorité de la population, pourtant mûre pour passer à une étape qualitativement supérieure, celle de la défense pour l'indépendance économique et pour la démocratie.Qu'advient-il de l'appel du 1er Novembre et de la promesse de construire une Algérie "souveraine, démocratique et sociale" ' Dans son message commémoratif, le chef de l'Etat témoigne que Novembre est "la source où notre peuple puise le surcroît d'énergie nécessaire pour son sursaut national, chaque fois qu'il est confronté à des défis extrêmes". La Révolution, ajoutera-t-il, a confirmé l'attachement "farouche" des Algériens à la liberté, à la dignité et à la souveraineté.Mais, que dire de ces Algériens qui, plus de 60 ans après le "coup de tonnerre" de 1954, continuent à fuir leur pays ; d'aucuns, dans des barques de fortune, au péril de leur vie ' Que dire aussi de ces citoyens qui recourent à l'immolation ou à l'émeute, pour exprimer le rejet de la "hogra" et du mépris des gouvernants envers eux ' Même les femmes, dignes combattantes dans un passé si proche, sont devenues otages d'un code de la famille, qui les cantonne dans une position humiliante de mineures à vie.Le serment de Novembre 1954 a-t-il été trahi ' Pour y répondre, il faut d'abord s'interroger sur cette promesse de la défense de l'intérêt national au-dessus de "toutes les considérations mesquines et erronées de personnes et prestige" et de l'union de toutes les forces sociales loin des "compromissions possibles", si chère à Ben M'hidi, à Boudiaf, à Didouche, à Abane et à leurs compagnons ' Aujourd'hui, et le pouvoir et l'opposition conviennent de la gravité de la crise dans un contexte marqué par la chute des prix du pétrole et des enjeux géostratégiques. Mais, chaque partie reste enfermée dans sa propre logique.Résultat : aucun "contrat social" n'est à l'ordre du jour, au nom des intérêts supérieurs de la nation. Si le système politique est considéré comme "illégitime" par les partis politiques de l'opposition - formations réunies au sein de la CNLTD ou militant en solo, comme le FFS, le PT, le FC et le MDS -, pour le pouvoir, seule l'Alliance présidentielle compte.Autrement dit, les partis politiques, autres que le FLN et le RND, qui réclament une transition démocratique ou une démarche consensuelle impliquant le pouvoir et l'opposition ou qui désavouent tout simplement les choix du gouvernement, ne représentent pas "le partenaire politique" aux yeux du pouvoir, qui leur reproche notamment de ne pas ratisser large.En définitive, le pouvoir algérien, incapable d'évoluer, évite d'aborder la crise politique du système, comme l'a rappelé récemment le président d'Ahd 54, Ali Fawzi Rebaïne. Quant à l'opposition, ce dernier estimera qu'elle a intérêt à s'organiser "en dehors du cercle du pouvoir et de son agenda" et à "se réapproprier la rue pour se rapprocher du citoyen". Et ce, d'autant que l'ancien parti unique, entré en "guerre de position" avec son clone RNDiste, est incapable de "se reconvertir" et de placer "l'intérêt du peuple au-dessus de leurs intérêts partisans".H. A.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ameyar Hafida
Source : www.liberte-algerie.com