
Paradoxe ? Le plus étonnant dans ce débrayage qui n'a que trop duré est la réaction des parents d'élèves qui sont restés de marbre face à ce pourrissement.Pourtant, ce chaos a bien failli hypothéquer l'avenir de leurs enfants dont personne ne semble s'inquiéter. Sans armes ni défense, les élèves sont régulièrement pris en otage par des syndicats qui font de leurs revendications un fonds de commerce. A aucun moment ces derniers qui n'hésitent pas à sortir chaque année avec une nouvelle liste de revendications, n'ont évoqué le droit de cette génération à un enseignement régulier et de qualité. Un droit fondamental pris à la légère bien qu'il soit garanti par la Constitution et les conventions internationales signées par les autorités algériennes. Les parents, souvent mal organisés, n'avaient d'autre choix tout au long de cette période d'incertitude que de faire le pied de grue devant les écoles en quête de toute nouvelle information sur le sujet. Cette présence calme et discrète devant les différents établissements scolaires a laissé toutefois libre cours aux commentaires et critiques tantôt sur la tutelle tantôt sur les syndicats. Cela a donné naissance à des discussions les plus arbitraires où se distinguent deux catégories de parents. La première est formelle : les syndicats veulent régler leurs problèmes socioprofessionnels au détriment de l'avenir des enfants. La deuxième, quant à elle, soutient qu'il est de la responsabilité du ministère de l'Education de préserver l'école des considérations politiciennes. Mais aucune action commune n'a été réfléchie ni engagée pour pousser autorités et syndicats à revoir leurs stratégies et à faire passer l'intérêt de l'élève avant le leur.Quelques voix émanant des associations de parents d'élèves ont néanmoins brisé ce mutisme en appelant à la reprise des cours. Des appels qui sont passés presque inaperçus aussi bien chez la tutelle que chez les initiateurs de ce mouvement qui n'ont manifesté aucune volonté de céder à la pression des appels à la raison. L'Union des parents d'élèves de la wilaya d'Alger (UPEWA) est l'une des associations qui a réagi après la radicalisation de cette action. «Nos enfants sont pris en otage dans un conflit qui ne les concerne pas. Ils doivent rejoindre immédiatement leurs classes», a déclaré le président de l'UPEWA. «Pour nous, la grève est un problème qui relève de la gestion interne au secteur de l'éducation. Les élèves ont déjà assez de problèmes comme ça. Chacun doit interroger sa conscience et prendre ses responsabilités vis-à-vis de l'avenir de nos enfants», a ajouté Abdelkrim Akhel. L'UPEWA a enfin invité les différentes parties impliquées dans la gestion du secteur de l'éducation nationale (ministère, enseignants et parents) à se pencher plutôt sur des problèmes autrement «plus urgents» comme la violence en milieu scolaire et la surcharge des classes.Opération difficilele Dr Khaled Abdeslam estime que rattraper les cours perdus est une opération très difficile, pour les élèves. «Les cours sont répartis sur un temps bien défini, on ne peut pas les rattraper pédagogiquement parlant, si on veut développer les compétences ciblées par les programmes.Mais généralement on le fait administrativement (les enseignants donnent 2 à 3 cours dans une séance par des dictées ou des polycopies)». Le spécialiste s'interroge alors?: «Comment veut-on que les élèves assimilent les connaissances ou développent leurs compétences '». En effet, «le retard reste une lacune dans le processus d'éducation de nos enfants et l'accumulation de ces lacunes dégrade le niveau de leur formation». Pour preuve «l'accélération des cours et leur limitation ainsi que la simplification des examens pour faire réussir un grand pourcentage. Ce sont des procédures et des habitudes courantes dans nos écoles. Pour dire aux parents on a réglé le problème».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A B
Source : www.infosoir.com