Une commune à la croisée des chemins
Oued-Tlélat amorce difficilement sa mue. Commune de 16.800 habitants, située à la porte d’Oran, point de convergence d’axes routiers et ferroviaires, elle se trouve désormais à un véritable tournant pour négocier sa véritable place dans le développement local de la wilaya.
L’avenue Emir Abdelkader, de plus en plus encombrée par les quatre roues qui y transitent, est devenue prospère. L’animation y est très particulière depuis ces dernières années. Plus de cinq restaurants et autant de cafés ont ouvert leurs portes le long de cette artère commerçante, passage obligé de routiers, au point de rivaliser avec sa voisine, la ville de Sig, dans la wilaya de Mascara. Une prospérité plutôt trompeuse lorsqu’on sait que la plupart des cafés sont bondés de jeunes chômeurs en quête d’un travail qui leur garantit leur dignité. L’agriculture, plutôt nourricière dans cette commune qui emploie les 2/3 de la population active, n’attire pas grand monde au même titre que le secteur des services qui chôment, comme le déplore un habitant qui explique que seul le transport tourne à plein régime. L’espoir est porté sur la zone d’activités qui recense 15 unités en exercice et qui en attend quelques 80 autres entre PME et PMI, qui ne sont toujours pas encore installées, faute d’aménagement. «Des ex-élus nous ont promis des postes d’emplois mais rien n’a été fait pour accompagner les porteurs de projets» explique, dépité un citoyen de cette localité. «Des promesses vaines au même titre que les kyrielles de requêtes pressantes et qui ne semblent pas avoir trouvé écho auprès des responsables locaux», se désole un autre habitant de la cité Mohamed Boudiaf qui nous montre un quartier entier qui attend depuis des lustres son hypothétique goudronnage. «Il faut aussi régler le problème de la distribution de l’eau potable», fera remarquer un habitant qui ne décolère pas pour décrier cette injustice en matière de distribution du précieux liquide. Mais à en croire les propos de certains citoyens, la liste des doléances est longue, entre autres, la voirie urbaine, ou encore l’éducation qui connaît un déficit patent en matière d’infrastructures, en dépit des efforts enregistrés par la wilaya pour tenter de rattraper le retard.
Deux écoles dans un seul établissement
Il faut dire qu’en matière d’éducation, la situation n’est guère reluisante. C’est le cas notamment à Oued Tlélat où deux écoles primaires sont regroupées en une seule et font office d’un seul établissement. «Ce n’est pas sérieux», commente un enseignant du secondaire qui trouve inconcevable tout ce retard pour reconstruire l’école Zabana qui a été démolie. Ce cas n’est pas isolé, puisqu’on assiste, dit-il, au niveau de l’école Haï Houari Boumediene, à l’application du système de la double vacation. En fait de prise en charge des besoins de la population, le sentiment est tel que certaines agglomérations secondaires, comme celle de Moualek, est pratiquement restée en marge du développement, surtout lorsqu’on apprend que l’assainissement fait défaut. Une situation imputable au problème de rejet des eaux usées, et dont la solution technique demeure la réalisation d’un système de lagunes, qui tarde malheureusement à venir. Les quelques actions réalisées, dans le cadre du désenclavement (moins d’une trentaine d’habitats ruraux ont bénéficié d’un programme d’aménagement et/ou de construction) notamment dans la région de Ghali, située dans le voisinage de Toumiat, demeurent insuffisantes par rapport aux besoins de la population rurale qui a énormément souffert ces dernières années, souligne un cadre communal qui soutient que Oued Tlélat est au milieu du gué.
Oued-Tlélat à la croisée des chemins
Un tournant lui permettant de négocier au mieux sa place dans la dynamique enclenchée par la wilaya. Mais Oued Tlélat a toutes les chances de prendre le train du développement, compte tenu des actions projetées dans le futur immédiat, notamment avec la réalisation du marché de gros d’El Kerma. Mieux, sa position de ville-relais, se trouvant sur un point de convergence routier et ferroviaire et desservant d’importantes villes du Nord et des Hauts Plateaux du pays, la conforte dans sa quête de développement, le tout appuyé par cette bouffée d’oxygène, qui sont les ressources fiscales. «Contrairement à l’année passée, il a été dégagé au titre du budget primitif de l’année 2008, quelques 13,2 milliards de centimes, soit une augmentation de 4 milliards de centimes par rapport à l’année 2007, outre l’allègement des dépenses en ce qui concerne le chapitre AEP, une mission dévolue désormais à l’Algérienne des eaux», confie un cadre local qui préfère jeter la balle dans le camp des élus locaux qui, avec un peu d’initiatives et une dose de conviction et de responsabilité, pouvaient et peuvent rendre moins difficile le quotidien des citoyens.
Une situation qui malheureusement importune plus d’un, du fait de leur angoissante réalité, celle de bien des ratés.
Safi Z.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com