Alger - Revue de Presse

Onze v'ux et un aveu



L’année s’achève. Nous ne serons pas là samedi prochain, premier jour de la deuxième décade du troisième millénaire. Alors, autant anticiper nos vœux. Mais avant les vœux, viennent les pensées à ceux qui nous ont quittés cette année : Larbi Zekkal, Keltoum, Cheikh Abderrahmane Djillali et d’autres encore, nous laissant ce sentiment maussade qu’ils resteront irremplaçables. Certes, en Bavière comme en Papouasie-Nouvelle-Guinée, tout être est unique. Mais ceux de cette génération emportent aussi un monde avec eux, l’accumulation d’un siècle algérien inoui dont ils étaient le produit et dont ils devinrent la voix, le visage ou la plume.
Nos vœux d’abord à nos chers lecteurs et lectrices sans lesquels nos écrits auraient moins d’utilité que des bouteilles à la mer. Merci pour la fidélité, les encouragements et les critiques, bref, la vitamine C d’une présence stimulante. Nos vœux aux artistes et écrivains qui, au-delà des douleurs subliminales et des factures de fin de mois, s’efforcent d’apporter de la beauté et du sens à des vies qui ressemblent au carrefour du Ruisseau à une heure de pointe, dixit un chauffeur de taxi d’Alger. Nos vœux aux associations culturelles, aux ciné-clubs, aux coopératives théâtrales, qui continuent à œuvrer souvent avec trois bouts de ficelle et un couteau suisse, et qui mériteraient plus d’aide encore. Nos vœux au monde du livre et à ses gens pour lesquels se dessinent de nouvelles perspectives que nous analyserons bientôt et, déjà, cette belle distinction internationale d’un éditeur algérien qui vient confirmer un magnifique potentiel. Nos vœux au cinéma algérien, sorti de ses braises mourantes pour se faire flamme, modeste encore mais prometteuse, avec surtout une relève de poulains fougueux qui raflent des prix internationaux et rêvent, avec leurs aînés, d’en découdre davantage avec la médiocrité et le conformisme. Nos vœux au théâtre pris d’un frémissement rassurant, mais qui demeure insuffisant au regard des espoirs et attentes. Nos vœux aux musiciens, dans la diversité de leurs genres. Nos vœux aux plasticiens, miniaturistes, calligraphes, bédéistes, designers, dans la palette de leurs expressions. Nos vœux à tous les métiers d’accompagnement : galéristes, producteurs, distributeurs, techniciens, machinistes, acccessoiristes, imprimeurs, éclairagistes, cette armée de l’ombre qui produit de la lumière. Nos vœux aux publics de toutes disciplines et obédiences, étonnants, divers, de plus en plus hardis à braver la morosité nocturne de nos villes aux commerces couche-tôt et aux éclairages blafards. Nos vœux, enfin, à l’art et à la culture de notre pays, pour qu’ils soient plus vivants, plus élevés, plus exigeants, plus pertinents et impertinents à la fois et déchirent les emmaillotements de momies que des croque-morts de la pensée voudraient leur faire porter.
L’aveu ' Oui… Franchement, c’est quand même bien de se reposer et d’oublier un peu la culture, les arts et surtout le reste !
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