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Pas besoin de nouvelles mesures économiques en Algérie, selon le patron du groupe Benamor



Pas besoin de nouvelles mesures économiques en Algérie, selon le patron du groupe Benamor
La polémique sur la production algérienne de céréales continue. Alors que l'ancien ministre de l'agriculture Rachid Benaïssa affichait systématiquement une récolte supérieure à 50 millions de quintaux depuis cinq ans, la radio algérienne a confirmé, mardi, que le pays a produit 49.1 millions de quintaux. Conséquence directe de cette évolution : les importations de céréales ont augmenté de 14% durant les neuf premiers mois de 2013, une progression partiellement imputée à la hausse des cours des céréales.Ces chiffres hasardeux mettent en doute la crédibilité de l'ensemble des statistiques du secteur. Au début de l'année, M. Benaïssa avait affirmé que la production agricole avait augmenté de 13% par an durant les cinq dernières années. Ce résultat contredit visiblement la courbe des importations des produits alimentaires, qui continue d'augmenter.
Selon des statistiques rendues publiques au cours d'une émission de radio, le rendement à l'hectare reste très faible, autour de 17 quintaux. Avec une irrigation d'appoint, ce résultat a été multiplié par trois dans de nombreuses régions d'Algérie. Un discours très élaboré a été développé autour de la nécessité d'améliorer les rendements, mais les résultats restent faibles. Pourtant, M. M. Laïd Benamor, patron du groupe Benamor, spécialisé dans l'agro-alimentaire, affirme que tout effort de développement passe nécessairement par le développement de l'agriculture. « Il faut qu'on soit compétitif dans l'agriculture. Il faut améliorer la production » parce que cela aura un effet d'entrainement sur de nombreux secteurs.
La politique de subvention bloque la production
M. Benamor, qui est également président du Conseil Interprofessionnel des céréales, a également critiqué la politique gouvernementale de subvention, qui empêche, selon lui, le développement de certaines filières. L'Algérie importe la moitié de sa consommation en tomate, a-t-il dit à titre d'exemple. Celle-ci est importée pour 1.200 à 1.300 dollars la tonne. Même en augmentant fortement les prix offerts aux producteurs locaux, on n'atteindrait pas 1.000 dollars. Mais de peur de provoquer une hausse des prix, l'Algérie préfère importer au prix fort et subventionner les producteurs étrangers, alors qu'il serait possible de se passer des importations dans un délai de cinq ans, dit-il.
Prenant le contre-pied du discours dominant, M. Benamor a toutefois estimé que le gouvernement n'a pas besoin de prendre de nouvelles mesures pour encourager l'investissement. « Sans aucune démagogie, les mesures actuelles sont suffisantes », a-t-il déclaré.
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