«Quel sentiment patriotique peut admettre que des chefs terroristes-repentis ont bénéficié de villas, de voitures, de divers avantages et même de protection rapprochée'».
L'Expression: Trente-deux jours depuis le début de votre manifestation, où en sont les choses aujourd'hui'
Hakim Chaïb: La mobilisation des gardes communaux reste intacte, tandis que leur détermination et leur engagement se durcissent. Nous allons continuer à maintenir le bras de fer. Nous sommes de ceux qui résistent et ignorent la reddition. Honorablement, nous avons combattu les groupes terroristes. Nous avons donné notre sang pour protéger la République et les citoyens. Mais, maintenant que le tapis rouge est déroulé pour les Madani Mezreg et consorts, alors que les gardes communaux sont ignorés et privés de leurs droits, nous disons halte à «la trahison nationale». D'où, nous avons décidé fermement de mener notre combat pour la dignité des gardes communaux jusqu'à la satisfaction de nos revendications. Et nous tenons surtout le peuple comme témoin de cette triste réalité.
Dans son dernier communiqué largement diffusé à travers la presse, le ministère de l'Intérieur a soutenu que la majorité de vos revendications ont été satisfaites, à l'exception des préoccupations n'ayant pu trouver de solutions réglementaires' Cela est-il vrai'
C'est vrai, dans les journaux le ministre de l'Intérieur donnait des réponses positives à toutes les revendications des gardes-communaux. Pour lui, tout va bien et tout est réglé. Selon lui, le droit à la retraite est reconnu, après 15 années de service. La pension d'invalidité est aussi reconnue depuis, octobre 2011. Pareil pour le paiement des heures supplémentaires. Cette revendication est prise en charge depuis mai 2011. Alors que pour le statut, le ministre déclarait qu'il, impossible de le modifier est puisque les effectifs vont être redéployés. Pour les autres revendications, le ministère a une réponse cinglante: ce n'est pas légal. Il faut donc oublier l'indemnité de licenciement, l'octroi d'une carte de combattant contre le terrorisme, la titularisation et le reclassement des agents en catégorie 12. Donc, si l'on se réfère au ministre de l'Intérieur, tout va bien, plus ou moins. Néanmoins, la réalité est triste et désolante.
Elle remet même en cause la crédibilité et la responsabilité de toute une institution. Car tout ce qui a été dit par le ministre de l'Intérieur, Daho Ould Kabilia, est totalement faux dans le fond et dans la forme. Il n'a rien réglé et nous ne pensons pas que ce dernier est en mesure de régler quoi que ce soit. Ces déclarations mensongères à la presse en sont une preuve tangible. Il ne fait que tromper l'opinion nationale, tout en affichant son mépris pour notre corps né dans la douleur des années de braise. Un corps qui a servi de bouclier humain durant la tragédie nationale et de «pare-chocs» pour les services de sécurité dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. C'est vraiment regrettable et désolant de voir que la République que nous avons défendue contre le tsunami terroriste fait place aux barbes hirsutes et aux oripeaux afghans et tourne complètement le dos aux gardes communaux, qu'elle laisse frire au soleil à Boufarik sans qu'elle n'ose tendre une oreille attentive à nos revendications les plus légitimes.
Que comptez-vous faire dans les prochains jours'
Pour le moment, nous attendons une réponse du Président de la République et du ministre de la Défense par rapport à notre plate-forme de revendications telle que remise au ministre de l'Intérieur, faute de quoi, nous opterons pour de nouvelles actions de protestation, notamment une autre marche vers la capitale ainsi que des mouvements d'envergure pour faire valoir nos droits. Aussi, faut-il signaler, que nous comptons organiser une grève de la faim illimitée, ici même dans le campement, à Boufarik, dans le cas où les hautes autorités maintiennent leur silence et nous traitent que par la matraque et les camions à eau.
Les gardes communaux ne désarment pas. D'ailleurs, nous sommes plus que jamais déterminés et engagés à maintenir et à continuer notre «mouvement pour la dignité» et ce, jusqu'à ce que nos revendications soient reconnues et satisfaites. Cependant, le silence et l'indifférence manifestes des autorités, affichées à notre égard, les salaires bloqués, le facteur temps sur lequel jouent les pouvoirs publics, le chantage et les menaces de licenciement proférées par les différentes directions régionales de la garde communale, le Ramadhan et le soleil de plomb ne font qu'apporter de l'eau à notre moulin et ajouter une chape de plomb au feu de la protestation.
Donc, pour le moment, nous attendons, tout en tenant notre mal en patience, la réaction du président de la République pour décider de notre sort. Néanmoins, il faut bien dire que la patience a ses limites. Car, la majorité des gardes communaux, en protestation depuis le 26 juin dernier, plaident pour des actions d'envergure et afin de rompre avec l'attente. D'où, des manifestations et actions d'envergure sont attendues dans peu de temps. Le mécontentement et la colère des gardes communaux montent crescendo.
Certains de vos agents affirment qu'ils ont été licenciés tandis que d'autres ont vu leurs salaires bloqués. Qu'en est-il réellement'
En effet, des gardes communaux ont subi un chantage et des menaces de licenciement, mais aussi un gel de leurs salaires.
Néanmoins, après les différents sit-in de protestation organisés de par le territoire nationale par les gardes communaux devant leurs sièges de wilayas et directions régionales de la garde communal, nous avons remarqué que jusqu'à présent que les salaires de tous les gardes communaux ont été versés, sauf, certains agents relevant de la wilaya d'Alger dont leur délégué est quotidiennement harcelé par ses responsables hiérarchiques.
Et il y a aussi le cas de Alioua Lahlou, coordinateur national, qui vient de recevoir un titre de licenciement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel LAKHDAR CHAOUCHE
Source : www.lexpressiondz.com