Alger - Revue de Presse

Ouyahia et la présidentielle



Invité ce samedi du Forum de l'ENTV, Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND, a jeté un regard lucide sur l'actualité nationale, non sans s'astreindre, quand les questions se révélaient sensibles, à l'exercice de l'allusion pour tenter de satisfaire la curiosité de son auditoire. Dans cette veine, même si la question du soutien à la candidature de Abdelaziz Bouteflika à un troisième mandat lui fut posée à plusieurs reprises, Ahmed Ouyahia réussira à entretenir le flou et ne pas y répondre franchement. « Nous sommes le 22 décembre, il reste 15 mois aux présidentielles», a dit le secrétaire général du RND, pour enclencher tout de go sur la révision constitutionnelle et dire qu'elle reste du seul ressort du président de la République. Manière pour lui de mettre le FLN, qui appelle à un troisième mandat pour Bouteflika, en porte-à-faux avec la loi fondamentale du pays, soulignant pour enfoncer le clou qu'« au RND, nous sommes des légalistes». Précisant sa pensée, Ouyahia dira «que le meilleur service qu'on peut rendre au président de la République, c'est de respecter la Constitution». Autrement dit, selon l'orateur, il faudrait d'abord que le Président se prononce sur la question avant que les partis politiques s'en chargent. Il faut, de l'avis de Ouyahia, procéder par étapes. Et celui-ci de souligner que le RND avait salué les propos du Président quand il avait parlé de révision de la Constitution, estimant toutefois qu'il est contre la révision de certains articles qui avaient installé la stabilité dans le pays. S'exprimant sur les derniers attentats qui ont secoué la capitale le 11 décembre dernier, Ahmed Ouyahia estime que le terrorisme ne constitue plus une menace contre l'Etat, mais représente toujours un danger pour le citoyen. Ce qui l'amènera à appeler à la vigilance et à demander aux services de sécurité de prévenir les attentats terroristes en allant vers la source. «Celui qui est avec la réconciliation nationale est contre le terrorisme», dira le premier responsable du RND, qui estime que « soutenir la réconciliation nationale, c'est combattre le terrorisme». Parlant des terroristes du GSPC, il dira qu'ils sont les enfants du GIA et les qualifie de criminels contre les citoyens, de traîtres à la nation par leur allégeance à Al-Qaïda et de mercenaires parce qu'ils roulent pour certains intérêts. Abordant l'odieux sondage de la chaîne qatarie Al-Jazeera, il dira: « J'ai été surpris par la surprise manifestée par les Algériens !» Il expliquera que cette chaîne a prouvé encore une fois qu'elle soutient le terrorisme et qu'elle est contre l'Algérie. Abordant la question de l'alliance présidentielle, il profitera pour répondre à Boudjerra Soltani en soulignant qu'il «n'y a pas de chantage» mais une volonté commune. Il dira qu'il préfère mettre cela sur le compte d'une malencontreuse glissade dans le langage. Ouyahia dira que le RND a été l'initiateur d'un regroupement politique qui vise à créer une nouvelle culture politique avec un message: les Algériens qui sont contre le terrorisme ne sont pas des ennemis. Interrogé sur la conduite des affaires de l'Etat par l'actuel gouvernement, Ouyahia précisera d'abord que le RND n'est pas dans l'opposition. «Nous avons même soutenu le gouvernement parce que nous en somme partie prenante», dira-t-il. Il ajoutera qu'au RND, ils ne sont pas contre le gouvernement, mais qu'ils ne voudraient pas que celui-ci entre dans «l'état comateux qu'engendrent les émanations de gaz et de pétrole». «Je refuse le populisme et les demi-mesures», dira Ouyahia pour signifier que le pays est en train de perdre une occasion, car cette situation d'embellie financière ne se présente que de manière cyclique. «Arrêtons d'analyser et travaillons !», dira encore le patron du RND. «J'avais dit quand j'étais chef du gouvernement que l'augmentation des salaires est liée au développement de l'économie. Le terrain a donné aujourd'hui la réponse», dira l'orateur en substance. Interrogé sur les investissements étrangers, Ouyahia estime qu'ils «ne sont pas vitaux pour l'Algérie. Nous avons besoin de l'expérience étrangère, nous avons besoin de la culture de l'investissement». Le patron du RND ne manquera pas toutefois de dire que « le pays marche», faisant référence au programme de logements, de l'emploi, des travaux publics... Questionné sur les déclarations de Chérif Abbas qui ont précédé la visite du président français en Algérie, Ouyahia exprimera son respect pour le moudjahid et l'homme politique, en égratignant au passage le ministre des Affaires étrangères français Kouchner, disant qu'il a fait preuve d'un manque de professionnalisme et de manque de politesse.
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