«L'Algérie n'a rien à cacher concernant l'assassinat des sept moines de Tibhirine».
C'est en ces termes qu'a répondu, jeudi, le
Premier ministre Ahmed Ouyahia à une question de la
presse en marge de la clôture de la session d'automne de l'APN.
Le Premier ministre a rappelé dans ce contexte que l'Algérie a des conventions
de coopération judiciaire avec la
France et elle a toujours coopéré sur ce dossier. M. Ouyahia a souligné que la coopération sur ce dossier se
fait en particulier entre les ministères algérien et français de la Justice. La justice
française avait adressé dernièrement une commission rogatoire internationale
aux autorités judicaires algériennes, contenant une demande d'autopsie des
crânes des sept moines et l'audition d'une vingtaine de témoins. Le 27 janvier
dernier, le juge français Marc Trévidic a indiqué
vouloir se rendre en Algérie pour exhumer et autopsier les crânes des sept
moines. Le juge Trévidic a adressé une commission
rogatoire internationale à l'Algérie, rédigée le 16 décembre et traduite en
arabe, précisant sa demande d'autopsie et la vingtaine de témoins qu'il
souhaite entendre sur place. Il entend se rendre à Tibhirine,
exhumer les têtes, pratiquer une expertise ADN pour identifier les victimes, puis
réaliser l'autopsie avec deux médecins légistes, un expert en empreintes
génétiques et un photographe de l'identité judiciaire, avant de remettre les
cercueils en terre.
Le juge Trévidic a réuni en octobre les
familles des victimes pour leur exposer sa démarche et obtenir leur assentiment.
Les sept moines, de l'Ordre de Cîteaux de la stricte observance, avaient été
enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère isolé situé près
de Médéa. Le Groupe islamique armé (GIA) de Djamel Zitouni
avait revendiqué l'enlèvement et l'assassinat des moines. Leurs têtes avaient
été retrouvées le 30 mai au bord d'une route de montagne, mais leurs corps ne
l'ont jamais été.
Sur un autre registre, et sans toutefois donner la date exacte, le
Premier ministre a indiqué que le prochain scrutin législatif aura lieu avant
le 17 mai 2012. «Ce que je peux vous dire, selon une lecture des textes (de loi)
et en attendant que le président de la République promulgue le décret portant
convocation du corps électoral, devant intervenir 90 jours avant le scrutin, il
est sûr que, conformément à la loi, les élections devront se tenir avant le 17
mai prochain, date de la précédente législature», a déclaré M. Ouyahia. «Ce sera durant la première quinzaine du mois de
mai et vous l'apprendrez exactement dans peu de temps», a-t-il ajouté.
A propos des élections législatives, M. Ouyahia
a signalé qu'une délégation d'experts de l'UE se trouvait actuellement en
Algérie et devrait rencontrer des représentants de partis politiques, de la
société civile et des autorités publiques, en vue d'élaborer un rapport qui
sera soumis à Bruxelles et sur la base duquel sera prise la décision définitive
concernant la venue d'observateurs européens en Algérie. Le Premier ministre a,
en outre, affirmé que les magistrats seront présents à tous les niveaux du
scrutin lors des prochaines législatives, précisant que leur rôle de
supervision et de contrôle «est déjà défini par la loi».
M. Ouyahia a rappelé à cette occasion que les
éléments de l'Armée nationale populaire ne voteront pas dans les casernes, mais
avec le reste des électeurs, dans les bureaux de vote, comme c'est le cas
depuis 2004. Quant aux bureaux itinérants, il a précisé qu'il n'en restait plus
qu'une «centaine» qui permettront aux citoyens des zones reculées du Sahara de
voter, affirmant que pour le reste des bureaux, «tout est organisé et
transparent». Toujours concernant les législatives, le président du Conseil de la Nation, M. Bensalah, avait annoncé jeudi que le président de la
République «convoquera le corps électoral dans quelques jours».
Par ailleurs, interrogé sur un éventuel remaniement du gouvernement avant
les prochaines législatives, Ouyahia a indiqué que
cette question relèvait «des prérogatives du
président de la République». Concernant la demande de certains députés relative
à la présentation de la déclaration de politique générale du gouvernement, M. Ouyahia dira que «les députés de l'opposition qui ont
demandé la présentation de la déclaration de politique générale du gouvernement
à quatre jours seulement de la clôture de la session d'automne, accomplissaient
leur rôle d'opposants.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Djamel Belaïfa
Source : www.lequotidien-oran.com