Ce jeudi soir, en quittant la salle El Mouggar à Alger après la projection tant attendue en avant-première du film Zabana !, on n'avait pas les larmes aux yeux ni les sensations qu'on a toujours eues après avoir vu de grands films sur la guerre d'Algérie tels que La Bataille d'Alger de Pontecorvo, L'Opium et le bâton de Rachedi ou Zone interdite de Laskri.
Vu que le film présenté en avant-première mondiale a déjà été programmé pour sa participation dans des festivals internationaux du cinéma, on s'attendait vraiment à voir un grand film de cinéma alors que ce ne fut pas le cas. Alors que le scénariste avait la matière toute prête avec l'histoire vraie du grand héros qu'était Ahmed Zabana, il est presque passé à côté. Les spectateurs qui auront vu le film n'auront pas appris grand-chose sur la vie de Zabana, notamment sur sa jeunesse, ni sur son recrutement par le FLN comme ce fut le cas pour Ali La Pointe dans La Bataille d'Alger.
Bien que le scénariste ait tenté de mettre en avant certains faits comme la position de Mitterrrand dans l'exécution par la guillotine de Zabana et Ferradj, il a oublié de signaler celles de Gaston Deferre et de Pierre Mendès-France qui s'y étaient opposés. D'un autre côté, on nous a montré des prisonniers de Serkadji qui vivaient presque mieux que les détenus d'aujourd'hui.
Il faut retenir tout de même que les acteurs ont bien joué, notamment celui qui a joué le rôle de l'avocat Zertal.
Le réalisateur aurait pu mieux traiter la dernière action où la guillotine s'arrête à deux reprises grâce aux prières de l'imam Meziani (père du journaliste Abdelhakim Meziani) qui fut par la suite exécuté par l'armée française.
Et puis on ne sait pas pourquoi, on ne nous a pas montré la lettre écrite en français par Zabana à ses parents. Le réalisateur s'est contenté de sa traduction en arabe. Même du côté technique, le réalisateur pouvait proposer de plus belles images.
Enfin, le film est à voir au moins pour le sujet, mais le documentaire déjà diffusé à la télévision sur la vie d'Ahmed Zabana était mieux fait et sûrement avec moins de moyens. Au fait, il paraît que nos grands cinéastes Ahmed Rachedi, Lakhdar Hamina, Amar Laskri, Benamar Bakhti et Moussa Haddad sont toujours vivants'
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B S
Source : www.letempsdz.com