Le Premier ministre a qualifié la situation financière du pays de "toujours difficile", indiquant que la loi de finances complémentaire 2018 sera présentée en Conseil des ministres dans une ou deux semaines.Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a justifié hier, lors d'une déclaration prononcée à l'issue de l'inauguration de la 51e Foire internationale d'Alger, le recours à une loi de finances complémentaire (LFC) 2018 par "la situation financière toujours difficile" que vit le pays. "Il y aura une loi de finances complémentaire d'abord parce que la situation financière est toujours difficile. Nous travaillons actuellement avec des emprunts. Eu égard à cette situation, la LFC 2018 ne comportera pas de crédits budgétaires supplémentaires car nous devons veiller à la rigueur budgétaire", a-t-il expliqué, à ce sujet, indiquant que le projet de texte sera rendu public "dans une à deux semaines". En un mot, cette LFC ne prévoit pas de dépenses supplémentaires. Le Premier ministre a ajouté que cette LFC verra l'augmentation des autorisations de programme pour permettre de faire avancer quelques projets. Ce qui veut dire que cette loi va programmer des projets d'infrastructures dont le financement n'est pas garanti en 2018, contrairement aux projets prévus dans la loi de finances 2018 et qui sont financés grâce aux crédits de paiement. Ahmed Ouyahia a éludé la question d'un journaliste d'une chaîne de télévision privée sur une éventuelle révision de cette LFC réclamée par le président de la République, une information rapportée par la presse mais qui, jusqu'à présent, n'a pas été démentie officiellement. Pas un mot également sur les principales dispositions de cette LFC 2018. Il se contentera d'indiquer que cette loi de finances complémentaire sera présentée en Conseil des ministres dans une ou deux semaines.
"La LFC 2018 en Conseil des ministres dans une à deux semaines"
Ainsi, en dépit du recours du gouvernement à la planche à billets et d'un baril du pétrole à près de 80 dollars actuellement, l'Exécutif recourt à une loi de finances complémentaire pour tenter de redresser la situation économique. Ce qui veut dire que malgré cette conjoncture favorable et un instrument aux mains du gouvernement qui atténue les tensions budgétaires, la situation financière du pays est toujours difficile. Pis, l'Algérie fonctionne à crédit, c'est-à-dire grâce aux avances de la Banque d'Algérie et donc à l'endettement du Trésor. Ce qui montre l'incapacité du gouvernement à maîtriser les dépenses publiques et surtout à imaginer des solutions plus adéquates à la crise financière qui affecte le pays. Comme à l'accoutumée, le Premier ministre a affiché sa vision trop optimiste de l'économie nationale. "J'ai pu constater en visitant les stands des entreprises présentes à la foire que l'économie nationale est très diversifiée. Les exposants présentent des produits très divers", a-t-il affirmé. Il a exprimé sa satisfaction de voir plusieurs entreprises publiques et privées s'orienter vers l'exportation. "Ce salon permet au grand public de s'assurer de la diversification de l'économie nationale dans différents secteurs. L'économie algérienne n'est pas une économie pétrolière uniquement mais une économie forte capable d'exporter", ajoute-t-il. À noter que lors de sa visite des stands des entreprises présentes à la foire, il a pu constater que des sociétés privées telles que Iris, Condor, Faderco exportent leurs produits vers des pays africains, des pays européens et même vers le Canada.
"Cela encourage le gouvernement à accompagner davantage les entreprises algériennes afin d'impulser l'économie nationale", a-t-il ajouté. S'il faut reconnaître, enfin, que ce dynamisme des entreprises privées en matière d'investissement et d'exportation est bien réel, il n'en demeure pas moins que l'Algérie est loin d'atteindre le niveau d'intégration industrielle et de diversification économique lui permettant de s'affranchir de sa dépendance à l'évolution des prix du pétrole.
K. Remouche
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Remouche Khaled
Source : www.liberte-algerie.com