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«Ouvrir le dialogue intra-musulmans»



«Ouvrir le dialogue intra-musulmans»
Le chantier du bâtiment des futurs locaux de l'Institut culturel musulman va commencer. C'est un soulagement pour vous 'Le projet date de 1981. Nous avons une belle mosquée depuis 22 ans. Elle a fait ses preuves en devenant un lieu de rencontre des musulmans de Lyon et de tous ceux qui veulent partager avec les musulmans. Il nous manquait l'essentiel, un lieu pour ancrer la diffusion et le savoir.Nous avons depuis des années rêvé de faire de Lyon la ville qui permet le dialogue entre les religions, une ville où il est de plus en plus fécond, et où aussi les musulmans puissent échanger avec d'autres cultures à partir de la leur.C'est aussi une réalisation qui coûte cher, à la fois en construction et demain en fonctionnement ; comment cela est-il pris en compte 'Avant que nous entamions la construction de la mosquée, on nous disait la même chose, aujourd'hui la mosquée fonctionne ; autonome, elle a permis depuis 20 ans une vie intense. Ces questions sont à la marge.C'est vrai que cela va coûter cher, mais aujourd'hui c'est la première fois, après la construction de la Grande Mosquée de Paris, que l'Etat français participe au financement d'une institution musulmane. C'est aussi la première fois que des collectivités locales vont entrer dans ce financement.C'est important de le savoir. Il restera des moyens supplémentaires à trouver. Nous avons depuis longtemps des relations avec l'Algérie et lorsque j'ai rencontré le Premier ministre en juin 2015 à Alger, il était favorable à ce que l'Algérie apporte son soutien à ce projet. Il est nécessaire que nous puissions montrer notre capacité à faire avancer des projets et aussi que l'Algérie montre l'intérêt qu'elle porte à la diffusion de la connaissance et du savoir, montrer qu'il y a une civilisation musulmane. L'Algérie et les Algériens en sont un fondement.Lyon, avec Paris et Marseille, est une des villes à forte concentration algérienne. C'est aussi la ville par où est passé l'Emir Abdelkader partant pour son exil ; un signe pour Lyon 'Oui, quand l'Emir est parti pour la Syrie, il s'est arrêté à Lyon. C'était en 1872 et, depuis, les relations entre les musulmans et les chrétiens lyonnais sont des plus favorables. Si la Grande Mosquée de Lyon a été érigée, c'est grâce au soutien de l'archevêque de Lyon d'alors. Il y a une histoire commune. Même avant le passage de l'Emir Abdelkader, puisque Lyon, capitale de la soie, avait des clients dans les pays arabes.Une question qui revient, celle de la formation des imams. L'institut va-t-il y contribuer, notamment à la laïcité française 'Nous y travaillons depuis 2012 à l'Institut français de culture musulmane, qui sera installé dans les nouveaux locaux. Nous ne formons pas les imams au niveau de la théologie, mais au plan de la connaissance du milieu, des autres religions, des règles et lois qui régissent ce pays. Nous avons formé ces quatre dernières années 80 imams, aumôniers ou responsables d'associations.Cela prouve qu'il y a une nécessité. Notre mission dans les années qui viennent sera de créer des conventions avec les universités algériennes ou étrangères. Les ambitions ne manquent pas, mais il va falloir qu'on se mette en ordre de marche pour les voir aboutir.Un nouvel édifice de ce genre ne va-t-il pas manquer de faire parler ceux qui trouvent trop visible l'islam dans un contexte d'amalgame, notamment en raison du terrorisme international 'Certains le disent déjà ! Il va falloir voir comment répondre à cela. Ce que je peux dire à présent, c'est que depuis 22 ans, la Grande Mosquée a montré qu'elle n'est pas seulement un lieu de prière, mais aussi un espace de convivialité avec les autres cultures. Ceux qui s'y opposent, et je pense à la droite extrême, vont s'opposer comme ils l'ont toujours fait face à tous les projets, mais heureusement que les Français et les Lyonnais ne les ont pas suivis.Bientôt le Conseil municipal de Lyon va se réunir pour décider de l'attribution de la subvention, la métropole de Lyon aussi. Il y a donc des gens qui réfléchissent à l'avenir de la ville et d'autres qui veulent l'avilir.En parlant de réflexion, l'Institut français de la culture musulmane (IFCM) et la Grande Mosquée organisent un séminaire le 29 mai. Pourquoi 'Nous nous sommes aperçus que les musulmans dialoguaient avec les juifs, les chrétiens? mais très peu entre eux. On s'est dit que l'occasion était peut-être venue d'ouvrir le dialogue intra-musulmans.Et c'est cela que nous sommes en train de développer. Les sunnites ne parlent pas avec les chiites, les Arabes avec les Africains, les Arabes ne se parlent pas entre eux. Le besoin se fait sentir de faire l'état des lieux et envisager comment faire évoluer les choses. Ensuite, il y a le dialogue interreligieux dont Lyon a été une ville en première ligne, et dernier point, comment les musulmans peuvent dialoguer avec la société. Montrer enfin que l'IFCM, avant d'être dans ses murs, est au travail.
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