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«On veut même priver les enfants de ce film»



«On veut même priver les enfants de ce film»
Homme de culture, Saddek El Kebir est sur le projet d'un film de fiction pour enfants. Dans cet entretien, il revient sur les problèmes financiers qui entravent l'achèvement de sa production.Vous êtes sur le projet d'un film de fiction pour enfants qui peine à voir le jour pour des raisons de financement 'Absolument. Le scénario de ce film de fiction pour enfants a déjà été accepté en 2012 par la commission de lecture du ministère de la Culture. On lui a attribué une somme de 20 millions de dinars. Personnellement, j'ai posé le problème en 2012 que je ne pouvais pas faire un film avec 20 millions de dinars, surtout pour les enfants. On est restés sur la question de le faire ou de ne pas le faire. Et comme je suis passé au théâtre, car j'avais des choses à faire avec les non-voyants, j'attendais qu'on révise le budget alloué. La question a été soumise à nouveau à deux reprises à la commission, et à chaque fois celle-ci est restée sur la même somme.En 2016, j'ai revu le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, qui m'avait promis une rallonge, parce que le problème que j'ai posé est que j'allais ramener des enfants du sud du pays, pour être plus précis, des enfants noirs, qu'on ne voit pas sur les écrans en Algérie. Et ramener des enfants de l'intérieur, c'est coûteux, parce que vous ne pouvez pas ramener l'enfant seul. Il faut ramener également ses parents. Ainsi, nous avons commencé à tourner le film et l'argent manque comme cela était prévisible. Il est clair que l'Algérie vit une crise financière, comme partout dans le monde entier.En Algérie, on l'accepte, mais le seul problème que nous avons, c'est que cette crise touche plus les enfants et les handicapés. Mais pourquoi ' Quels que soient mes projets, ils sont bloqués.Preuve en est, avec les livres pour enfants, le théâtre et ce premier film de fiction pour enfants. Je tiens à préciser, par la même occasion que c'est le premier film de fiction après 50 ans d'indépendance de l'Algérie. On veut même priver les enfants de ce film-là.Quels sont le titre et la trame de ce film de fiction pour enfants 'Ce film de fiction parle d'élèves d'une école de l'intérieur du pays, qui se rendent au parc zoologique de Ben Aknoun à Alger. Le film aborde la question des droits de l'enfant, ainsi que la protection des animaux. Il s'agit de l'un des plus grands parcs zoologiques du monde, se trouvant au centre-ville. Tout cela, on ne le sait peut-être pas. Ce film documentaire d'une heure trente minutes s'intitule Le Bélier magique. Le bout à bout est terminé, mais il reste encore à filmer les animaux et s'occuper de la post-production.En dépit de cette situation difficile, vous comptez, tout de même, honorer le cachet des enfants et des techniciens à hauteur de 50% 'Je suis confronté à un problème pécuniaire avec les parents des enfants et avec les techniciens. L'Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) a mis du temps pour me donner la deuxième tranche pour des raisons bureaucratiques et pas pour autre chose. Effectivement, je vais proposer 50% du cachet aux acteurs et aux techniciens pour qu'on ne perde pas ce film.Si on le perd, on va tout perdre. Il y a eu mon apport personnel, puisque que je suis le producteur délégué de ce film de fiction, mais c'est un film coûteux, à hauteur de 100 millions de dinars, si ce n'est pas plus, avec l'inflation aussi bien en Algérie que dans le monde. Le film est réalisé à 80%, mais il ne faut pas oublier que dans l'art, c'est la finition qui est la chose la plus importante et la plus chère. Le bout à bout est terminé. On peut le voir ce film. Mais maintenant vient la finition, la sagesse, la beauté, la partition musicale. Cette dernière sera faite comme toujours par Safy Boutella, car nous avons toujours travaillé ensemble concernant les enfants. Il a une copie du bout à bout, mais il attend que le film se termine pour composer sa musique. Reste à terminer ce film pour faire une tournée nationale.On peut montrer ce film dans les grands espaces. Aujourd'hui, les moyens techniques le permettent. Ce film voyagera à l'étranger une fois qu'il sera vu en Algérie. Il aura beaucoup de respect à l'étranger une fois qu'il sera présenté en Algérie. Les versions sont d'ores et déjà préparées avec les sous-titrages. Il nous manque la finition. Comme je tiens absolument à ce que ce film se vende, il faut que les finitions soient bien faites. Il ne faut pas que ce film soit boiteux. La finition ne prend pas beaucoup de temps, mais elle exige beaucoup d'argent. Tout le film, on peut le régler en deux mois.Vous comptez organiser, ce week-end, une réunion avec les enfants et les techniciens pour justement leur expliquer la situation 'Je compte organiser, vendredi 3 mars à 16h, à mon domicile à Birkhadem, une réunion avec les parents et les enfants, et le samedi 4 mars avec les techniciens. Je compte bien expliquer aux enfants que ce film leur appartient. Il faut qu'on sauve ce film de fiction. Cela ne sera plus une question d'argent mais une question de principe. Il faut qu'on trouve un sponsor. Un enfant m'a déjà parlé au téléphone et m'a dit pourquoi pas notre président de la République. Je trouve que c'est une idée extraordinaire que d'écrire au président de la République. Les parents doivent comprendre cela. C'est la situation du cinéma en Algérie. C'est une honte que ce soit le premier long métrage de fiction pour enfants qu'on n'arrive pas à réaliser.  .
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