
Une conférence internationale à Alger sur, ou plutôt pour, l'optimisme. Cette rencontre réunit des winners ayant réussi dans des domaines variés et dans différents pays, qui présenteront leurs expériences en présence de décideurs politiques, capitaines d'industries, étudiants, scientifiques... Baptisée Fikra (idée, ar.), la conférence a pour objectif principal de créer un feed-back entre les communicants et les représentants des différents segments de la société présents qui permettra d'ouvrir des voies de réflexions, développer des idées et peut-être enclencher une dynamique collective pouvant aboutir à de belles réalisations. Et on a mis le paquet pour avoir une bonne brochette de promoteurs de l'optimisme, carburant nécessaire pour la réussite, soutient-on. «Il ne faut jamais baisser les bras. Il faut toujours aller au bout de ses objectifs, de ses rêves, de ses ambitions», dira le patron d'une grosse entreprise algérienne. Il est soutenu par un physicien qui invite les jeunes entrepreneurs et créateurs à dédramatiser et relativiser l'échec, car il peut se trouver, et plus d'une fois, sur le chemin de la réussite. C'est en somme dans l'ordre normal. Quand on entreprend, on intègre le risque de rater. L'échec peut même être une leçon et une expérience qui contribueront à la réalisation du rêve, du projet. Le tout est de toujours se relever pour poursuivre le chemin vers la réalisation de l'objectif. «Lève-toi et marche. Le secret est en toi, en moi, en chacun de nous. Il faut sortir du pessimisme, de la victimisation et puiser dans ses ressources intérieures, dans son potentiel créatif», renchérit un philosophe et auteur. Tous ces conseils, encouragements et incitations sont bons et frappés au coin du bon sens. Mais, même si on peut nourrir ad-vitam aeternam l'optimisme -ça ne mange pas de pain, dit-on-, faudra-t-il encore avoir le minima nécessaire, le matériau de base, pour ouvrir sa voie. «Le tout n'est pas d'avoir des bagages dans la vie. Il faut avoir où les poser», disait si justement Coluche. Les jeunes Algériens ne sont pas dans la victimisation ni ils ont baissés les bras. Ils ne sont pas pessimistes, mais plutôt sceptiques. Ils sont désarmés par une administration spécialisée dans la création d'écueils et de freins pour toute entreprise, à telle enseigne qu'une réforme du service public a été engagée par l'Etat, et par l'obstruction des horizons. Certes, des exemples de start-up et de PME créées par des jeunes entrepreneurs ayant réussi existent. Mais combien sont-elles celles qui ont vécu ce que vivent les roses ' On ne parle pas de la mortalité des PME à cause d'un environnement inapproprié, du défaut d'accompagnement, de l'absence d'un tissu, donc d'une demande, de sous-traitance... L'économie souterraine et le marché parallèle se sont d'ailleurs construits sur tous ces échecs, qu'ils ont transformés en réussite, que l'Etat tente d'ailleurs d'intégrer dans l'économie réelle, faute de l'éradiquer.H. G.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassan Gherab
Source : www.latribune-online.com