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Opacité et hésitations



Opacité et hésitations
Cela fait plusieurs mois déjà que l'Exécutif est mis en veilleuse. Cela fait presque une semaine que les résultats des élections législatives du 10 mai 2012 ont été validés par le Conseil constitutionnel.
Le président Bouteflika n'a toujours pas formé la nouvelle équipe gouvernementale. La seule décision qu'il ait prise est celle de limoger cinq ministres en adossant la responsabilité de leurs départements à ceux qui sont maintenus, mais qui ont déjà trop à faire avec les leurs. De prime à bord, l'explication qui puisse être donnée au geste du chef de l'Etat est le fait que les ministres en question sont des députés dans la nouvelle Assemblée populaire nationale (APN). Est-ce bien la seule. Le retard pris pour former le nouvel Exécutif suscite beaucoup d'interrogations.
C'est vrai qu'aucune disposition constitutionnelle ne fixe les délais pour la formation d'un gouvernement après une élection législative, ni ne l'oblige à choisir son Premier ministre dans la majorité, mais il est tout de même intrigant de prendre autant de temps pour pouvoir le faire. Pour un Exécutif ayant une vision et un projet clairs pour un pays comme l'Algérie, la question ne se serait même pas posée. Comme on est dans le bricolage, le pays continue à faire du surplace. Alors posons les vraies questions : le président de la République veut-il reconduire ou non le Premier ministre Ahmed Ouyahia qui, officiellement, n'a pas encore déposé sa démission ' A-t-il l'intention de nommer un nouveau Premier ministre issu de la majorité, c'est-à-dire le Front de libération nationale (FLN) dont le secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem, n'a pas cessé de réclamer le poste ' Va-t-il porter son choix sur un technocrate '
Toutes ces interrogations sont censées être tranchées il y a longtemps. Elles n'attendent pas, ou du moins pas autant de temps. Ce retard est-il dû au rythme naturel du chef de l'Etat aujourd'hui âgé de 75 ans, et ses collaborateurs aussi vieillissants ou à d'autres facteurs ' Fort des prérogatives que lui confère la Constitution qu'il a révisée en sa faveur en décembre 2008, logiquement rien ne peut l'empêcher d'exercer les pouvoirs qui sont les siens. Qu'attend-il en effet ' Pourquoi ça grince ' Difficile de le savoir ! Hormis quelques rumeurs colportées çà et là dans les cercles des initiés à Alger, que le président Bouteflika ne porte pas dans son c'ur son Premier ministre Ahmed Ouyahia dont le parti a essuyé une cuisante défaite lors des dernières législatives, ou qu'il a l'intention de bouleverser l'architecture de l'Exécutif en procédant à la création de grands départements ministériels, rien d'autre n'a filtré.
Certes, le président Bouteflika a tendance à cultiver le secret dans ce genre de décision pour surprendre son monde ! Mais pas à ce point quand même ! Il a bel et bien temporisé pour trouver un remplaçant au ministre de la Justice, Tayeb Belaïz, nommé président du Conseil constitutionnel. Ceux qui connaissent le chef de l'Etat disent que «c'est bien son style de gouverner». Certains, les plus optimistes, soutiennent qu'il faudra attendre la fin des examens du baccalauréat pour voir l'annonce de la nouvelle équipe gouvernementale, pour d'autres, il faudra passer l'été. C'est peut-être exagéré, puisque l'agenda des réformettes présidentielles (la énième révision constitutionnelle) presse.
Plus que cela, il y a les élections locales prévues en novembre prochain. Mais au-delà de cet agenda, il y a également l'élection présidentielle de 2014 qui se profile. Et les enjeux que tout cela suppose, surtout dans un pays qui a le fonctionnement de l'Algérie, il existerait des tergiversations sur les personnes qui devraient conduire la succession présidentielle. D'où la difficulté de définir les rôles de chacun, et la formation d'un gouvernement. On en est peut-être là aujourd'hui. Une des raisons qui bloquent encore le pays est certainement l'opacité qui continue à l'asphyxier.


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