Faut-il décider à la place de ses enfants, notamment lorsqu'ils sont adolescents ' Le choix de la filière pour les études secondaires, de l'activité sportive, des fréquentations, ou de la tenue vestimentaire et le look? sont autant de motifs de tensions au sein de la famille. Le mode de vie imposé par les parents est conçu dans la majorité des cas comme une privation par leurs enfants. La contestation des ados prend différentes formes. Elle peut aller de la désobéissance jusqu'au repli sur soi. Dans toutes les situations, les parents sont désemparés.La queue de cheval fait partie de ma personnalité», intime Yanis, un lycéen de 18 ans à sa mère, qui lui a demandé de couper ses longs cheveux en raison des convocations répétées qu'elle reçoit de son établissement scolaire. Pour ce jeune lycéen, se conformer aux normes exigées par le règlement intérieur du lycée c'est perdre un peu de son caractère.
Une chose sur laquelle il n'est pas prêt de céder. Conséquence ' Sa mère se retrouve entre le marteau et l'enclume. Les convocations qu'elle reçoit de l'établissement de son fils l'ont déstabilisée, sans pour autant pouvoir le convaincre à respecter la norme. Les ennuis de cette mère ne s'arrêtent pas là. Elle fait face également aux exigences d'un autre fils, qui lui est en préadolescence. «C'est la période la plus redoutable», confie-t-elle.
Le look : objet de la discorde
Si les adolescents agissent par effet de mode, certains parents ont du mal à supporter les pratiques de leurs enfants. «Ils osent porter des pantalons déchirés à l'école, une fois renvoyés, ce sont les parents qui doivent s'absenter. Les parents éprouvent de la gêne, voire de la honte, face aux directeurs des établissements qui les convoquent à chaque fois», explique Saliha ayant déjà fait l'expérience avec sont fils qui s'entête à chaque fois à porter des tenues pourtant interdites à l'école et des coupes de cheveux qu'elle qualifie d'«excentriques».
Si cette dame s'insurge contre ces pratiques que son fils a adoptées, des élèves du moyen, confrontés à la même situation, contestent à la fois l'attitude de leurs parents et celle des leurs enseignants qui les jugent selon la tenue vestimentaire. «Je ne suis pas du genre à créer des problème pendant les cours, mais je veux bien qu'on me laisse porter ce que je veux. D'autant plus que la blouse est obligatoire.
Donc, les parties déchirées ne se voient presque pas. Ils (les enseignants ndlr) veulent coûte que coûte nous chercher la petite bête», annote Lyes. Et d'ajouter : «Je ne cause de problèmes à personne, ni à la maison ni à l'école.» Au sujet de la tenue correcte que l'usage exige, Lyes estime que c'est le comportement qui doit être correct.
Cet adolescent de 14 ans conteste à la fois les méthodes éducatives de ses parents que celles de ses enseignants : «Ils se concentrent sur les futilités», dit-il. Par futilités, Lyes dénonce la pression de ses parents, surtout lors des périodes d'examens. «J'ai toujours eu de bonnes notes, je n'ai pas besoin d'être excellent.
En tout cas ce sont des efforts pour rien. Il n'y a que la moyenne du bac qui nous permet de choisir une spécialité pour l'avenir. D'ici là, je veux bien qu'on me laisse tranquille», souhaite-t-il. Un souhait que certains parents ne veulent absolument pas entendre. Pour leur part, les parents ont une vision, d'autres soucis, ainsi que d'autres objectifs. «L'éducation est un tout.
Ne pas se conformer à la tenue exigée par le règlement de l'établissement est une forme de désobéissance. Si les parents n'interviennent pas, cela peux créer des problèmes immédiats, tels que l'échec scolaire et même le non-respect de tout cadre institutionnel à l'avenir», estime Saliha, professeur universitaire, qui ne cesse de dénoncer le comportement de certains de ces étudiants.
D'après ses dires, la nouvelle génération ne se soucie guère de son avenir. «Il faut être toujours dernière eux à chaque instant et dans toutes les occasions : les études, les révisions à la maison et même leur nutrition», déclare avec amertume cette mère de trois enfants, dont un adolescent qui, d'après elle, ne prend même pas le soin de mettre sa jaquette quand il fait un froid glacial.
Certains parents justifient leurs interventions dans la vie de leurs enfants adolescents par l'insouciance de ces derniers et la négligence qu'ils affichent à l'égard des événements déterminants pour le reste de leur vie, à l'instar des études. D'autres estiment qu'un adolescent de treize ou quatorze ans demeure toujours enfant.
De l'avis d'un père de famille, un professeur de sport que nous avons interrogé à ce sujet : la nouvelle génération ne sait pas quoi faire de son temps. Si les parents n'interviennent pas pour les orienter, cela pourrait entraîner des conséquences fâcheuses.
«Dans certains cas, même lorsque les parents sont fermes, il y a des enfants qui échappent à leur contrôle. Ils goûtent à l'alcool, à la cigarette ou à la drogue dès leur jeune âge», estime ce moniteur qui, de par son activité, surveille de près le comportement des adolescents.
Comment intervenir dans la vie des ados '
Une lycéenne rencontrée à l'entée du lycée El Idrissi (Alger) exprime son mécontentement quand à la surveillance de ses parents. «Je suis toujours accompagnée par ma mère. Elle ne me laisse pas sortir avec mes copines, sauf pour des cours les mardis soir», raconte Ines, élève en première année secondaire.
La jeune fille semble étouffer par la surveillance constante de ces parents, mais elle avoue qu'elle n'a pas trop le choix. «Mon père est trop sévère. Il est intransigeant à notre égard (elle et ses frères), que ce soit pour les études ou pour nos comportements d'une manière générale», témoigne-t-elle.
De par son expérience dans l'éducation des adolescents, Idir Achour, porte-parole du Conseil des lycées d'Algérie (CLA), estime que quand on impose une tenue ou un look bien déterminé à un adolescent, «on est en train de toucher à sa liberté individuelle», néanmoins, «pour gérer un groupe, il faut des normes et de la discipline», rappelle-t-il.
Pour dépasser ce paradoxe, cet éducateur estime qu'il «ne faut pas exprimer trop d'exigences à l'égard des adolescents», tout en veillant à ce que leurs comportements ne vont pas à l'encontre de leurs intérêts et ceux du groupe auquel ils appartiennent. «Il faut parler de la tenue proche du correct», suggère-t-il.
Par cette définition, le syndicaliste compte éliminer les shorts, les casquettes, les coupes de cheveux qu'il qualifie de «provocantes», mais aussi le nikab. Notre interlocuteur reconnaît que le phénomène du non-respect de la tenue correcte au sein des établissements diffère d'une région à une autre, mais il admet que l'intensité du phénomène est ressentie dans le milieu citadin.
Bien que l'influence de cette nouvelle tendance : «pantalons déchirés, coupes de cheveux bizarres», n'est pas répandu rlargement dans les milieux scolaires, comme le révèle le porte parole du CLA. Le taux d'élèves renvoyés à cause du look varie entre 5 à 15%. Idir Achour précise que le taux varie en fonction du degré de tolérance de chaque enseignant, ainsi que du degré de rigueur instauré au sein de chaque établissement.
Parmi cette catégorie, Idir Achour affirme qu'il y a même de bons élèves soucieux de leurs études, mais il y aussi ceux qui sont tentés par la drogue et l'alcool dès leur jeune âge. Cet enseignant préconise de «jouer entre le respect des libertés individuelles et la discipline du groupe».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djedjiga Rahmani
Source : www.elwatan.com