Le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales a rendu public, avant-hier, un communiqué pour, selon les termes employés, «corriger les erreurs récurrentes de nombreux organes de presse et personnalités politiques, concernant l'augmentation attendue du nombre de sièges à l'Assemblée populaire nationale qu'ils lient à l'augmentation du nombre d'électeurs, alors que la détermination et la répartition des sièges est liée exclusivement à la densité démographique».
Par organes de presse ' le ministre de l'Intérieur fait allusion à El Watan ' et par personnalités politiques, Ould Kablia pointe du doigt le président du RCD, Saïd Sadi. Ce revirement nécessite un rappel. «Le nombre de nouveaux électeurs en Algérie est de près de quatre millions, a indiqué à Alger le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales». C'est là un extrait d'une dépêche transcrite par l'agence gouvernementale, Algérie presse service (APS), publiée le 30 décembre 2011. Le premier responsable de l'Intérieur, Daho Ould Kablia, a fait cette déclaration en marge d'une rencontre avec les 48 walis.
Le dossier réalisé par nos soins, paru le 12 janvier 2012 et intitulé «Peut-il y avoir quatre millions de nouveaux électeurs '», n'a pas été conçu en se basant sur des chiffres fictifs, mais bel et bien à partir des déclarations du ministre de l'Intérieur en personne. Principale motivation : annoncer quatre millions de nouveaux électeurs en l'espace de trois ans, cela méritait une enquête sur le sujet. D'ailleurs, même le site web du Premier ministère a repris cette information, y compris l'ensemble de la presse nationale. Une partie du dossier montre qu'une telle hausse du nombre d'électeurs est impossible.
En se référant aux explications du démographe sollicité, «le nombre d'Algériens nés entre 1991 et 1994 dépasse seulement, en 2012, les deux millions, à raison d'une moyenne de 700 000 naissances au cours de ces années». Le même communiqué cite que «le nombre d'électeurs inscrits s'est accru, quant à lui, dans des proportions différentes, passant de 20 585 683 lors de l'élection présidentielle de 2009 à 21 186 354, chiffres arrêtés au 31 décembre 2011 pour une population globale estimée à 35 millions d'habitants à cette même date». S'arrêtant sur ce point, force est de constater que l'augmentation du nombre d'électeurs est donc de l'ordre de 600 671, soit la différence entre le nombre d'inscrits au fichier électoral en 2009 et en décembre 2011.
Par ailleurs, le communiqué du ministère de l'Intérieur indique que «le recensement général de la population et de l'habitat (RGPH) de 2008 a fait apparaître un chiffre de 34 080 030 habitants, soit environ quatre millions de plus que celui du recensement précédent de 1998 qui était de 29 912 853 habitants». Il est à signaler que l'Office national des statistiques (ONS) avance un nombre d'habitants, en Algérie, de 37 millions au 1er janvier 2012.
Ces données peuvent être consultées sur le site web de l'ONS. Dans «un contexte électoral», il aurait été préférable d'annoncer le nombre de résidents de nationalité algérienne, de même que celui de la diaspora, âgés de plus de 18 ans et qui sont aptes à voter. Comme de coutume, le fichier électoral est le nerf névralgique des élections.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mehdi Bsikri
Source : www.elwatan.com