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Papy fait dans la grandiloquence



Papy fait dans la grandiloquence
Enchaînant les bourdes, les homélies pathétiques et les déclarations fracassantes, le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, aura été incontestablement l'homme de la campagne pour les législatives.De quoi a-t-il parlé durant ces 20 jours ' Du taux de chômage ' De l'inflation galopante ' De la montée de la violence ' De l'Etat des hôpitaux. Non, pas du tout. Il a évoqué, tout au long de ses 50 meetings pour lesquels il s'est dopé à l'hydromel miel-citron, son héroïque passé révolutionnaire, la pérennité du FLN «parti de l'Etat» et la stabilité du pays grâce au programme du président de la République. Florilège.«Je suis un martyr vivant !»Face à des détracteurs qui jurent n'avoir aucun souvenir de son passage dans les maquis durant la Guerre de Libération nationale, le secrétaire général du FLN s'est longuement exprimé sur son passé révolutionnaire, jusqu'à verser dans la surenchère. Ayant failli épuiser le dictionnaire du mot «héros», il ira jusqu'à affirmer qu'il est «un martyr vivant», se construisant, au fil de ses meetings, une légende personnelle, émaillée de faits d'armes extraordinaires et d'amitiés légendaires. «Je suis un moudjahid qui a été condamné à mort.Je défie quiconque de prouver le contraire. J'étais l'élève de Ben Abdelmalek Ramdane lorsqu'il était l'adjoint de Larbi Ben M'hidi dans la zone de Tlemcen», a-t-il asséné. Et de se rappeler, avec une émotion non comprimée, de ses souvenirs de moudjahid. «Je garde en mémoire cette région que j'ai traversée en 1960, alors que j'étais condamné à mort», lance-t-il à Relizane.Et d'en rajouter une couche à l'évocation de son «modeste» train de vie : «Je n'ai ni un lopin de terre, ni un appartement, ni encore une villa à Alger, comme certains.» Avant de conclure : «J'habite dans la résidence d'Etat. Avant, j'occupais avec ma famille un appartement F3, dans un immeuble de cinq étages attribué comme logement de fonction aux fonctionnaires de l'Etat». Puis de clamer fièrement : «Je suis fier de mon passé révolutionnaire. Ma condamnation à mort est pour moi un label.»Un programme, pourquoi faire 'A quoi sert-il de battre la campagne lorsqu'on est assurés de la remporter ' C'est la question qu'on serait tentés de poser en écoutant le secrétaire général du FLN : «Nous n'avons pas besoin de campagne électorale, a-t-il lancé à Bouira, et nous allons rafler tous les sièges.» Quant au programme, il se contente de brandir le livret bleu du président de la République : «Notre programme du parti est celui du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui est le président de tous les Algériens et le président du FLN.»«Okba Ibn Nafaa appartient au FLN»Partant du fait que la guerre a été déclarée par l'expression «Allah Akbar», Djamel Ould Abbès a considéré, lors d'un meeting à Biskra, que Okba Ben Nafaâ, l'icône de la domination arabe sur le Maghreb, appartient au FLN. «Aucun courant politique ne peut s'identifier à Okba Ibn Nafaâ car c'est un bien du FLN.»«Nous sommes un état et demi»«Le FLN est la colonne vertébrale de l'Etat algérien. Oui, nous sommes l'Etat», dit le secrétaire général de l'ex-parti unique. Avec le souci de l'hyperbole qui le caractérise, il ne peut, là encore, s'empêcher d'en rajouter : «Nous sommes même un Etat et demi.» Convaincu que son parti gouvernera encore pendant «un siècle», il précise, un brin provocateur : «Le FLN a le monopole sur le président de la République et a le poids de l'histoire. Et celui qui a mal à la tête, il y a du Paracétamol !»
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