D’abord, vos impressions sur cette 16e édition du Salon international du livre ' Sur le plan organisationnel, cette édition est meilleure que les précédentes. L’année dernière, par exemple, les éditeurs ont beaucoup souffert du manque d’espace d’exposition. En plus, cette année, il y a moins d’humidité. La situation s’est nettement améliorée. Cela dit, je précise qu’on n’organise pas un Salon international du livre sous une tente, d’autant que notre pays a les moyens de construire un vrai espace d’exposition. J’espère qu’à l’avenir, le Salon international du livre qui se tient annuellement à Alger, l’un des plus courus au monde, soit organisé dans un endroit respectable. Que diriez-vous des livres exposés 'Je trouve que le foisonnement du livre scientifique et universitaire est une chose excellente. Je constate aussi que la littérature de jeunesse est moins visible par rapport au livre universitaire. Cette édition est très riche, puisque le nombre d’exposants étrangers a connu une hausse importante, même si je tiens à souligner que le comité organisationnel devra, à l’avenir, penser à diversifier les invités du Sila. Tout le monde a constaté qu’on a tendance à inviter les mêmes personnes. Pensez-vous que la littérature dite «d’urgence» a rendu compte de ce qui s’est passé dans les années 90 'Je précise, d’abord, que je n’aime pas parler de littérature d’urgence, car il s’agit avant tout d’art. Cela étant dit, je pense qu’on a besoin de temps pour décrire la réalité du pays et ce qu’il a vécu durant cette période. On est très proche de cette période pour qu’il y ait une littérature qui puisse en parler. Cependant, je dois dire qu’il existe une nouvelle génération d’auteurs âgés entre 20 et 30 ans, qui prend d’assaut le domaine littéraire algérien. Je regrette que des écrivains de graphie arabe et/ou amazighe ne soient pas mis en valeur, contrairement à ceux qui écrivent en langue française. Que pensez-vous de la littérature de la jeunesse ' Lorsque j’ai crée ma propre maison d’éditions, j’ai voulu éditer des texte littéraires et des essais politiques. Cependant, ayant constaté que la littérature de jeunesse était négligée, j’ai décidé de me spécialiser dans ce domaine et dans la bande dessinée. Vous savez, il existe de grands talents qui réalisent des bonnes choses. J’ai confiance en cette littérature. J’en suis très fier et je compte d’ailleurs participer à cette dynamique, tout en continuant dans la littérature. Nous avons besoin d’un printemps littéraire. Quelle est à votre avis la place de l’écrivain dans notre pays 'Elle est très importante, parce que les écrivains, les pionniers notamment, se sont imposés par la qualité de leurs œuvres. Ces dernières années, des écrivains ont opté pour de nouvelles formes d’écriture en vue de perpétuer la riche tradition littéraire algérienne. Ces derniers méritent d’avoir une meilleure place dans le paysage littéraire. Pour ce faire, les ministères doivent s’impliquer pour la promotion de la littérature. Jusqu’à présent, il n’existe encore dans notre pays aucun grand prix littéraire pour récompenser les auteurs.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Entretien réalisé par Djamel O.
Source : www.horizons.com